Djibouti / France. Formation continue.
Trois policiers djiboutiens ont effectué un stage de quinze jours à Rouen, dans le cadre d'un échange de savoir-faire en matière de police de proximité.
Selon ces officiers, une « police de proximité » est déjà en place à Djibouti. Elle semblerait même « très dissuasive », puisque « la délinquance a chuté de 43 % en deux ans [
] Les délinquants nosent plus passer à lacte lorsquils savent quils risquent dêtre arrêtés. »

30 octobre 2001. Rouen exporte vers la corne de lAfrique son savoir-faire en matière de police de proximité.
Trois policiers djiboutiens viennent ainsi d'effectuer quinze jours de stage en agglomération normande, dans le cadre de la coopération franco-djiboutienne.
Ces officiers djiboutiens ont patrouillé avec la brigade anticriminalité. Ils ont suivi des enquêtes, assisté à des interpellations et à l'audition de suspects.
« Nous sommes venus étudier le savoir-faire de la France » explique le capitaine Hassan Ali Foureh, directeur-adjoint de lÉcole nationale de police de Djibouti. Les trois stagiaires ont été impressionnés par lefficacité du service de quart judiciaire, quils ont comparé à « une belle machine ». Ils ont aussi salué « la cohésion des policiers rouennais ».
Expérimentée dans une partie de la capitale, la police de proximité aurait déjà fait ses preuves à Djibouti.
« La délinquance a chuté de 43 % en deux ans », annonce fièrement le capitaine Kamil Ali Mohamed, chef d'un commissariat pilote, confronté surtout à des agressions à larme blanche et à des vols à larraché. « La police de proximité est très dissuasive. Les délinquants nosent plus passer à lacte lorsquils savent quils risquent dêtre arrêtés. » Du coup, « la population se sent plus en sécurité » ajoute le lieutenant Mohamed Houssein Rabeh, chef dun autre commissariat de la capitale.
À Djibouti, les policiers font aussi office de sapeurs-pompiers, de garde-frontières et de gardiens de prison. Lourde tâche à lheure, indiquent les policiers, où les immigrés éthiopiens, érythréens, somaliens ou yéménites affluent, « attirés par un niveau de vie plus élevé », dû aux revenus du port et à la présence de 2.800 militaires français.
Depuis les attentats du 11-septembre, du fait de sa situation stratégique à lentrée du golfe dAden et à cause de sa frontière avec l'anarchique Somalie, Djibouti est placée sous haute surveillance.
Les policiers djiboutiens sont donc, de plus, engagés dans la lutte contre le terrorisme. Une brigade spéciale mixte américano-djiboutienne a été créée. « Comme Djibouti est un petit pays, nous arrivons à maîtriser et à contrôler la situation. Il ny a pas de risque que Djibouti devienne une base arrière du terrorisme », assure Hassan Ali Foureh. La preuve : dans le cadre de la chasse à Al-Qaïda, les policiers disent avoir récemment arrêté des Arabes des pays du Golfe, qui photographiaient des avions militaires américains stationnés à Djibouti. LC.