Plus de la moitié de la population africaine est de religion musulmane. Lislam a fait son apparition sur le continent avec larrivée des navigateurs arabes et perses qui ont installés des comptoirs commerciaux sur les côtes orientales de lAfrique, et cela dès le VIIIème siècle. La présence de lislam dans les pays de la corne de lAfrique, et en Somalie en particulier, nest donc pas une nouveauté. Il est vrai cependant que depuis la recrudescence du terrorisme islamiste, divers mouvements radicaux ont vu le jour et profitent du chaos qui règne maintenant depuis plus de quatorze ans dans ce pays pour abriter, recruter et former ceux quon appelle maintenant des djihadistes. Il paraît donc intéressant de faire le point sur ces mouvements et sur leurs activités connues.
Dès le 23 septembre 2001 le président américain décrétait le gel des avoirs de 27 entités et individus censés être liés au terrorisme international. Parmi ceux-ci figuraient deux organisations somaliennes, Al-Barakat et Al-Itihaad Al-Islaami.
Al-Barakat était la principale société de transfert de fonds présente en Somalie. Elle servait principalement à la diaspora somalienne établie à létranger qui expédiait ainsi près de 500 millions de dollars par an aux familles demeurées au pays. Si les différentes investigations menées nont jusquà ce jour démontré aucun lien avec le terrorisme international, le gel de ses avoirs a eu pour conséquence daffamer près de 800.000 Somaliens privés ainsi de subsides. Ce qui na pas manqué daugmenter encore le sentiment anti-américain dune population, se considérant une nouvelle fois victime de la politique étrangère des États-Unis.
Les premiers faits reprochés à Al-Itihaad Al-Islaami datent de 1993. Il sagit des tirs qui ont abattu deux hélicoptères américains tuant ainsi 18 rangers. Ensuite plusieurs attentats visant des lieux publics, en Éthiopie, lui furent attribués. Plus récemment, elle a été accusée davoir apporté une aide logistique dans le cadre des attentats de Mombasa du 28 novembre 2002. Dautre part, selon un rapport de lONU datant de mars 2005, elle serait très active en Somalie et compterait pas moins dune quinzaine de camps dentraînement pour terroristes à qui elle procurerait armes et munitions, afin dentretenir le chaos dans le pays. À noter également que Al-Ittihaad est également présente au Puntland, ainsi que dans la région somali dÉthiopie.
Al-Takfir Wal-Hijra. Très peu dinformations sur la branche somalienne de ce mouvement qui a pris naissance en Égypte en 1967. Les takfiris auraient fait leur apparition dans les villes de Mogadiscio et Bosaaso, peu de temps après la chute du régime de Syad Barré. Selon certaines sources, ce groupe resterait très actif et entretiendrait un camp dentraînement pour terroristes à Raas Kaambooni. Courant 2005, la presse kenyane a rapporté que les services de renseignement kenyans et américains ont établi lexistence de liens entre Al-Takfir Wal-Hijra et Al-Qaïda, ainsi quavec la branche irakienne dAbou Moussab al-Zarqaoui.
Harakat Al-Islah. Ce mouvement politique que lon peut qualifier de réformateur a pour but avoué dadapter lIslam au monde moderne et à la démocratie. Le leader dAl-Islah nest autre que le docteur Ali Cheikh, président de luniversité de Mogadiscio. Dans les années 90, les activités de ce mouvement étaient principalement humanitaires et cherchaient à rétablir les bases dun système social à travers le pays. Cependant, ce mouvement est surveillé de près par différents services de renseignement, ces derniers considérant Al-Islah comme laile politique de Al-Ittihad.
Avant de clore ce chapitre sur les mouvements islamiques particulièrement actifs en Somalie, il paraît opportun de rappeler le regain dinfluence des tribunaux islamiques, appelés également cours islamiques, présents dans la capitale somalienne. Ceux-ci sont notamment à lorigine des affrontements mortels qui se sont déroulés à Mogadiscio, courant novembre 2005. Des heurts ont éclaté lorsque des miliciens inféodés auxdits tribunaux sont intervenus pour procéder à la fermeture des magasins de vidéo diffusant des films occidentaux et indiens qualifiés de « ferments dimmoralité ». AC