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Djibouti : Daher Ahmed Farah empêché de quitter le territoire national
Le président du Parti du renouveau démocratique (PRD) et directeur du journal le Renouveau était invité à Washington pour participer à un programme du gouvernement américain en sa qualité d’opposant. La police de l’air et des frontières s’est opposée à son départ, sur décision du Procureur de la République de Djibouti.


DÉPÊCHE MOULIN DU PONT

MDP – PARIS, 05/08/2001 (13h00). – Daher Ahmed Farah, président du parti du renouveau démocratique (opposition) et directeur de publication du journal le Renouveau s’est vu présenter une opposition à sa sortie du territoire national djiboutien par la police de l’air et des frontières (PAF), vendredi 3 août 2001 vers 22h00. Invité par le gouvernement des États-Unis d’Amérique, M. Farah se rendait à Washington pour participer, en sa qualité d’opposant, à une réunion sur le thème de la "transition pacifique et démocratique", dans le cadre du "Programme visiteurs" (5-25 août 2001).

Deux autres invités djiboutiens à ce même programme, MM. Kamil Hassan Ali du Frud-armé (opposition) et Abdourazak Guedi, conseiller juridique du ministre de l’Intérieur, auraient eux quitté le territoire national, respectivement le vendredi 3 août et le dimanche 29 juillet.

Selon M. Farah, cette “opposition de sortie”, opérée « sur instructions fermes du jeune procureur de la République près du Tribunal de première instance de Djibouti, M. Djama Souleiman » est « injustifiée et injustifiable ». Dans un communiqué de presse, M. Farah la réfute et « exige sa levée immédiate ».

L’opposition de sortie intervient alors que M. Farah ne serait plus soumis à aucun contrôle judiciaire, puisque l’opposant djiboutien bénéficiait, selon ses déclarations, « d’une mainlevée du dernier contrôle judiciaire pour la dernière affaire en date » ; mainlevée qui avait « reçu l’avis favorable du même Procureur ».

Rappelons que Daher Ahmed Farah fait l’objet d’une procédure judiciaire, diligentée par le ministère des Finances, suite à la publication par son journal, le Renouveau, le 7 juin 2001 de « deux copies de deux mandats de paiement du Trésor national d’un montant total de 6.000.000 Francs Djibouti (FRD) relatifs à une avance exceptionnelle » en faveur du ministre des Finances, Yacin Elmi Bouh. [Cf. communiqué de l’ODU (opposition djiboutienne unifiée), 11 juin 2001.]

Le Trésorier payeur national par intérim, M. Rachid Hassan Saban avait, à cette occasion rendu public un communiqué de presse dans lequel il soulignait que l’avance « exceptionnelle remboursable de six millions de FRD accordée au ministre des Finances » l’année dernière était « nullement une information ni nouvelle ni extraordinaire. » La même source avait aussi indiqué que, « depuis le début de l’ajustement structurel, les ministres djiboutiens ont perdu leurs droits au logement administratif, à l’ameublement, à la gratuité de l’électricité et de l’eau etc. » et souligné que « le ministre des Finances a donc bénéficié d’un droit et non d’un privilège. » [Cf. dépêche de l’Agence djiboutienne d’information (ADI), 9 juin 2001.]

Parce que son journal a publié deux copies de mandats de paiement du Trésor national, Daher Ahmed Farah est accusé de « deux infractions (vol et détournement des documents) très sévèrement réprimées par le code pénal djiboutien », susceptibles d’être sanctionnées par des peines allant jusqu’à une privation de liberté de 10 ans et une amende pouvant atteindre 25 millions de FRD. [Cf. dépêche de l’Agence djiboutienne d’information (ADI), 9 juin 2001.]

Le conseil du ministère des Finances dans cette affaire serait Aref Mohamed Aref, avocat bien connu pour ses positions en faveur des droits de l’Homme.


MDP/AL/010805/13:00


ADDITIF. MDP – PARIS, 05/08/2001 (24h00). – Daher Ahmed Farah a adressé au journal français les Nouvelles d'Addis, dimanche dans la soirée, la copie de l'ordonnance de mainlevée du contrôle judiciaire rendue en sa faveur le 2 août 2001, par le juge d'instruction Nima Ali Warsama, après avis conforme du Procureur de la République Monsieur Djama Souleiman. Voici le texte du document communiqué par M. Farah.


TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE DE DJIBOUTI
CABINET DE MME NIMA ALI WARSAMA, JUGE D’INSTRUCTION

N° du Parquet : 1893/2001
N° de l’Instruction : 12/001/B

Nous, NIMA ALI WARSAMA, Juge d’Instruction auprès du Tribunal de Première Instance de Djibouti
Vu la procédure d’information ouverte du chef de recel, faits prévus et réprimés par l’article 533 du Code Pénal et suivie contre Daher Ahmed Farah.
Vu l’ordonnance de soit-communiqué en date du 31/07/2001 et le réquisitoire en date du 1/08/2001 tendant à la mainlevée du contrôle judiciaire.
Attendu que le maintien du contrôle judiciaire n’est plus nécessaire à la manifestation de la vérité
Ordonnons la main levée du Contrôle Judiciaire de l’inculpé Daher Ahmed Farah
AVIS DE LA PRÉSENTE ORDONNANCE A ÉTÉ DONNÉ AU CONSEIL DE L’INCULPÉ LE 1 AOÛT 2001


MDP/AL/010805/24:00


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