lesnouvelles.org
Boutique des Nouvelles

Lecture thématique
Choix de la rédaction
Nouvelles d'Afrique
I
Sommaire
I
Liens
I
Recherche
I
I
Liste de diffusion
I
Boutique
I
Espace partenaires
I
Sondage
I
Ajouter à vos favoris
S'abonner aux Nouvelles d'Addis
Qui nous sommes
Nous écrire
 

Nouvelles
Festivals / Cannes

Mahmoud Ahmed, tête d’affiche du festival Pantiero de Cannes

19 août 2003, lors de la nuit de clôture du festival Pantiero, la perle de l’Éthiopie, Monsieur Mahmoud Ahmed, personnage au talent hors du commun, a séduit un public malheureusement restreint. Auparavant, Mahmoud avait répondu aux questions de deux radios locales. L'envoyé spécial des Nouvelles d'Addis a laissé traîner son micro. Morceaux choisis, dédicace, revue de presse locale.

 


ALAIN CHARRET
 

Pour la deuxième année consécutive, la ville de Cannes a organisé, du 16 au 19 août, le festival de la Pantiero. Installées sur le port, ces 4 soirées musicales étaient, d’après les organisateurs, dédiées à la musique électronique. Les connaisseurs furent donc surpris de découvrir que Mahmoud Ahmed se produirait lors de la soirée de clôture. En effet, la musique de cet artiste éthiopien, maintenant connu dans le monde entier, est bien loin de ce que l’on pourrait qualifier de musique électronique. D’ailleurs, même s’il est souvent qualifié de « jazzman africain », son style est quasiment unique puisqu’il demeure l’un des rares, justement, à n’être pas tombé dans la musique électronique et ainsi à avoir conservé les sonorités de la musique éthiopienne d’antan.

C’est donc à 15 heures que Mahmoud fit son apparition sur scène pour une petite heure de répétition. Cette séance, appelée par les professionnels « la balance », était destinée entre autres, aux réglages de la sonorisation ; le tout en pleine canicule, avec une température dépassant les 35 degrés sous abri… Bien que quelque peu fatigué et à quelques heures du concert, Mahmoud accepta très gentiment d’improviser une mini conférence de presse au profit de deux journalistes représentant des radio locales, en présence de l’envoyé spécial des Nouvelles d’Addis.

Parmi les questions posées par nos confrères, on retiendra :

– Ce n’est pas la première fois que vous venez en France ?
MA : Non en effet. Je suis déjà venu chanter à Paris et dans d’autres régions de France.
– Êtes-vous actuellement en tournée ?
MA : Non je suis venu spécialement à Cannes pour ce festival. Je repars demain en Éthiopie.
– Envisagez-vous de collaborer avec d’autres artistes africains ?
MA : Pourquoi pas, mais pour le moment on ne me l’a pas demandé.
– Est-il facile de faire de la musique en Éthiopie ?
MA : Oui sans problème. Il est également aisé de trouver des disques ou des cassettes.
– Une chanteuse éthiopienne commence également à être connue, Gigi. La connaissez vous ? Avez-vous déjà chanté avec elle ?
MA : Oui, bien sûr, je la connais. Je n’ai pas eu l’occasion de chanter avec elle.
– Accepteriez-vous de le faire ?
MA : Pourquoi pas.
– Au jour d’aujourd’hui quelle est la situation politique en Éthiopie ?
Elle est bonne, aucun problème de ce côté.

A l’issue de cet entretien avec nos collègues, Mahmoud rédigea une dédicace à l’attention des Nouvelles d’Addis, dont il connait depuis longtemps l’existence (1), bien qu’il ne lise pas le français…

De son côté, Francis Falceto, l’agent de Mahmoud, se fit un plaisir de nous parler de l’Éthiopie. Allant des origines de ce pays, considéré comme l’un des berceaux de l’humanité, le seul pays d’Afrique à avoir son propre alphabet séculaire, pour finir avec le double langage (2) qu’affectionnent les Éthiopiens afin d’exprimer notamment leurs idées politiques… Il ne faut que quelques minutes pour s’apercevoir que Francis Falceto est tombé sous le charme de ce pays, comme de sa musique. Il en est d’ailleurs un excellent ambassadeur…

Lors du concert, Mahmoud fut comme à son habitude et sut faire tomber les spectateurs sous le charme de sa musique. On n'aura qu’un regret. Seules un peu plus de 600 personnes ont assisté à sa prestation. Il est vrai que le public cannois n’est pas vraiment habitué à ce style de concert et reste très prudent devant l’inconnu. Restaient les touristes très nombreux à cette période de l’année, mais quelque peu assommés par la canicule, ils ont limité leurs déplacements au strict minimum. – AC


(1) Voir l'interview réalisée par Les nouvelles d'Addis, le 1er juillet 1999, à Paris (LNA n°12, juillet-août 1999).
(2) Le semenawork (la cire et l’or) forme poétique cultivant la phrase ou le mot à double sens.


Dédicace de Mahmoud Ahmed aux Nouvelles d'Addis,
en amharique : « Bon travail ! ».

 


Revue de presse

Relevons deux articles dans Nice Matin, l'un avant le concert de Mahmoud Ahmed, l'autre après. (Merci à Mme Zorka Léotardi, lectrice de Nice, qui nous a gentillement adressé ces coupures de presse.) Extraits.

13/08/2003 : Sous le titre Cannes : la ville fait le pari de l'électro, Nice-Matin met en exergue le Jazz et l'Orient, décrivant « l'Éthiopien Mahmoud Ahmed [comme le] chantre du jazz parfumé d'épices orientales. »

20/08/2003 : Après le concert, la journaliste ayant vibré sur « L'afrobeat et l'afro-pop », Nice-Matin en savait un peu plus sur l'artiste éthiopien.
Cannes : nuit africaine à la Pantiero, par Marie-Anne Sorba : « 600 spectateurs avertis, plus les cinq musiciens de Bobby Hugues Combination, ont donc vibré au rythme lent des guitares fiévreuses du 3M Band de Mahmoud Ahmed et des baguettes déchaînées de Tony Allen, ex-batteur de Fela Kuti et pionnier de la musique afrobeat. Comment expliquer un tel succès auprès d'un jeune public ? "Je saute encore très haut pour mon âge", s'exclaffe Mahmoud Ahmed. » Et, pour expliquer la programmation relativement éclectique de ce festival électro, la journaliste conclut : « Le pari d'imposer de la world music dans un festival de musique électronique était osé. Mais avec une telle programmation, hier soir, la Pantiero a fait la preuve de son ouverture à tous les courants musicaux contemporains. » – AL


Retrouvez Mahmoud Ahmed dans la collection "éthiopiques"

[retour en haut de page]


© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2005.http://www.lesnouvelles.orgLes nouvelles d'Addis,
le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique.
Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté.