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Djibouti / Liberté de la presse / Droits de l'homme
Au petit matin, la police saisit les ordinateurs de Daher Ahmed Farah, qui est toujours emprisonné. Le gouvernement djiboutien veut-il faire taire le journal "Le Renouveau" ? Bien que le Directeur du Renouveau, Daher Ahmed Farah, soit emprisonné depuis huit jours, le journal est paru "normalement" jeudi. Est-ce insupportable ? Le pouvoir du président Ismaël Omar Guelleh veut-il le silence complet de l'opposition djiboutienne ? C'est à croire. Aujourd'hui, dimanche 27 avril, la police spéciale de Djibouti a saisi les outils de travail de "Daf". PARIS, 27/04/2003 (10H00) MDP. Ce matin, à 6h50, heure locale, la police spéciale de Djibouti est venue au domicile de la mère de Daher Ahmed Farah, où était entreposé son matériel de travail. Les officiers n'auraient présenté aucun document. L'un d'eux aurait simplement dit qu'ils avaient « ordre de saisir le matériel » et qu'il fallait voir avec le procureur. Vers 8h00, heure locale, les responsables du Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD), parti dont Daher Ahmed Farah est président, sont allés chercher les machines à la police.
Daher Ahmed Farah (dit "Daf"), l'un des leaders de l'opposition djiboutienne et le directeur du journal Le Renouveau est emprisonné à la prison de Gabode depuis le 20 avril. Cette nouvelle arrestation sanctionne une fois de plus un fait de presse. L'arrestation de M. "Daf" est motivée par une plainte du général Zakaria Cheik Ibrahim, numéro deux de l'armée djiboutienne, au sujet d'un article paru dans Le Renouveau. L'affaire a été confiée au juge d'instruction Habiba, sous l'égide de M. Djama Souleiman, procureur de la République de Djibouti. Mardi, 22 avril, l'organisation de défense de la presse, Reporters sans frontières (RSF) a adressé une protestation au gouvernement djiboutien, dénonçant cette arrestation : « Encore une fois, les autorités utilisent la voie la plus répressive pour sanctionner un journaliste », a notamment déclaré RSF, ajoutant : « A notre connaissance, Daher Ahmed Farah n'a fait qu'exprimer son opinion et rien ne justifie sa détention. » De plus, Reporters sans frontières rappelle que les Nations Unies condamnent « l'emprisonnement en tant que condamnation de l'expression pacifique d'une opinion. » Aussi, l'organisation « demande aux autorités de tout mettre en uvre pour libérer au plus vite le journaliste et de prendre des mesures afin de garantir la liberté de la presse dans le pays. » Au nom de RSF, Jean François Juliard, porte-parole Afrique, a par ailleurs assuré sur l'antenne de Voice of America : « Ce général [Zakaria Cheik Ibrahim] a tout à fait le droit de porter plainte contre ce journal [Le Renouveau], mais en aucun cas les autorités ne doivent procéder à larrestation de ce journaliste, qui plus est le détenir dans des conditions particulièrement difficiles. »
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Notre dépêche concernant la précédente arrestation : « Il avait une nouvelle fois fustigé la "fraude électorale" dans ses écrits » (MDP)
Un communiqué anodin, paru dans le journal La Nation
(fac-simile, 12 mai 2003)
Deux entretiens Daher Ahmed Farah, entretien avec Les nouvelles d'Addis, juillet-août 2001
Aref Mohamed Aref, entretien avec Les nouvelles d'Addis, mai-juin 2001
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