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ÉTHIOPIE / SPÉCULATION FONCIÈRE Si les Éthiopiens nont pas à manger, quon leur donne des roses LES NOUVELLES DADDIS Alors que le 7 juin 2011 une nouvelle famine a été annoncée dans la corne de lAfrique par lorganisation américaine Famine Early Warning Systems Network (Fews Net), lÉthiopie continue de louer ses terres agricoles aux investisseurs étrangers. 2011 serait lannée la plus sèche dans la sous-région depuis 1995. Les récoltes ont baissé et les taux de mortalité du bétail sont très élevés, entraînant une hausse des prix des produits alimentaires. Éthiopie, Kenya et Somalie sont particulièrement concernés par cette alerte. Dans le sud de lÉthiopie et dans certaines zones pastorales somaliennes, les personnes démunies nont déjà plus les moyens daccéder aux produits alimentaires de base nécessaires à leur survie. Pour assurer sa sécurité alimentaire dans ces conditions climatiques récurrentes, lÉthiopie peut-elle soffrir le luxe de louer ses terres les plus fertiles aux investisseurs étrangers ? Produire des roses est sans nul doute très lucratif, de même que des fruits et des légumes (destinés à lexportation ) mais quelle place pour les paysans éthiopiens, cultivateurs ou éleveurs, dans ce schéma de production intensif qui vise essentiellement à lenrichissement des investisseurs concernés. Ce pays a probablement les moyens de parvenir à son autosuffisance alimentaire si, à limage des grands pays agricoles du monde, les efforts sont portés sur laide aux producteurs et non pas en cédant leurs terres à des spéculateurs qui voient là un filon quils abandonneront le jour où un nouveau plus lucratif se présentera. Ce jour-là, les terres éthiopiennes seront épuisées, les anciens paysans auront grossi le nombre des déshérités des grandes villes éthiopiennes et le savoir-faire de ces architectes de la terre sera perdu sous les pétales des roses OGM. CD |
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DJIBOUTI / CENSURE La Voix de Djibouti baillonnée LES NOUVELLES DADDIS Cétait encore trop pour les autorités djiboutiennes. La Voix de Djibouti, radio indépendante émettant en ondes courtes depuis lEurope devait déranger à quelques semaines de lélection présidentielle. En effet, six de ses collaborateurs ont été arrêtés, il y a quatre mois, et sont depuis incarcérés arbitrairement à la prison de Gabode. (1) Les correspondants Farah Abadid Hildid et Houssein Ahmed Farah et les informateurs Houssein Robleh Dabar, Abdillahi Aden Ali, Moustapha Abdourahman Houssein, Mohamed Ibrahim Waïss, tous affiliés aux partis de lopposition, ont été placés sous mandat de dépôt le 9 février, pour « participation à un mouvement insurrectionnel. » Farah Abadid Hildid aurait même été torturé par la gendarmerie lors des quatre jours de garde-à-vue précédant son transfert à la prison, le 9 février. Les arrestations et actes de tortures sur des prisonniers qui se multiplient depuis des mois à Djibouti auraient dû alerter les observateurs du dernier scrutin électoral qui a vu la réélection dIsmaël Omar Guelleh aux plus hautes fonctions de lÉtat. (2) Parler de processus électoral acceptable alors que toute manifestation populaire était interdite, que tout meeting électoral de lopposition était considéré comme « mouvement insurrectionnel », que tout journaliste indépendant se retrouvait sous les verrous sans jugement et que tout homme ou adolescent des régions nord est encore supposé soutenir le Frud (Front pour la restauration de lunité et de la démocratie), relève de la cécité ou de lirresponsabilité. CD --- (2) Signer la pétition en ligne CTD (Contre la torture à Djibouti), une initiative solidaire proposée par Les nouvelles dAddis : |
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© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2011. http://www.lesnouvelles.org, version 3.6 Les nouvelles d'Addis, le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté Reproduction de contenus interdite sauf autorisation écrite |