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ÉTUDES AFARES

Baxaaxe goborta
Un premier roman en langue afar

Ouvrage lu par Youssouf Mohamed Bouha
              

     

Commander le roman directement auprès de son auteur, à l’adresse électronique : macammad_hassan1@yahoo.fr
     
Mohamed Hassan Kamil : ‘Baxaaxe goborta’ : Un roman en langue afar
     
L’auteur, Mohamed Hassan Kamil, responsable du département afar de l’Institut des langues de Djibouti au Centre d’études et de recherches de Djibouti. Il est également membre de l’Union pour le développement culturel (UDC).

Intitulé Baxaaxe qoborta (la fleur épanouie), le roman traite de sujets d’actualité comme le problème de la scolarisation des filles dans les zones rurales.

Kulsuma, une de ses personnages principaux, affronte l’obstacle que la société oppose à la scolarisation des filles, sous prétexte que leur rôle est exclusivement d’être de bonnes épouses soumises et reproductrices. Les temps ont changé et la conscience de certains parents aussi, notamment celle des mères et plus particulièrement Kulsuma. Ainsi, co-épouse avec trois autres femmes, Kulsuma préfère laisser à celles-ci les chamailleries quotidiennes auxquelles se livre leur nature jalouse et décide de s’occuper de Taysi, sa fille, pour qui elle rêve d’un avenir meilleur, afin qu’elle échappe à une dépendance totale vis-à-vis d’un mari qui lui ôterait, comme à elle, toute initiative. Une situation qu’elle trouve d’autant plus déplorable que ce mari illettré se trouve de surcroît sans travail digne de ce nom.

Répondant à la campagne de scolarisation des filles lancée par le gouvernement, elle inscrit son enfant à l’école qui est ouverte près de chez elle. Cette décision fait d’elle la cible privilégiée des habitants du village et celle de son mari partagé entre la considération et l’affection qu’il lui voue, d’une part, et les critiques de ses semblables dont il fait l’objet, d’autre part. Il accepte pour lui faire plaisir et du bout des lèvres qu’elle inscrive leur fille en primaire et « seulement en primaire » lui précise-t-il, tout en la prévenant qu’elle devra arrêter après le primaire.

La fillette réussit brillamment son entrée au collège, ce qui constitue une étape supérieure de l’enseignement qu’on ne trouve pas en milieu rural. Cette étape n’étant pas incluse dans l’accord que Kulsuma a conclu au début avec son mari, elle engage avec lui un autre combat, d’une autre intensité, qu’elle finit par remporter.

Une association qui milite en ville contre l’analphabétisation a invité les jeunes, principalement d’origine rurale, à une réunion au cours de laquelle il leur a été fait part des dispositions qui existent pour les aider en cas de difficulté. La règle est que les aînés qui peuvent venir étudier dans leur enceinte soutiennent à l’occasion des cadets et leur donnent un peu de leur temps quand ils le peuvent, et participent aussi aux cours d’alphabétisation des adultes illettrés.

Akkalo, un jeune homme brillant exprime son soutien et sa totale adhésion quant à la proposition qui leur est faite. Il est dans sa dernière année d’enseignement secondaire, il passe son bac. Taysi prend aussi la parole et, tout en louant la noble initiative de cette association, exprime sa totale adhésion à ce militantisme. Son intervention impressionne l’auditoire et particulièrement Akkalo qui, à la sortie l’a rejointe pour lui faire part de son sentiment. Ils se regardent un instant et c’est le coup de foudre. Akkalo est reçu au bac, il obtient une bourse pour étudier en France.

Se cherchant mutuellement, il leur est difficile de se rencontrer pour s’avouer leurs sentiments. Finalement, Akkalo franchit le pas avant son départ et décide de lui écrire pour lui faire part de son feu. Taysi lui répond et la vie n’est pour eux qu’un bonheur.

Ce roman, aux récits émouvants est écrit avec un afar fluide, simple et de lecture facile. L’histoire est happante, sa narration excellente. Pour toux ceux qui veulent faire connaissance avec la littérature afare, ce roman constitue une banque de mots et d’expressions pourtant courants que le commun des locuteurs, évoluant dans un océan de langues, ont parfois tendance à négliger au profit de mots étrangers, d’accès matériellement plus facile.

Une fois sa lecture entamée, ce roman ne vous quittera plus. Il ira se nicher dans votre sac, pour vous livrer dare-dare l’intégralité de son contenu.

Mohamed Hassan Kamil, en plus de nombreux textes et articles en afar et en français, avait déjà publié un livre de contes pour enfants sous le titre Gad kee Urru. Cet ouvrage est accompagné de deux CD-Rom et de deux cassettes audio. Il a publié aussi, en 2004, aux éditions L’Harmattan un ouvrage d’auto-apprentissage de l’afar pour les francophones, intitulé Parlons afar.

Par ailleurs, il fut lauréat du Prix international « Kadima » de l’Agence internationale de la francophonie (AIF) en 2002, pour son manuel de grammaire en afar.

Mohamed Hassan Kamil est un auteur montant qui mérite d’être connu, notamment des locuteurs de la langue afar. – YMB

     

Lire aussi :
Forum Afar à Bruxelles : Répondre aux besoins des communautés afar

             

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