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Éthiopie / Politique / Littérature

"Treize jours de soleil", chapitre III

L'ouvrage de Alain Leterrier est le journal systématique et sans modération d'un voyage au cœur du pouvoir éthiopien et de la communauté française d'Addis-Abeba

    


Treize jours de soleil. Addis-Abeba, janvier 1999, journal, Alain Leterrier, coll. "les Nouvelles d'Addis", Moulin du pont éditeur (MDP), Paris, mai 1999, 176 p., 120,00 FFR

Treize jours de soleil est le journal systématique et sans modération d'un voyage au cœur du pouvoir éthiopien et de la communauté française d'Addis-Abeba. L'ouvrage est franc, drôle, instructif.
Leterrier "dit tout" et -- bousculant quelque peu les usages diplomatiques -- l'auteur ne s'est pas fait que des amis. Pour autant, il n'y a aucune indécence dans cet ouvrage, bien au contraire.
Pour vous faire une idée, nous vous offrons le chapitre III.

    


Jeudi 14 janvier.
11h25, aéroport d'Addis-Abeba. -- L'avion était bondé. Des Éthiopiens et des Italiens venus passer les fêtes de Temqet. Nous prenons notre mal en patience, coincés dans une file, attendant de passer devant notre contrôleuse des passeports. Il y a quatre ou cinq autres files.

Je remarque un petit homme éthiopien, un talkie-walkie à la main, passant et repassant entre les files, scrutant la foule des voyageurs en se haussant sur la pointe des pieds. Il me semble le reconnaître mais je ne suis sûr de rien.

Il fait chaud. C'est un peu long.

J'aperçois Denis Gaillard, le premier secrétaire de l'ambassade de France. Il est venu nous chercher mais ne peut entrer dans la zone de contrôle. Il nous fait des grands signes auxquels nous ne comprenons rien. C'est notre tour. Contrairement à la pratique, Robert et moi nous présentons ensemble. Denis passe sa tête au-delà du check point, parle à notre contrôleuse ; il est rejoint par le petit homme éthiopien, qui le salue et vient aussi parler avec notre contrôleuse ; miracle diplomatique, conjonction des pouvoirs, le Français et l'Éthiopien viennent à bout de la sereine inquisition. Ont-ils prononcé un mot magique ? et si oui, lequel ?, toujours est-il que nous passons sans difficulté, avec un sourire de la dame : belle.

Maintenant je reconnais le petit homme éthiopien. C'est Ato Belay Girmay, le responsable du protocole des Affaires étrangères qui nous avait propulsés dans le cabinet de Mélès en novembre à Paris. Plus tard il m'écrira son nom et son numéro de téléphone sur une de mes boîtes de cigarillos. Je garde la boîte, je n'oublierai pas Ato Belay.

Une fois passé le contrôle, court brief de Belay à destination de Denis. Renversant. Je résume : 1° Le ministère des Affaires étrangères éthiopien nous loge quelques jours au Ghion, hôtel national éthiopien situé dans un joli parc du centre ville ; 2° Nous avons rendez-vous avec Ato Mulugeta Alemseged, directeur de cabinet du Premier ministre demain matin à 10h00 ; 3° Nous avons rendez-vous aussi avec le Dr Tekeda Alemu, vice-ministre des Affaires étrangères demain après-midi à 15h00 ; 4° Une voiture nous est réservée, elle va venir dans un instant.
Belay part organiser les choses.

Denis se saisit du caddie contenant nos bagages, nous enjoint de le suivre, emprunte l'allée parallèle au contrôle douanier, montre sa carte aux policiers sans leur laisser le temps de réagir... Et hop !, nous voilà dehors. Exfiltration remarquable autant que peu conforme, qui nous évita de devoir expliquer aux douaniers ce que sont ces deux cents exemplaires d'un journal français avec la photo du Premier ministre, bien rangés dans ma valise.
Merci les amis de ces assauts mutuels de services agréables envers deux pauvres voyageurs accablés. Éthiopie-France, égalité : un point partout !

12h00, Aéroport d'Addis, extérieur jour. -- Nous attendons Belay et la voiture. Ato Ali Adem se présente à moi : c'est l'homme qui doit me servir d'interprète et, peut-être, devenir notre attaché commercial en Éthiopie. Il m'a été recommandé par un ami en qui j'ai toute confiance. Ali est venu avec Denis Gaillard, sinon il n'aurait pu passer, l'entrée de la zone aéroportuaire étant interdite aux personnes non munies d'un billet d'avion ou d'une carte officielle. Bref échange avec Ali ; je fixe une réunion à 17h00, au Ghion ; il décline notre invitation à déjeuner, pour cause de Ramadan.

La voiture arrive avec Belay. Mercedes bleu foncé fatiguée. Belay nous présente le chauffeur ; nos bagages sont chargés en un rien de temps ; Denis nous donne rendez-vous à 20h30 pour un dîner, puis repart avec Ali ; Belay monte dans la Mercedes et nous aussi : direction l'hôtel Ghion, pour installation ! Rapt sympathique. Nous nous posons quand même une question : « Cette affaire ne serait-elle pas un tantinet démesurée ? »

RETOUR SUR IMAGE. -- Je suis dubitatif. L'accueil démesuré dont nous sommes l'objet est le fruit peut-être d'une double méprise. Après avoir interviewé Mélès Zénawi, nous lui avions adressé le texte pour vérification de ses propos et, sur la télécopie, j'avais précisé à son directeur de cabinet, Ato Mulugeta Alemseged, que je me rendrai à Addis prochainement, que je souhaitais « le rencontrer de nouveau ». Première méprise : je confondais alors cet homme avec le responsable du protocole aperçu à Paris. Deuxième méprise : Mulugeta interpréta sans doute mon « de nouveau » comme la demande d'une nouvelle rencontre avec le Premier ministre. En conséquence de quoi il m'avait signifié en retour son accord pour un rendez-vous avec lui... avait ajouté qu'il essayait de m'obtenir une rencontre avec le Premier ministre... me demandait le numéro de mon vol, l'heure d'arrivée... ainsi que la liste des ministères où je souhaitais obtenir des rendez-vous [« If you have the plan of meeting with some government officials, let me know so that. I can assign someone to arrange you appointments in advance » ]. En fait d'arrangement, nous allions être servis.

MESQEL ADEBABAY. -- Nous sommes sonnés, abrutis, écrasés, minuscules dans la grande Mercedes bleue qui traverse Addis en zigzagant pour éviter les trous. Premier contact au vol avec la foule des mendiants et des gens affairés. Je vois, image liée à un film sur la cour parisienne des miracles, un homme au bras et jambes retournés, cassés, se déplacer à l'aide des genoux et des coudes protégés par des manchons de bois fixés avec des lanières de cuir. Il me sourit. Terrible. D'autres, des jeunes, des enfants ayant identifié notre équipage comme un convoi de v.i.p. lèvent le pouce pour nous signifier notre chance. Meskel square, nous arrivons. Le nom traditionnel de cette place est mesqel adebabay, ici se tiennent les fêtes, notamment celle de la Croix. Elle fut baptisée abyot adebabay (place de la Révolution) sous le derg, puis rebaptisée du nom traditionnel par les yadig. Le deux mars, près d'un million d'Éthiopiens s'y rassembleront pour fêter le cent troisième anniversaire de la Bataille d'Adoua et... la reprise de Badme aux shaebiya.

TERMINUS GHION. -- Nous allons habiter dans les petits bâtiments du bas, à l'écart, plus discrets que l'hôtel lui-même. On nous donne nos clés. On reprend celle de Robert, pour lui en donner une autre, celle d'un appartement où la télé reçoit CNN, journaliste oblige. Robert a l'appartement D110, moi le D208 ; “D” signifiant je ne sais plus quoi, le nom de ces petits blocs d'immeubles. Belay Girmay a l'air content de lui ; je ne suis pas sûr que nous soyons conformes à l'image qu'il se fait des invités de son pays (il a tant scruté la foule sans nous identifier à l'aéroport alors que nous étions sous son nez) mais il est très chaleureux, fait comme si tout était normal. Nos bagages sont montés dans les chambres. Fini pour le moment. Rendez-vous demain matin. La voiture passe nous prendre à 9h30. Un peu de calme. Installation progressive : visite, douche, petite sieste. Ce qui nous amène à plus de 15h00.

J'essaie en vain de me servir du téléphone. Après de multiples tentatives, un réceptionniste parlant français me contacte et m'explique qu'il faut faire le zéro pour sortir ; que pour téléphoner à l'extérieur du pays il faut passer par le standard ; que les communications interurbaines et internationales nous seront facturées. Ok ! Je tube à la patronne, pour un montant de 120 birr. Dans les cinq minutes qui suivent, on vient me présenter la facturette pour signature.

15h30. -- On m'apporte des fleurs. La femme de chambre arrange le bouquet dans un vase sur la table basse du salon. Devinez quoi ? Une fois seul, je me montre suspicieux, palpe les fleurs, écrase un bouton. Rien, pas de micros. Je suis un peu con ou bien trop vaniteux.

Nos deux appartements se ressemblent : entrée, chambre, salle de bains, cuisine (non équipée), salon. Simple, propre, fonctionnel, agréable. Robert est au rez-de-chaussée, moi au premier et dernier étage. Chacun dans son bâtiment.
Ce pays commence à me plaire beaucoup. Je vois du professionnalisme -- occidental, bien sûr, sinon je ne le distinguerais pas -- là où je ne le soupçonnais pas. Ok ! Vive la vie !

CUISINES NON ÉQUIPÉES. -- Les riches (Éthiopiens, voyageurs des Émirats ou autres) se déplacent avec domestiques et matériel. La cuisine n'a pas besoin d'être équipée. Les femmes trimbalent tout avec elles. C'est le cas aussi lors de fêtes où ces appartements du Ghion sont loués aux familles souhaitant faire un événement.

Je prends possession de l'appartement maintenant. Le salon d'abord, où je remets parallèles aux murs table basse, banquettes et fauteuil initialement axés en diagonale sur le téléviseur. Puis je teste fauteuil, éclairages et télévision. Ceci fait, je déballe et range mes affaires : vêtements de rechange dans le placard et la penderie ; paquets de journaux, dossiers, sacoche porte-documents dans la commode ; matériel d'enregistrement et de photographie dans le placard ; cadeaux groupés par destinataires, dans le placard aussi, à chaque destinataire son étagère ; parka, gilet, chemise en usage sur les dossiers des chaises autour de la table du salon. Fonctionnel. Il ne faut pas perdre de temps à chercher. Après y avoir réfléchi, je décide de ne rien cacher : pas peur du vol ni d'inspections inopportunes.

ALI ADEM. 17h00. -- Notre premier rendez-vous est là. Je le reçois avec Robert. Ali a cinquante-sept ans. L'expérience de la vie et de la dégringolade sociale. Je lui confirme sa mission : 1° Me servir d'interprète lors de tous les rendez-vous éthiopiens ; 2° Exercer la fonction d'attaché commercial : réassort du journal chez le distributeur, contrôle des points de vente, abonnements internationaux, vente d'espaces publicitaires auprès d'organismes et entreprises. Je lui dis que je lui ferai une proposition financière demain ; lui indique que nous allons rencontrer des ministres et lui demande s'il n'a pas d'états d'âme : tout est bon ! On tape la première poignée de mains : accord de principe. À demain.

FRANCOPHONIE. 18h45. -- Petite balade apéritive. Je passe le poste de garde du parc de l'hôtel, les vigiles me gratifient d'un salut militaire réglementaire. Je plonge vers l'extérieur, à gauche. Je marche sur le trottoir et découvre immédiatement les énormes trous, autant de chausse-trapes dans la nuit. On me l'avait dit, mais je ne l'imaginais pas à ce point. C'est vraiment dangereux pour les non-avertis. Les gens se retournent. Je suis encore proche de l'hôtel et ils ne sont pas habitués de voir un ferendj marcher seul, sortir de la ville, à la nuit tombante.

Un jeune m'apostrophe : « How are you ? » Je lui réponds en français, lui dit que je ne parle pas anglais. Il bondit de joie, m'annonce qu'il étudie le français à l'Alliance et vient marcher à mes côtés. Il est très volubile, très sympathique, tellement heureux de parler, d'exercer son français. Il me dit qu'il se rend à un cours de danse organisé par des membres de l'Alliance, qu'il y aura des Français, qu'ils préparent une fête, que ça va bouger très fort, que je vais aimer et il me propose de venir avec lui. Je dispose d'un peu de temps ; je ne vois pas d'objection : va pour le cours de danse !

Nous avons depuis longtemps dépassé l'ancienne place de la Révolution, dépassé aussi l'arc révolutionnaire avec l'étoile ; nous sommes sur la route de Bolé, en direction de l'aéroport. J'espère que ce n'est pas trop loin. À chaque fois que je lui demande si nous serons bientôt arrivés, il me montre un point indéterminé, me dit que c'est là. Le trottoir est de plus en plus déglingué. Des cavités techniques, larges et très profondes baillent à ciel ouvert ; il paraît que c'est parce que les gens volent les plaques. Pourquoi faire ? Plus loin, après le croisement "Olympia International", nous longeons le haut mur de ce qui peut être un parc. Des prostituées jeunes commercent assez joyeusement. Il fait très, très noir. C'est toujours plus loin, j'en ai marre et je le dis. Mon compagnon de route me répond que c'est là, que nous sommes presque arrivés, tourne à gauche, dans un passage coupe-gorge, me montre le fonds, dit que c'est une maison au bout... Au milieu du passage, je prends conscience de l'hypothèse criminelle. Joignant le geste à la parole, je dis : « Stop ! Demi-tour ! » Le jeune, interloqué mais malin, fait comme si de rien n'était, m'emboîte le pas, et nous repartons en direction du Ghion. Le gars continue à parler normalement ; moi j'ai un peu de mal à poursuivre la communication avec ce petit salaud qui, j'en suis maintenant convaincu, voulait me dépouiller plus loin avec quelques amis de rencontre. Connerie de militantisme francophone ! Je m'en veux d'avoir ainsi oublié la prégnance de la misère. La faim justifie les moyens. C'est à moi de faire gaffe, puisque je suis réputé opulent. La langue n'est qu'un outil. Dans le cas présent, il se pourrait bien qu'il s'agisse de l'arme d'un petit gang spécialisé chassant aux abords des hôtels internationaux. Nous continuons de marcher ; un mélange de crainte et de colère m'anime. Brusquement, un autre jeune aborde mon voyou. Ce dernier lui dit que je suis Français et l'autre vient se glisser à mes côtés, épaule contre épaule. Nous sommes encore dans la zone sombre et je n'en mène pas large ; même si je suis assez capable de me défendre, je doute que la perspective d'une bagarre entre deux habesha et un ferendj ne produise autre chose que le regroupement massif de gens prêts à porter main forte à mes agresseurs. Bordel de merde ! Ce que je suis con ! Mais non, ça ne se passe pas comme cela. L'autre me demande si je connais Untel, prof à Lyon ; me dit que celui-ci lui a adressé une méthode de perfectionnement avec une cassette, mais que le tout est coincé à la Poste, qu'on lui demande de payer les droits de douane, et qu'on ne veut rien savoir, qu'il faut qu'il paye... Bon ! On se calme. Nous sommes dans un autre cas de figure. Il s'agit maintenant d'une toute petite escroquerie aux bons sentiments. D'un seul coup mon affaire s'arrange, je reprends le dessus. Là, je sais faire.

-- Combien on te réclame ?
-- 5,7 birr. Je n'ai pas cet argent.
-- D'accord. Voilà ce qu'on va faire. La semaine prochaine, jeudi prochain, il y a une réunion-débat à l'Alliance, où je serai pour présenter le journal français pour lequel je travaille. Venez tous les deux et je te donnerai l'argent.
-- Mais, à la Poste ils m'ont dit que, si je n'apporte pas l'argent demain, ils renvoient le paquet en France...
-- Dis-leur d'attendre !
-- Bon.

Fin de l'histoire des petits brigands du premier jour. On se serre la main, joyeux les uns les autres. Rendez-vous jeudi, à l'Alliance.
Je ne sais plus si j'ai bien fait. Si c'était vrai ou faux. Intuitivement j'ai appliqué la loi de la contrainte sociale : « Gagne ton argent mon gars ! »
Que dire de plus ? Premier contact avec le pays réel.

20h15. -- Retour au Ghion, dare-dare, pour ne pas faire attendre Denis. Je croise Robert, il revient d'une balade. Un jeune lui a monté un bateau, lui réclamant une certaine somme pour payer des cours de français... C'est dingue ce que les jeunes aiment la langue française dans le coin. Faudra en parler à notre ministre.

DENIS GAILLARD. -- Nous sommes attablés chez Castelli, grand restaurant italien du quartier Piazza. Si vous aimez les bons-restaus-comme-à-Paris, c'est là qu'il faut aller. Cadre occidental, excellente cuisine, juste un peu cher semble-t-il.

Tous trois, nous nous tutoyons maintenant. Nous parlons de tout et de rien, sérieusement peut être... Son invitation fait chaud au cœur, nous sommes bien, c'est tout. C'est un homme remarquable, un hôte de qualité. Vieille France et moderne à la fois. J'ai envie d'ajouter qu'il est aussi un type courageux, efficace, joyeux, gentil et qu'il fait plaisir à voir. Depuis que je le connais, je considère les énarques autrement. Vrai.

Avant notre “rapt“ par les Éthiopiens à l'aéroport, nous étions convenus d'habiter chez lui, nous étions ses invités. D'ailleurs, quand nous quitterons le Ghion, quand nous ne serons plus les convives de la République fédérale démocratique d'Éthiopie, nous nous replierons sur cette délicieuse base arrière. Pour l'heure, pas de jalousie de la part de Denis : il admet que nous nous devons à l'amitié franco-éthiopienne, que la France doit se sacrifier d'un cœur léger aux contraintes des relations internationales. Alléluia !

Denis est le premier à l'ambassade à s'être intéressé à notre journal. Quand il est arrivé à son poste, il a tout de suite vu l'intérêt du projet, prit contact avec nous, parlé à l'ambassadeur. Il me semble qu'il existe entre nous un rapport d'intérêts bien senti ; qu'il est convaincu que le journal est utile au poste diplomatique, même dans son indépendance ; que le poste pourrait revendiquer cette réalisation et/ou s'en servir. Cette approche est intelligente. J'ai toujours pensé qu'un projet se gagne quand bénéficiaires et/ou destinataires se l'accaparent au point de s'imaginer l'avoir inventé. Pas de jalousie conservatrice ni de stupide prérogative d'auteur. Pour nous, la réussite passe par l'appropriation de notre produit, du média. S'il doit y avoir un petit commerce, ça passe par là.

Après le dîner, petite virée en boîte : vide. Un pot rapide et nous rentrons nous coucher. Pas trop tard. « Demain, il y a école », disait mon père, Raymond Leterrier, ouvrier communiste et héros anonyme d'un maquis gaulliste. Dors bien papa !

    

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