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La discussion est parfois vive dans le mabraze…

Lire toutes les Chroniques du mabraze

Le mabraze est la pièce dédiée à la cérémonie du khat, un lieu d’échanges et de convivialité, l'endroit le plus accueillant de la maison. (*)

Tout naturellement on y refait le monde ou on parle de la famille, des amis, du pays.

Un polémiste se livre pour nous à ce difficile exercice démocratico-critico-familial. En toute liberté, évidemment.


Espace de libre expression, cette rubrique est publiée sous la responsabilité de l'auteur.
Le contenu du texte n'engage pas la rédaction des nouvelles.org


(*) Le khat (ou qat en arabie du sud, tchat en Éthiopie) est un alcaloïde dont on mâche les feuilles. Il procure une légère sensation d’euphorie, coupe la faim et la fatigue. Dangereux pour les dents et le système nerveux, il crée une dépendance psychologique.
Chronique du mabraze

DAF, l’homme à abattre

Où l’auteur polémique avec un internaute djiboutien qui qualifie systématiquement DAF de "délinquant", un peu comme on dirait "monsieur" mais vraisemblablement avec des arrière-pensées.


MOHAMED QAYAAD

Est-ce que ça change vraiment les choses d’annoncer que DAF (1) est un futur leader au lieu de "délinquant" ? Pour un propagandiste iogiste (2), la réponse est non, pour un(e) djiboutien(ne) averti(e) et lucide, la réponse est oui.
Il est utile de te rappeler, Weah, que les exigences de compétence, de probité et de vérification ne sont pas nécessairement l’apanage de tes écrits. Il est tout à fait juste de dire que tes écrits abolissent les intermédiaires.
Pire, les faits – ou plutôt les propagandes iogistes que tu nous (djibnautes) (3) apportes – sont virtuels mais ils se donnent pour une réalité biaisée.
Faut-il prendre la réthorique officielle au pied de la lettre ? En pratique, elle manque de clarté et de logique. À titre d’exemple : aurait-on empêché un fou ou un délinquant de participer à une fameuse conférence (4), la réponse est non… car IOG aurait tout à gagner s’il était vraiment un délinquant…

Qui surtout, s’est intéressé au sort de la famille de DAF, ses biens spoliés ? aucune estimation avancée. Aucun mot n’a été prononcé pour rendre le moindre hommage, exprimer le moindre regret, ô combien symbolique ! à sa famille, ses proches déçus dans tous leurs espoirs, plus que jamais écrasés, dominés, d’une impudente simplicité, du sabre et du goupillon.

Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, de nier ses défauts, mais de noter pourquoi un tel harcèlement contre un "délinquant" ? Est-il dangereux pour le peuple djiboutien ? J’en doute fort… La vérité est ailleurs…
Enfin, que nous apprennent-elles, les grandes histoires religieuses et littéraires ? Une vérité est la même vérité.
Cet homme ô combien courageux ! fait voir trop la vérité, démasque trop souvent les actes de ministres larbins et trop facilement.
Il est un fardeau assez lourd et assez haïssable, dont le président parrain cherche à se débarrasser… Par quels moyens ????? La réponse est évidemment connue d’avance et constitue la preuve manifeste que « l’affaire DAF » n’est qu’une vaste machination politique ourdie de toutes pièces.

Jamais IOG ne s’autodétruirait parce que l’un de ses sbires aurait transgressé les résolutions de son "veau d’or" – les injustices, le clientélisme, la corruption généralisée et le népotisme du clan militaro-technocratiques…
DAF poursuivi en justice par un de ses ministres n’est qu’un paravent grossier, les objectifs poursuivis ont été tout autres (maître Aref est bien placé pour le savoir) : empêcher d’informer les Djiboutiens(nes), entretenir le masque d’opacité sur la gestion de la chose publique etc., c’est la véritable vocation d’assourdir, d’abrutir.

Le peuple djiboutien n’a-t-il pas le droit d’être informé ? (je parle bien de l’information utile). De qui se moque-t-on ?
L’information est exigence de sobriété et de dépouillement, le souci de vérité et d’objectivité dans les discours ont pour conséquence la liberté, dans le refus de toute censure.

DAF n’est pas dupe, il sait trop à quel point ceux qu’il a si bien sondés désirent le réduire au silence et que les pseudo-procès ne sont que prétextes pour mieux le faire condamner d’une simple interdiction assortie de menaces pires de la manière la plus radicale qui soit : la mort…

Cher Weah, il faut que nous apprenions à chasser toutes passions démesurées, ne pas aller contre les tendances naturelles qui sont conformes aux exigences de la raison.
Victimes de passions illégitimes, nous en venons à vouloir conformer le monde à nos désirs. Mais encore faut-il savoir ce qui dépend de nous – ce sont notre jugement sur la réalité, nos opinions sur les êtres, notre compréhension, notre attitude a l’égard de nos tendances. Tout cela devrait être régi par une morale rigoriste qui imposerait au sage une fermeté de caractère à toute épreuve.
Sinon cela relèverait du démentiel ou d’une perversité délibérée. Comparaison n’est pas raison, si DAF est un délinquant et fou, IOG doit être un kleptomane et un fabulateur éhonté. Que soit traité comme un délinquant le fait nous informer est déjà en soi surprenant, si l’on y réfléchit.
Ce n’est pas seulement injuste, c’est d’une atroce absurdité, d’une bêtise consternante, qui rend comiques les gesticulations d’un régime agonisant à tel point d’en mourir de honte…
Les calomnies ont fait tant et si bien leur chemin dans l’esprit de certains Djiboutiens qu’il me paraît improbable de rétablir la vérité et de persuader que son attitude n’est pas celle d’un délinquant, encore moins celle d’un fou. Si DAF le parvenait « ce serait merveille ».

Très amicalement (5). – MQ

PS. Ceci est un message de soutien à tout Homme épris de justice, de liberté…


(1) Daher Ahmed Farah, président du Parti du renouveau démocratique de Djibouti et directeur du journal le Renouveau. DAF est inculpé depuis le 10 juin 2001 pour « recel de soustraction d’actes publics  », ès qualités de directeur de publication, sur initiative du ministre djiboutien des Finances et de l’Économie, suite à la publication par le Renouveau de deux mandats de payement d’un montant total de six millions (6.000.000) de francs djibouti au profit du ministre des Finances et de l’Économie, Monsieur Yacin Élmi Bouh.
(2) "Iogiste", laudateur de "IOG", le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh.
(3) "Djibnautes", nom que se sont donné les participants au forum de discussion de www.djibnet.com.
(4) DAF s’est vu présenter une opposition à sa sortie du territoire national djiboutien, alors qu’il était invité par le gouvernement des États-Unis d’Amérique. Il se rendait à Washington pour participer, en qualité d’opposant, à une réunion sur le thème de la « transition pacifique et démocratique ».
(5) Il est comme ça, "Mo". Toujours très respectueux… Il étrille consciencieusement quelqu’un sur un forum, puis il le salut « très amicalement ».

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