Djibouti. Mise en place du multipartisme
Trop de Frud(s) :
Ahmed Dini Ahmed crée son nouveau parti, lARD
Le 4 octobre 2002, une réunion constitutive a adopté la transformation du Frud-armé (non enregistré en tant que parti politique) en ARD. Jusquà la tenue de son Congrès constitutif, lARD est présidée par Ahmed Dini Ahmed, entouré dun bureau exécutif de 33 membres.
25 octobre 2002. Ahmed Dini Ahmed vient de crééer lAlliance républicaine pour le développement (ARD). La menace dune non-reconnaissance officielle de son ancien parti, le Frud-armé, la incité à renoncer à toute dénomination plus ou moins proche du sigle Frud. Il est vrai que peu nombreux étaient ceux qui parvenaient à faire le tri entre tous les Frud(s), Frud (Front pour la restauration de lunité et de la démocratie), Fronts républicains unis pour le développement national, Frud-armé, Frud combattant
Distinguer le Frud rallié au pouvoir en place du Frud signataire de lAccord de paix et de concorde civile ou des Frud(s) pseudoment désarmés relève de la haute spécialisation en matière de politique djiboutienne. Même si, dans les faits et dans les actes, toute ambiguïté est impossible.
Le 4 octobre 2002, le Frud-armé a donc tenu sa réunion constitutive, adoptant la transformation du Frud-armé (non enregistré en tant que parti politique) en ARD. Jusquà la tenue de son Congrès constitutif, lARD est présidée par Ahmed Dini Ahmed, entouré dun bureau exécutif de 33 membres.
M. Dini ne nie pas la valeur du combat qui a été mené par son ancien parti, le Frud-armé, mais il veut que lARD participe à un autre type de combat : celui des urnes et du débat démocratique. Cest pour cette raison quil a déposé le dossier de déclaration de lARD au ministère de lIntérieur djiboutien, conformément à la constitution, accompagné du versement dune somme de deux millions de francs djiboutiens, auprès du Trésor public.
Reste à savoir si lARD conservera le titre de co-signataire de lAccord du 12 mai 2001. Au titre de la continuité historique, cela ne devrait théoriquement pas poser de problème, mais les autorités djiboutiennes ne vont-elles pas trouver là une faille supplémentaire pour retarder encore la mise en uvre de cet accord, et retirer à lARD toute légitimité à superviser létat davancement des travaux.
LARD devrait présenter des candidats aux prochaines élections, contrairement à plusieurs mouvements et partis dopposition qui appellent au boycott dun scrutin quils jugent joué davance. Ils émettent les plus grandes réserves sur la composition de la Commission électorale et sur la transparence du processus électoral et ne veulent pas légitimer, par leur participation aux élections, la coalition au pouvoir. Ahmed Dini et son nouveau parti souhaitent, quant à eux, « lutter pour imposer lapplication des règles et des normes républicaines dans la gestion des affaires publiques ». Ce ne sera pas une mince affaire !
On se demande, par exemple, comment les listes électorales pourront être prêtes pour le scrutin, alors que certains Djiboutiens nont toujours pas de carte didentité nationale, les autorisant à être inscrits en tant quélecteurs
La délivrance de ces cartes soulève dailleurs quelques critiques. Il se pourrait que certaines personnes soient plus facilement djiboutiennes que dautres, en fonction des politiciens en place dans les régions. Dans quelques villages, on naurait pas reçu de carte didenté nationale depuis le départ des Français (25 ans) !
Espérons quils nauront pas encore 25 ans à attendre, sinon certains risquent de ne jamais participer à aucun scrutin de leur vie, tout Djiboutiens quils soient. CD