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Quand la France semblait découvrir un vieux problème :
il y a des pirates au larges des côtes somaliennes
7 AVRIL 2008
Il aura fallu que les pirates somaliens sattaquent à un voilier français pour que la presse occidentale, et française en particulier, (re)découvre le phénomène. À croire que le sort dun yacht, qui plus est qualifié de luxueux, et de son équipage, est plus intéressant pour les médias que le pillage régulier des cargos du PAM qui pourtant prive de nourriture plusieurs milliers de Somaliens. Le risque présenté par ces attaques était tel que dès novembre 2005, le Programme alimentaire mondial décidait de privilégier la voie terrestre pour lacheminement de son aide en Somalie. [1-VALR] Dautre part, à la même période, le Bureau maritime international (IMB) donnait pour consignes aux navires croisant dans la région de ne pas sapprocher des côtes somaliennes à moins de 200 miles. [2-TERRO] Car les pirates semblaient augmenter davantage leur rayon daction au point de séloigner considérablement des côtes. Un élément qui, selon certains experts, laisserait penser quun ou plusieurs navire(s) amiral(s), coordonnerai(en)t les attaques.
Le seul répit constaté dans ces attaques a été durant les quelques mois de 2006 où les Tribunaux islamiques avaient pris le contrôle dune grande partie du pays dont notamment Haradere, considérée comme la base principale des pirates somaliens. Les actes de piraterie ont repris de plus belle après que les islamistes aient été chassés du pouvoir par les troupes éthiopiennes agissant sur ordre des États-Unis. Ces derniers gardant un très mauvais souvenir de la Somalie (Cf. fiasco de la mission Restore Hope) préférèrent usés de supplétifs.
Curieusement la présence renforcée de navires de guerre étrangers, et notamment américains, dans la zone, na pas permis de faire cesser ces exactions. Encore récemment, le 18 mars 2008, larmateur danois dun remorqueur russe avait dû sacquitter dune rançon de 700.000 dollars pour pouvoir récupérer navire et équipage retenus par des pirates depuis plus dun mois.
Quand la marine américaine est capable, après avoir repéré, identifié et localisé le téléphone dun membre présumé dAl-Qaïda, de tirer plusieurs missiles de croisière contre un village somalien, elle serait incapable de déjouer les attaques de pirates. Ces derniers, avec ou sans navire amiral, doivent forcément communiquer entre eux. Difficile de croire quavec les différents moyens découtes terrestres et/ou mobiles présents dans la région, il ne soit pas possible de localiser et mettre hors détat de nuire ceux qui ne sont en fait que des bandits oeuvrant au profit de seigneurs de guerre non moins malhonnêtes. Car si un temps lombre dAl-Qaïda a plané sur ces activités, il semble bien, pour le moment du moins, que le terrorisme islamique soit bien étranger à ces actions. Pour preuve les exigences des pirates qui se bornent à échanger équipages et navires contre rançon, après avoir consciencieusement pillé les cargaisons.
Cependant la multiplication de tels actes, leur apparente impunité ainsi que leur médiatisation pourrait très bien donner de mauvaises idées à des partisans de Ben Laden et consort. AC
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