SOMALIE / FORCE DE PAIX
Mogadiscio : Manifestations contre le déploiement dune force armée non musulmane en Somalie
(16/02/2005, La voix de la république islamique dIran)
La composante djiboutienne et éthiopienne de la force africaine de paix, en Somalie, a fait descendre, le 14 février dans les rues de Mogadiscio, quelque 3.000 personnes ; manifestations qui emboîtaient le pas à celles qui ont eu lieu le 11 février, en protestation contre le déploiement sur le territoire somalien, de contingents non musulmans de la force africaine de paix.
Dans un tel contexte, le plus important responsable religieux de la Somalie a prévenu quil naccepterait pas le déploiement dune force de paix à laquelle participeraient des pays de la corne de lAfrique, ce qui donne aux manifestations de lundi une couleur politique. Djibouti et lÉthiopie sont en effet accusés dêtre intervenus dans la guerre civile qui a ravagé le pays, quoiquils aient de nombreuses affinités culturelles et ethniques avec les Somaliens.
Lhostilité contre Addis-Abeba est beaucoup plus grande, les Somaliens ne pouvant pas oublier de sitôt le souvenir amer de la débâcle de 1997, fruit dune guerre qui avait opposé la Somalie et lÉthiopie, se disputant la région de lOgaden, au sud-est éthiopien ; dautant plus que les rumeurs sur le soutien dAddis-Abeba au gouvernement de transition dAbdallahi Yousef, a exacerbé les sentiments anti-éthiopiens des Somaliens, quoique les seigneurs de la guerre aient exprimé leur appui au gouvernement par intérim et quils aient donné leur aval au déploiement dune force africaine de paix dans ce pays.
Dès sa désignation, en décembre, par les députés du parlement provisoire, Abdallahi Yousef a appelé lUnion africaine à expédier ses forces dinterposition en Somalie. Le chaos qui règne depuis octobre à Mogadiscio, a contraint les forces africaines de paix à franchir les frontières somaliennes et à sinstaller au Kenya. Nairobi insiste pourtant sur le retour des forces dinterposition à Mogadiscio.
Originaire du Puntland, Abdallahi Yousef a besoin du coup de main des forces dinterposition pour sinstaller dans la capitale dun pays dépecé, depuis 1991, entre les seigneurs de la guerre qui disposent plus de 600.000 miliciens armés et qui nont pas lintention de désarmer de sitôt. |