Cest généralement la Somalie qui focalise lattention lorsque lon traite de la menace terroriste en Afrique de lEst. Les deux mois écoulés ne dérogent pas à la règle.
Outre lavancée considérable du contrôle des Tribunaux islamiques sur le pays, de nouveaux éléments viennent accroître la menace. Ainsi des sources généralement bien informées ont évoqué la présence de combattants étrangers dans un camp dentraînement pour miliciens islamistes. Situé à Hilweyne, à une vingtaine de kilomètres au nord de Mogadiscio, cette infrastructure accueillerait actuellement un groupe de plus de 500 combattants qui ont débuté une formation paramilitaire le 23 août dernier. Des Érythréens, Afghans et Pakistanais seraient présents dans le camp en question.
On sait que les Américains sintéressent de très près à la situation puisquils accusent certains leaders des Tribunaux islamiques somaliens dêtre liés à Al-Qaïda. Cependant, ne souhaitant pas renouveler la douloureuse expérience de lopération Restore Hope (1992-1993), ils ont, dans un premier temps, délégué, tout au moins officieusement, larmée éthiopienne. Cette dernière a pris position à Baïdoa, afin de protéger le gouvernement national de transition réfugié dans cette ville. Dautre part, selon une information publiée par le journal britannique The Observer, des sociétés militaires privées américaines seraient présentes en Somalie afin de lutter contre les islamistes et autres militants présumés dAl-Qaïda. Le journal poursuit en indiquant que les sociétés en question, notamment Select Armor basée en Virginie et ATS Worldwide située en Floride, opéreraient avec lassentiment de la CIA. Le but est dappuyer clandestinement le gouvernement national de transition. À noter que le seul fait denvoyer des hommes armés en Somalie constitue une violation flagrante de lembargo des Nations unies. De plus, ce type dopération ne peut que déstabiliser davantage le pays, voire la région.
LÉthiopie qui se trouve maintenant impliquée en Somalie, bien quelle persiste à le nier, doit également faire face à de graves problèmes intérieurs. De nouvelles explosions non revendiquées ont été rapportées. Le 31 juillet trois bombes ont explosé à Diré-Daoua, à 500 kilomètres de la capitale. Ces explosions qui visaient un bureau de poste, une agence de voyage et un pont, nont pas fait de victime. Le 3 septembre cest à Jijiga, à 470 kilomètres à lest dAddis-Abeba, que deux explosions ont fait au moins un mort et plusieurs blessés. Daprès les premières constatations, ce sont des grenades qui auraient été lancées contre un hôtel et la résidence dune personnalité politique. Si certains groupes dopposants sont montrés du doigt par le pouvoir, ces attentats nont fait lobjet daucune revendication.
Le 8 septembre, les autorités éthiopiennes ont déclaré avoir interpellé neuf militants du Front de libération oromo (OLF). Ils sont soupçonnés davoir préparé lassassinat de responsables gouvernementaux. LOLF, vers lequel le commandant de la 18ème division de larmée éthiopienne a fait défection. Début août, le général Kemal Getu a gagné lÉrythrée, accompagné dune centaine de ses hommes, pour rejoindre les rangs du Front de libération oromo. AC