017
ÉTHIOPIE-ÉRYTHTRÉE / FRONTIÈRE
Bruit de bottes à la frontière éthio-érythréenne
(10/12/05, La voix de la république islamique dIran)
Des bruits de botte résonnent dans les déserts érythréens. Depuis qu'Asmara a exigé le départ des personnels américains, canadiens, européens et russes de la mission des Nations unies, les risques d'une reprise du conflit aux frontières avec l'Éthiopie sont bien réels, d'autant plus que l'intéressé [le président érythréen ?, ndlr] semble résolu, comme jamais auparavant, d'aller jusqu'au bout de ses intentions. De l'avis des analystes, cette mise au ban partielle de l'ONU signifie, dans les faits, la fin du contrôle de 25 kilomètres de ligne frontalière commune avec l'Éthiopie où les tensions sont, depuis quelque temps, trop vives ; plus précisément depuis que l'Érythrée se sent victime d'un refus « prémédité » des grandes puissances d'imposer à son voisin de l'ouest la décision tant attendue de la commission frontalière indépendante. Créée en l'an 2000, celle-ci avait fini, en effet, à l'issue de moult débats, par céder à l'Érythrée la souveraineté de Badmé, port symbolique, situé sur les côtes de la mer Rouge. Or, trois ans plus tard, les positions des forces éthiopiennes dans la dite ville demeurent inchangées, Addis-Abeba bénéficiant du capital de sympathie affiché à son égard dans les capitales occidentales. A vrai dire, dans le prétendu combat qu'ils mènent contre le terrorisme dans la région stratégique de la corne de l'Afrique, les États-Unis réservent un traitement de faveur à l'Éthiopie, ainsi que le reconnaît le journal conservateur Christian Science Monitor. Reste à savoir laquelle des deux perspectives répondrait davantage aux intérêts à long terme de l'oncle Sam : celle de maintenir un statut quo qui opte pour le juste milieu, en imposant aux deux parties des sanctions, ou celle, plus probable, d'allumer la mèche d'un second conflit érythro-ethiopien, quitte à replonger toute la région dans le chaos. |