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Lauteur, Mohamed Hassan Kamil, responsable du département afar de lInstitut des langues de Djibouti au Centre détudes et de recherches de Djibouti. Il est également membre de lUnion pour le développement culturel (UDC).
Intitulé Baxaaxe qoborta (la fleur épanouie), le roman traite de sujets dactualité comme le problème de la scolarisation des filles dans les zones rurales.
Kulsuma, une de ses personnages principaux, affronte lobstacle que la société oppose à la scolarisation des filles, sous prétexte que leur rôle est exclusivement dêtre de bonnes épouses soumises et reproductrices. Les temps ont changé et la conscience de certains parents aussi, notamment celle des mères et plus particulièrement Kulsuma. Ainsi, co-épouse avec trois autres femmes, Kulsuma préfère laisser à celles-ci les chamailleries quotidiennes auxquelles se livre leur nature jalouse et décide de soccuper de Taysi, sa fille, pour qui elle rêve dun avenir meilleur, afin quelle échappe à une dépendance totale vis-à-vis dun mari qui lui ôterait, comme à elle, toute initiative. Une situation quelle trouve dautant plus déplorable que ce mari illettré se trouve de surcroît sans travail digne de ce nom.
Répondant à la campagne de scolarisation des filles lancée par le gouvernement, elle inscrit son enfant à lécole qui est ouverte près de chez elle. Cette décision fait delle la cible privilégiée des habitants du village et celle de son mari partagé entre la considération et laffection quil lui voue, dune part, et les critiques de ses semblables dont il fait lobjet, dautre part. Il accepte pour lui faire plaisir et du bout des lèvres quelle inscrive leur fille en primaire et « seulement en primaire » lui précise-t-il, tout en la prévenant quelle devra arrêter après le primaire.
La fillette réussit brillamment son entrée au collège, ce qui constitue une étape supérieure de lenseignement quon ne trouve pas en milieu rural. Cette étape nétant pas incluse dans laccord que Kulsuma a conclu au début avec son mari, elle engage avec lui un autre combat, dune autre intensité, quelle finit par remporter.
Une association qui milite en ville contre lanalphabétisation a invité les jeunes, principalement dorigine rurale, à une réunion au cours de laquelle il leur a été fait part des dispositions qui existent pour les aider en cas de difficulté. La règle est que les aînés qui peuvent venir étudier dans leur enceinte soutiennent à loccasion des cadets et leur donnent un peu de leur temps quand ils le peuvent, et participent aussi aux cours dalphabétisation des adultes illettrés.
Akkalo, un jeune homme brillant exprime son soutien et sa totale adhésion quant à la proposition qui leur est faite. Il est dans sa dernière année denseignement secondaire, il passe son bac. Taysi prend aussi la parole et, tout en louant la noble initiative de cette association, exprime sa totale adhésion à ce militantisme. Son intervention impressionne lauditoire et particulièrement Akkalo qui, à la sortie la rejointe pour lui faire part de son sentiment. Ils se regardent un instant et cest le coup de foudre. Akkalo est reçu au bac, il obtient une bourse pour étudier en France.
Se cherchant mutuellement, il leur est difficile de se rencontrer pour savouer leurs sentiments. Finalement, Akkalo franchit le pas avant son départ et décide de lui écrire pour lui faire part de son feu. Taysi lui répond et la vie nest pour eux quun bonheur.
Ce roman, aux récits émouvants est écrit avec un afar fluide, simple et de lecture facile. Lhistoire est happante, sa narration excellente. Pour toux ceux qui veulent faire connaissance avec la littérature afare, ce roman constitue une banque de mots et dexpressions pourtant courants que le commun des locuteurs, évoluant dans un océan de langues, ont parfois tendance à négliger au profit de mots étrangers, daccès matériellement plus facile.
Une fois sa lecture entamée, ce roman ne vous quittera plus. Il ira se nicher dans votre sac, pour vous livrer dare-dare lintégralité de son contenu.
Mohamed Hassan Kamil, en plus de nombreux textes et articles en afar et en français, avait déjà publié un livre de contes pour enfants sous le titre Gad kee Urru. Cet ouvrage est accompagné de deux CD-Rom et de deux cassettes audio. Il a publié aussi, en 2004, aux éditions LHarmattan un ouvrage dauto-apprentissage de lafar pour les francophones, intitulé Parlons afar.
Par ailleurs, il fut lauréat du Prix international « Kadima » de lAgence internationale de la francophonie (AIF) en 2002, pour son manuel de grammaire en afar.
Mohamed Hassan Kamil est un auteur montant qui mérite dêtre connu, notamment des locuteurs de la langue afar. YMB |