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Les brèves de mars
Mars 2001


COLETTE DELSOL
colette.delsol@lesnouvelles.org


Les épileptiques ne sont pas des esprits du diable. Pour faire passer ce message, une campagne est lancée en Éthiopie par le FIC (Future International Consulting) et l’ESAE (Epilepsy Support Association of Ethiopia). Le but est de faire sortir l’épilepsie de l’obscurantisme. Pour de nombreux malades (et d’une partie de la population), cette maladie est la manifestation d’une présence diabolique, dont ils ont honte et qu’ils essaient de dissimuler.

Près de 400.000 Éthiopiens souffriraient de cette maladie et 97% d’entre eux ne recevraient aucun traitement.

La campagne vise donc à mieux faire connaître l’épilepsie auprès des professionnels de santé et des éducateurs, afin de sensibiliser les malades et les amener à consulter.


Grèves. Certains arrêtent, d’autres continuent, d’autres menacent. Les quelque 2.000 employés de Midroc construction qui avaient entamé une grève le 24 février dernier, ont repris le travail le 21 mars. Selon les syndicats, même si un accord a été trouvé avec les dirigeants de l’entreprise, les négociations se poursuivent. Les salariés se seraient engagés à travailler dur pour combler le retard dû à la grève. Voilà un signe de bonne volonté.

Par ailleurs, 2.000 employés de l’EEPC (Ethiopian Electric Power Corporation) qui travaillaient sur le projet hydroélectrique Gilgel Gibe se sont mis en grève le 5 février. Lors d’une rencontre avec les responsables du projet qui s’est tenue le 16 mars, ils ont décidé de poursuivre la grève tant que leurs revendications n’auront pas été prises en compte. Celles-ci concernent entre autres des augmentations de salaires, des services médicaux et des logements ainsi que la réintégration d’employés licenciés abusivement, selon eux. Le chef du projet, Alberto Benela accepte de négocier mais demande que les salariés reprennent d’abord le travail. La situation semble un peu bloquée.

Du côté de la compagnie aérienne éthiopienne, Ethiopian Airlines, les rapports sociaux sont extrêmement houleux. Le syndicat ouvrier demande, entre autres, des augmentations de salaires, la communication du rapport financier et la réintégration de travailleurs licenciés « illégalement ». Les responsables syndicaux portent de graves accusations contre la direction de la compagnie (corruption, détournements de fonds…). Ils ont en outre fixé un ultimatum aux dirigeants, au-delà duquel ils menacent d’installer des piquets de grève pour interdire aux dirigeants d’accéder aux locaux de la compagnie.


L’Éthiopie ratifie l’acte constitutif de l’Union africaine. La Chambre des représentants de la République fédérale démocratique d’Éthiopie a ratifié l’acte constitutif de l’Union africaine, lors de sa XXIème session ordinaire du 8 mars 2001. Le document paraphé ensuite par le Premier ministre, Mélès Zénawi a été transmis au secrétaire général de l’OUA, le Dr Salim Ahmed Salim. L’Éthiopie devient donc le trente-deuxième État membre de l’Union africaine. L’Acte constitutif deviendra effectif dès la déposition de la ratification du trente-sixième État.


La MINUEE rempile pour six mois. Six mois, c’est le temps supplémentaire qui a été accordé le 15 mars, à la Mission des nations-unies en Érythrée et en Éthiopie, par le Conseil de sécurité de l’Onu pour superviser l’application de l’accord de paix, signé par les deux pays à Alger, le 12 décembre 2000.

L’Onu demande cependant aux deux (anciens) belligérants d’activer les processus, en particulier en ce qui concerne le redéploiement de leurs forces. Selon Kofi Annan, l’Éthiopie aurait terminé son retrait mais l’Éryhtrée aurait arrêté de redisposer ses troupes. Cette dernière conteste le redéploiement éthiopien, ne le jugeant pas conforme aux accords passés. En termes clairs, ils ne seraient pas où il faut. C’est sur cette base que le gouvernement érythréen a suspendu son propre redéploiement.

Le Conseil de sécurité insiste sur l’urgence de la création de la zone temporaire de sécurité et à cette fin, sur la collaboration entre les deux pays et les services spécialisés de l’Onu, en matière de déminage. Elle rappelle aussi leur obligation en matière de facilitation des opérations de démarcation et de délimitation de la frontière. Il semble que la commission chargée de ces dernières opérations n’ait pas encore reçu les financements des deux pays, pourtant prévus par l’accord d’Alger. Sans doute peu optimiste sur ce financement, le Conseil de sécurité demande à la communauté internationale de contribuer au Fonds spécial volontaire qui a été créé pour faciliter cette délimitation.

La MINUEE restera donc sur place jusqu’au 15 septembre 2001, en espérant que d’ici là les choses auront avancé ou, pour ce qui concerne les anciennes troupes ennemies, reculé. -- CD


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