L'excision et la « circoncision pharaonique » : deux pratiques de mutilations génitales largement répandues à Djibouti
Les techniciens de la santé, chargés de promouvoir le programme national de Maternité sans risque (MSR), estiment ces pratiques « néfastes » et soulignent que « larticle 16 de la Constitution condamne la torture, les sévices ou traitements inhumains, cruels, dégradants ou humiliants », rapporte lADI.
ADI/DJIB/956/482 MOTS
DJIBOUTI/SANTE
98% des femmes victimes de mutilations génitales à Djibouti
DJIBOUTI, ADI, 21 AVRIL. -- « Plus de 98% des femmes ont subi la pratique des Mutilations génitales féminines (MGF) », pratiques que les techniciens de la santé, chargés de promouvoir le programme national de Maternité sans risque (MSR), estiment « néfastes et largement répandues en République de Djibouti », rapporte lAgence djiboutienne dInformation.
Outre ces statistiques dactualité, lexposé du ministère de la Santé dans le cadre du programme national de Maternité sans risque relève que dans le pays « 51% des hommes sont en faveur de la circoncision » des femmes, selon toute évidence.
Dans leur stratégie de lutte contre les Mutilations génitales féminines au niveau national, les spécialistes de MSR privilégient le dialogue, linformation et la sensibilisation, afin dabolir ces pratiques néfastes qui affectent la santé de la femme jusquà en causer la mort de certaines dentre elles.
Les experts en santé reproductive rappellent lexistence de « larticle 333 du code pénal promulgué en 1994 et prohibant la pratique des MGF » pour démontrer que les mutilations génitales sont répréhensibles.
Les responsables de MSR signalent également que « la République de Djibouti est signataire de la Convention des droits de lenfant » et soulignent que « larticle 16 de la Constitution condamne la torture, les sévices ou traitements inhumains, cruels, dégradants ou humiliants ».
Dans sa classification des MGF, le ministère de la Santé indique par ailleurs que « deux types de MGF sont notamment pratiqués dans le pays ».
Le premier, présenté sous la classification du type 2, est lexcision qui consiste à amputer partiellement ou totalement le clitoris ainsi que les petites lèvres. Ce procédé est notamment pratiqué, selon la même source, « dans le milieu de la communauté dorigine arabe ».
Lautre procédé appelé type 3 est, si lon en croit le ministère de la Santé, pratiqué « dans les communautés somali et afar ». Il sagit de linfibulation ou circoncision pharaonique qui est une ablation de la totalité du clitoris et des petites lèvres ainsi que de la partie interne des grandes lèvres, additionnée dune suture des deux berges restantes de la vulve ne laissant quune ouverture minime afin de permettre lévacuation de lurine et des règles.
Le programme national de Maternité sans risque, communément appelé MSR a été élaboré en 1998 par le ministère de la Santé et mis en place en 1999.
Ce programme consiste en général à promouvoir la santé de la mère et de lenfant et comporte plusieurs volets très importants tels que la surveillance de la femme enceinte, les accouchements et la surveillance des nouveau-nés ainsi que la lutte et lélimination des mauvaises pratiques traditionnelles ou autres qui provoquent des problèmes chez la mère et lenfant.
Le MSR ambitionne de réduire de 50% le taux de mortalité maternelle dici lan 2003.
ADI -- 15h03 GMT -- 21 AVRIL 2001