DJIBOUTI / DROITS DES FEMMES
Lépouse du président djiboutien prend fermement position contre lexcision
(3/02/2005, Deutsche Welle)
Mettre lexcision définitivement hors la loi, cest lobjectif de la conférence qui sest ouverte hier à Djibouti, pour lélimination de ce que lon appelle les MGF, c'est-à-dire les mutilations génitales féminines. Les politiques et les Imams se sont succédés à la tribune. En tout, 300 invités du monde entier qui sont venus réclamer la ratification du protocole de Maputo, un document signé en 2003 sous légide de lUnion africaine. Un document qui condamne lexcision mais qui na été ratifié que par six pays jusquici.
Martin Schulthes, lun des organisateurs de la conférence, membre de lorganisation Pas de paix sans justice, une ONG très impliqué dans la lutte contre les mutilations génitales :
MS : La question cest que tout simplement cest une charte de droit de la femme qui est quand même très ample qui ne parle pas que des mutilations génitales féminines. Il y a aussi des droits sur la liberté par rapport à la contraception qui sont stipulés, donc cest aussi quelque chose qui porte directement sur la question de lémancipation de la femme, et ça cest une question qui a toujours nécessité des efforts particuliers.
DW : Alors on a vu hier la femme du chef de lÉtat djiboutien, elle-même, prendre la parole pour dénoncer très fermement les mutilations génitales féminines. Cest assez osé dans un pays où 98 % des femmes ont été mutilées ?
MS : Cest vrai que cest une position très ferme, très décidée, qui na aucune ambiguïté.
DW : La position du gouvernement cest que cela doit être abandonné. Alors si des imams, des cheikhs et des théologiens musulmans sont venus se joindre à cette conférence, en clair cest pour rejeter tout fondement coranique aux mutilations génitales féminines ?
MS : Il ny a pas dinterdiction dans le Coran, la mutilation nest pas prévue, même si on fait référence à une intervention plus légère. Cette mutilation plus légère doit être en fait délaissée parce que la référence au devoir de préserver la santé est prioritaire. |