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les pirates du golfe d'Aden sur Les nouvelles d’Addis
            
ALAIN CHARRET
COLETTE DELSOL, ALAIN LETERRIER
Les nouvelles d’Addis
le Ponant sur Les nouvelles d'Addis
                 

Quand la France semblait découvrir un vieux problème : il y a des pirates au larges des côtes somaliennes

(4-5 avril 2008, AFP et Reuters)

Les pirates qui ont pris le contrôle du Ponant, un voilier de luxe français avec 30 membres d'équipage, se dirigeaient samedi vers une zone côtière du nord-est de la Somalie, faisant craindre qu'il ne regagnent leur base avec l'équipage en otage comme monnaie d'échange.

La France a déclenché vendredi un plan militaire d'urgence, le plan « pirate mer », qui prévoit la mobilisation de tous les moyens et une demande d'aide aux alliés dans la région. Le Quai d'Orsay a mis en place vendredi soir une cellule interministérielle de crise.

Attaqué vendredi à l'entrée du golfe d'Aden par des pirates, dont une dizaine sont restés à bord, Le Ponant a ensuite fait route vers le sud, le long de la côte nord-est de la Somalie, au large de la région semi-autonome du Puntland. Il est entré samedi dans les eaux territoriales somaliennes.

Les côtes somaliennes sont une des zones de navigation les plus dangereuses au monde, infestées de gangs de pirates qui attaquent les bateaux au large, à l'aide de vedettes rapides, pillant les cargaisons et retenant navires et équipage en otage contre rançon.

Le Ponant, qui peut accueillir jusqu'à 64 passagers, est un navire de la Compagnie des îles du Ponant, qui organise des croisières de luxe. La société est une filiale du groupe CMA-CGM. – AFP, R

           


Des pirates en des zones censées être surveillées de très près
par les marines occidentales…

Décembre 2005, Les nouvelles d'Addis n° 50, Alain Charret

5 novembre 2005, vers 0225 UTC, à la position 02:59N-048:01E, à 70 miles nautiques de la côte est de la Somalie, six hommes lourdement armés, à bord de deux bateaux rapides, attaquent le paquebot Seabourn Spirit, faisant route vers Mombasa, Kenya.

Le Bureau maritime international (IMB) avait pourtant de quoi se réjouir. Durant les 9 premiers mois de l’année les cas de piraterie avaient sensiblement baissé puisque l’on n’avait enregistré qu’un total de 205 cas, alors que durant la même période, en 2004, 251 cas étaient déjà référencés. Si c’est effectivement le cas à l’échelle planétaire, les côtes somaliennes ont pour leur part vu le phénomène considérablement augmenter, pour devenir la région la moins sûre, détrônant les côtes indonésiennes jusqu’alors en tête.

Depuis le 15 mars 2005 ce sont pas moins de 32 cas de piraterie qui ont été recensés. La zone d’action des pirates ne cesse de s’agrandir ; ils s’éloignent de plus en plus des côtes pour attaquer. Les consignes de prudence données aux navires croisant dans la région recommandent aux marins de ne pas s’approcher à moins de 200 miles des côtes somaliennes.

Ces groupes pirates seraient composés en majorité d’anciens membres de la marine de guerre somalienne, accompagnés de pêcheurs reconvertis dans la piraterie maritime. Tous, bien sûr, obéissent à des chefs de guerre dont certains sont connus comme étant proche d’Al-Qaïda. Lourdement armés : mitrailleuses lourdes et lance-roquettes, ils opèrent à partir de petites unités rapides dans lesquelles ils sont rarement plus de 4 ou 5. Très bien organisées, leurs actions seraient coordonnées par un navire amiral de plus grande taille.

Il est très inquiétant de constater que ces pirates puissent agir impunément dans des eaux censées être surveillées de très près par les marines occidentales et principalement américaine, dans le cadre de la guerre contre le terrorisme international. Devant l’importance des moyens déployés par Washington et ses alliés, que ce soit sur le plan maritime, aérien ou encore satellitaire, il paraît pour le moins surprenant que ce (ou ces) fameux bateau(x) amiral(s) n’ai(en)t pu être localisé(s). Si tel était le cas, on a du mal à imaginer comment une telle force serait à même d’intercepter les présumés militants d’Al-Qaïda naviguant entre l’Afghanistan et la Somalie… – AC

           


Piraterie, une des calamités de la Somalie

Janvier 2008, Les nouvelles d'Addis n° 60, Colette Delsol

Échapper aux patrouilles internationales pour les pirates opérant au large des côtes somaliennes tient de la provocation. Ils arraisonnent des navires commerciaux en haute mer et se réfugient au plus près des côtes somaliennes où les navires de guerre n’ont pas le droit de les poursuivre sans permission du gouvernement provisoire de Somalie. Cette situation ubuesque leur permet d’agir dans la quasi impunité, et les incite à accroître le montant des rançons exigées pour libérer les équipages et les bateaux. On ignore l’affectation de ces sommes récoltées par les pirates. Certains responsables militaires n’hésitent pas à parler de financement du terrorisme.

L’Organisation maritime internationale (l’autorité des Nations-Unies chargée des eaux internationales) insiste auprès de la Somalie pour qu’elle accorde l’autorisation à tout membre de la coalition militaire menée par les Américains de poursuivre les pirates dans ses eaux.

Pour parer les attaques fréquentes de navires affrétés par le Programme alimentaire mondial, la France a dépêché, pour une durée de deux mois, un bâtiment chargé d’escorter ces cargaisons humanitaires. Lors de la dernière Assemblée générale de l’ONU, le président français avait appelé d’autres nations à faire de même.

Côté militaire, les navires de guerre de la coalition menée par les Américains préfèreraient lancer des attaques contre les bateaux des pirates, qualifiés de “bateaux-mères”. Ceux-ci naviguent en haute mer, comme de simples navires commerciaux ou des bateaux de pêche et lancent à la mer de petites embarcations rapides qui s’attaquent aux bateaux de commerce. Si les bateaux-mères sont rarement armés, les embarcations rapides, elles, comprennent souvent des missiles anti-char, des mitrailleuses et des lance-roquettes. Et les pirates les utilisent souvent en attaques groupées contre les bateaux marchands.

La difficulté pour la coalition est de repérer ces bateaux pirates. Un jeu du chat et de la souris qui, pour l’instant, semble plutôt réussir aux pirates somaliens qui continuent de mener de nombreuses attaques dans une des zones maritimes les plus dangereuses du monde. – CD

           


Il y a les morts de l’immigration Est-africaine aussi…
Golfe d’Aden, la traversée de tous les dangers

Janvier 2008, Les nouvelles d'Addis n° 60, Colette Delsol

On estime qu’en 2007 plus de 1.221 personnes ont trouvé la mort en tentant de rallier les côtes yéménites depuis Boosaaso (Puntland). Le Haut commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) évalue à 26.913 les Éthiopiens et les Somaliens partis à bord de 274 embarcations qui ont survécu à cette traversée.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) va lancer des opérations d’information et de sensibilisation tant auprès des autorités traditionnelles et locales au Puntland et en Éthiopie, que des candidats à l’exil afin de tenter d’empêcher ces tragédies. L’équipe principale de l’OIM et de ses partenaires sera basée à Boosaaso et mènera des missions de sensibilisation à Garowe (Puntland), principal point de transit pour les Somaliens arrivant de Mogadiscio, et à Burao (Somaliland), principal point de transit depuis l’Éthiopie.

Les migrations vers le Yémen concernent des adultes et des mineurs qui sont les principales victimes des traites. La plupart des émigrés éthiopiens viennent de régions rurales et une action particulière doit être menée auprès de ces communautés.

Reste une inconnue de taille, quelle action sera menée contre les passeurs à terre et en mer. On sait la cruauté de ceux-ci qui n’hésitent pas à jeter à l’eau leurs passagers et à frapper ceux qui tentent de résister. L’interception de leurs embarcations par les gardes-côtes ou les navires croisant dans le golfe semble très aléatoire. Autre point d’interrogation, la motivation des candidats à l’exil. On imagine bien qu’ils ne partent pas le nez au vent et que c’est bien pour des raisons essentielles et vitales qu’ils sont prêts à quitter leur pays. Situation économique désastreuse ou état de guerre, ils tentent à nouveau leur “chance” quand ils ont échoué une première fois. L’un des eldorados pour les migrants est l’Arabie saoudite où ils pensent tous, sinon faire fortune, vivre mieux que dans leur pays. Les femmes y deviennent le plus souvent femmes de ménage, dans le meilleur des cas. Leurs droits y sont quasi inexistants et les abus fréquents. L’un des objectifs de l’OIM et du HCR est d’informer les candidats à l’exil sur leurs droits, mais quel sera le poids de leurs exigences quand ils poseront le pied en Arabie saoudite ou ailleurs ? Un immigré à qui on a retiré ses papiers devient aisément un esclave, par crainte d’être renvoyé dans son pays.

Dans le golfe d’Aden comme ailleurs, les exilés connaissent bien souvent les conditions de leur voyage, mais ils sont prêts à courir ce risque pour eux et leur famille. Les passeurs le savent et s’enrichissent. Et le golfe d’Aden sera la dernière demeure de nombreux Éthiopiens et Somaliens, comme la Méditerranée celle d’autres Africains. – CD

        


Archives Les nouvelles.org et Les nouvelles d'Addis
Les pirates au large des côtes somaliennes
Le terrorisme dans la zone Afrique de l'est-mer Rouge

           

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002-Décembre 2005
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La recrudescence d’actes de piraterie maritime sur les côtes somaliennes pourrait être une nouvelle stratégie d’Al-Qaïda

000-Mars 2005
Terrorisme : état des lieux en Afrique de l’Est

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