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Djibouti / Mort du juge Borrel
Révélations sur un suicide impossible Laffaire Borrel est relancée. Des éléments nouveaux étayent la thèse de lassassinat. La remarquable enquête de Bernard Nicolas et Jean-Claude Fontant pour Canal+ (diffusée une première fois lundi 2 décembre 2002) a précédé une importante couverture médiatique en France. Extraits du [remarquable] dossier de presse de Canal+ (résumé du film et chronologie de l'affaire Borrel)
Juge Borrel : Révélations sur un suicide impossible Enquête de Bernard Nicolas et Jean-Claude Fontan Djibouti, 19 octobre 1995. Le corps dun homme est retrouvé au pied dune falaise à 80 km de Djibouti. Ce cadavre est celui de Bernard Borrel, un magistrat français, en mission de coopération. Le corps est découvert en partie carbonisé. Lenquête na pas encore commencé que lambassade de France diffuse linformation qui deviendra la version officielle : suicide par immolation. Effondrée, la femme du magistrat, Élisabeth Borrel, quitte Djibouti avec ses deux enfants, quatre jours après la mort de son mari. La représentation française à Djibouti lui assure que des radiographies et une autopsie seront réalisées. Quand le corps est rapatrié, les radios ont disparu, et il ny a pas eu dautopsie. Depuis sept ans, Élisabeth Borrel se bat pour savoir comment son mari est mort. Elle demandera très vite une autopsie dont les résultats ne lui parviendront quun an plus tard. Les experts sont formels : « Pas de traces de suie dans les voies aériennes supérieures. » Ce qui signifie que Bernard Borrel était mort avant que son corps ne soit brûlé. Pourtant la version officielle restera le suicide. Dans leur enquête, Bernard Nicolas et Jean-Claude Fontan pointent les dysfonctionnements de cette longue instruction, qui a vu se succéder cinq juges (pièces disparues, témoins oubliés ou menacés, suspects en fuite), et démontrent que le suicide est impossible. Deux anciens officiers de la garde présidentielle à Djibouti, réfugiés en Europe, affirment quils ont été les témoins de conversation entre dignitaires djiboutiens, prouvant que « l'élimination physique » du juge a été programmée. Discussions entendues avant et après la mort de Bernard Borrel. Pour "90 minutes", Bernard Nicolas et Jean-Claude Fontan révèlent au travers de témoignages et documents inédits, que le magistrat français a été tué. Djibouti, aux portes de la mer Rouge, est un petit pays hautement stratégique. Lancienne colonie française est très convoitée. Aux côtés des soldats français (2.700 environ), des GIs américains et des marins allemands se sont installés, depuis le 11 septembre 2001. « Pour conserver son leadership sur cette partie dAfrique, pour ne pas déstabiliser Djibouti, la France a sacrifié un magistrat en mission officielle », concluent les enquêteurs de "90 minutes". Disparition du juge Borrel : Chronologie des faits 27 septembre 1990 : En pleine guerre du Golfe, une bombe explose devant le Café de Paris, un lieu de rendez-vous de nombreux Français à Djibouti. Bilan : 1 mort et 11 blessés. Mercredi 18 octobre 1995 : Bernard Borrel, 40 ans, magistrat mandaté par la France en tant que conseiller du ministre de la Justice de Djibouti, quitte son domicile vers 17h00. Il doit se rendre à son bureau puis à une réunion. Personne ne ly a vu. Sa femme alerte hôpitaux et commissariats. Jeudi 19 octobre 1995 : Une patrouille de police de larmée française à Djibouti découvre au petit matin, au pied dun ravin, un corps à demi calciné. Son identité est établie, cest celui du juge Bernard Borrel. Jeudi 19 octobre 1995 : 9h00, le consul de France annonce à Mme Borrel que son mari « sest immolé » dans la nuit. Lenquête na pas encore commencé mais linformation circule : cest un suicide. 22 octobre 1995 : Élisabeth Borrel et ses deux fils quittent Djibouti pour Paris. Le corps de Bernard Borrel reste sur place afin dêtre autopsié. 3 novembre 1995 : La dépouille de Bernard Borrel est rapatriée et enterrée près de Toulouse. En fait, il ny a pas eu dautopsie faite à Djibouti et les radios du corps du juge Borrel ont disparu. Élisabeth Borrel, elle aussi magistrate, décide de demander une autopsie du corps de son mari. Une information est ouverte au parquet de Toulouse pour « recherche des causes de la mort ». 15 février 1996 : Lautopsie a lieu. Il faudra attendre un an avant que les résultats ne soient livrés. Pourtant les conclusions sont importantes. Elles établissent notamment quaucune trace de suie na été décelée dans les poumons. Élisabeth Borrel a alors la conviction que son mari a été tué, et son corps brûlé afin de maquiller le meurtre en suicide. Dans les dossiers de son mari, elle trouve des documents. Il y a notamment une demande dauditions dans le cadre de lenquête sur lattentat contre le Café de Paris perpétré en 1990 [voir plus haut]. Lenquête est menée à Paris par le juge Le Loire. Bernard Borrel servait de lien entre le juge Le Loire et le magistrat djiboutien chargé de ce dossier, où serait mis en cause Ismaël Omar Guelleh. Novembre 1997 : Le dossier quitte Toulouse et lenquête est confiée à Paris, aux juges Roger Le Loire et Marie-Paule Morrachini. Entre les magistrats et Mme Borrel et ses avocats, sinstalle un climat de méfiance basé sur des désaccords concernant la façon de mener lenquête. Mars 1999 : Les magistrats vont une première fois à Djibouti. Une enquête sur la personnalité du juge Borrel est lancée. Janvier 2000 : Un témoin, réfugié politique djiboutien en Belgique, fait son apparition. Mohamed Saleh Alhoumékani, officier dans la garde présidentielle au moment des faits, affirme que le juge Borrel a été assassiné et que lactuel président, Ismaël Omar Guelleh, est le commanditaire du meurtre. Le 19 octobre 1995, à 13h45, Alhoumékani aurait assisté, dans les jardins du palais présidentiel, à une conversation entre Omar Guelleh, alors chef de la police secrète, et 5 hommes arrivés en 4x4. Lun deux aurait déclaré : « la mission est accomplie, le juge fouineur a été tué ». Alhoumékani parle aussi dune « main courante » qui aurait disparu (à lépoque des postes de garde contrôlaient les routes). Il met également en cause un des terroristes du Café de Paris, censé être en prison. Réaction immédiate des autorités djiboutiennes : « Cet homme est un affabulateur. » La juge Moracchini entend Alhoumékani en Belgique. Il se plaint ensuite dans la presse davoir subi des pressions de la part de la magistrate, afin dobtenir sa rétractation. Mars 2000 : Les juges Le Loire et Moracchini se rendent une deuxième fois à Djibouti. Élisabeth Borrel et ses avocats nont pas eu le droit de les accompagner. Une reconstitution est organisée. Juin 2000 : Après plusieurs interventions des avocats de Mme Borrel auprès du garde des Sceaux, les juges Moracchini et Le Loire sont dessaisis du dossier par un arrêt de la chambre daccusation. Cest le juge Jean-Baptiste Parlos qui prend désormais en charge le dossier Borrel. Février 2002 : Le juge Parlos va à Djibouti avec Mme Borrel, ses avocat et trois experts en médecine légale. Au retour de ce voyage, le juge Parlos ordonne une nouvelle exhumation du corps. 27 juin 2002 : Le corps de Bernard Borrel est à nouveau exhumé. Élisabeth Borrel attend les conclusions.
La Dépêche du Midi (02/12/2002) AFP (3/12/2002) AFP (3/12/2002) AFP (3/12/2002) AFP (4/12/2002) RFI (4/12/2002) Le Figaro (05/12/2002)
http://www.ardhd.org/ http://www.gouv-exil.org/ « À ces gendarmes et a madame Borrel », une réponse d'Abdi, 12 heures avant publication de l'article |
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