Les délires de maître Aref
La chambre de Me Aref frappe par son dépouillement.
C'est là qu'il dort ou se repose. À présent, il s'ennuie.
Sa défense me paraît fade, insupportable somme toute.
Un Aref démodé, décadent, qui n'étonne plus, poseur mondain, un apprenti sorcier ampoulé. Peut-être. Le style ? Trop limpide pour faire date, bon pour les manuels scolaires.
Il s'affiche avec force comme différent, par son comportement, sa manie. Il fut fréquemment ridiculisé, montré du doigt par son ex-bourreau IOG. Il est pour lui-même son principal centre d'intérêt et il ne s'aime pas.
Lui qui dit ne pas s'aimer ne fuit jamais l'objectif, dans toutes les tenues, avec ou le regard au loin, badin ou sévère.
Qu'est-ce qui lui (Me Aref) fait le plus peur ? Les chiffres ou la réalité d'actes jusqu'alors cachés car trop honteux à dévoiler ou à reconnaître ? Depuis que le silence s'est levé sur l'horreur de ces agressions sur le juge Borrel, le nombre de cas révélés par les écrits de la presse internationale ne cesse d'augmenter.
Il a bien du mal à faire taire ce qui risque d'entacher son honorabilité et sa crédibilité.
Avez-vous réfléchi au pourquoi un agresseur choisissait telle victime plutôt que telle autre ? Avez-vous remarqué que souvent ces mercenaires (Adouani, Awale Guelle, colonel Mahdi, Hassan Said et leur commanditaire IOG) rejouaient avec leur victime la même scène qu'eux-mêmes, enfants, ils avaient subie ? Est-il acceptable de penser qu'un agresseur puisse attendre de sa victime le « NON » qu'il n'a jamais pu dire, dans le même contexte de violence ?
En tout cas, ce ne sera jamais à l'aide de chiffres et de statistiques que la problématique d'Aref se résoudra.
C'est vraiment scandaleux. Me Aref est à blâmer pour sa négligence et son irresponsabilité est la cause principale de la recherche du mensonge.
De même, on note une plus grande "agressivité" chez lui que chez ses détracteurs : et pour cause, il a besoin d'en montrer bien plus qu'eux, pour oser être un intellectuel terroriste outre le fait qu'à comportement agressif égal, si l'on peut dire, un homme passe pour un furieux là où une femme est vue comme dynamique et entreprenante.
Il y avait là de quoi choquer plus d'un bien-pensant. Au contraire, il fut honoré, respecté, décoré, comme protégé par son pseudonyme magique.
Au-delà des frasques mercantiles de Me Aref, la question est donc d'interroger, dans son combat d'arrière-garde, la part de l'authentique et de l'inexorable.
Un vieux pitre délabré absent de lui-même et qu'on roule à son tour dans la farine comme il en a fourni lui-meme la recette.
Tous (les Djiboutiens[nes]) ont leur part dans la farce macabre de ces derniers jours. On spécule sur ses nombreux revirements testamentaires.
D'après ses interventions sur RFI, Me Aref n'est déjà qu'un fantoche bien avant de devenir malade, produit mécaniquement des autopastiches lucratifs, mais ne crée plus, n'invente plus, ne fait que se maintenir à peu près à la hauteur clownesque où il s'est hissé publiquement.
Aussi bien qu'il répète sur RFI, avec cette diction caricaturale devenue un poncif pour ses imitateurs : « Je suis fou d'IOG ! » Pourquoi pas ?
Il a écrit de nombreux et fumeux ébats devant des auditoires épatés d'avance, venus voir le maniaque narcissique grisonnant faire son numéro sur le bizarre à la portée de tous, prestations pour lesquelles il prend soin de chausser des chaussures trop petites qui le meurtrissent (« Dans mon cas personnel, la souffrance physique [comme le mal de dents] accroît et fortifie la manie oratoire »).
Et alors ? À qui la faute, à Aref ou à l'époque ? Une grande opération alchimique s'est réalisée, certes, mais dans quel sens ? Car il y eut un temps de prodiges pour lui, sans quoi on n'en parlerait même plus.
Je veux me prouver que je ne suis pas le Me Aref mort, mais le vivant. Comme dans le mythe de Castor et Pollux : « En tuant mon ex-bourreau, j'ai gagné pour moi l'immortalité », écrit-il.
Sa phobie de la vérité devient préoccupante, un motif de raillerie pour ses condisciples.
C'est la période où il élaboré sa théorie "paranoïaque-critique", qu'il définit comme une « méthode spontanée de connaissance irrationnelle, basée sur l'association interprétation-critique des phénomènes délirants ». Son combat d'arrière-garde découle de cette méthode, exprimant son architecture de fantasmes et de phobies sur le mode d'un rébus d'images librement associées, avec un soin du détail, une application dans le trompe-l'il, qui rassurent les collectionneurs les moins aventureux.
On peut détester Me Aref. Mais, qu'on le veuille ou non, on ne peut plus imaginer le visage et les couleurs de Djibouti sans lui.
Il abandonne la réalité pour la fiction, pour glisser vers le style de vie artificiel, il était prévisible que les esthétiques fusionnent. Au détriment de qui ? De l'art, qui devient "la simple scène du spectacle".
Faute de pouvoir être, le paraître fait bien l'affaire !
Aref symbole et martyr d'une expérience étrange, unique, poursuivie avec une opiniâtreté folle ou géniale. D'une extravagance inspirant un mépris mêlé d'effroi.
On connaît les abîmes qui succèdent à de tels envols : quand sa réplique paraît dans l'indifférence générale, il en fait une maladie nerveuse qu'on prend pour une rougeole. De cet éblouissement, il ne se relèvera pas, cherchant jusqu'à sa mort à la retrouver, en vain. Aref ne cessera plus de convaincre, sans jamais rencontrer le succès.
La tentation du suicide le presse, à la mesure de la déception de sa vie virtuelle. Décidé à quitter la scène politique djiboutienne, il part pour une destination inconnue. Depuis des jours, il se drogue aux barbituriques, dont il avale des quantités excessives, dans l'espoir de retrouver, sa gloire perdue.
Les Djiboutiens feignent de ne pas s'en étonner.
Ils sont habitués aux frasques d'Aref, en ont déjà vu d'autres. Sans doute lui sont-ils aussi reconnaissants d'aérer de ses caprices spectaculaires le conformisme de leurs propres vies. De quoi frapper les imaginations et laisser de longs souvenirs.
Aref se trouve, dans le même état de perdition humaine, peut-être à peine plus désespéré, et ne trouve pour satisfaire son besoin de reconnaissance que le recours à la folie meurtrière. Une autre façon de faire parler de soi et de se retrouver à la une de la presse internationale.
Il me paraît évident qu'il s'est volontairement précipité dans cette mascarade confondant l'estime de soi avec l'estimation de soi. Il y a donc méprise. Il ne s'agit plus de l'être humain et de sa dignité, mais d'une mise aux enchères de personnes en tant qu'objets exposés avant la vente.
Ce chaos, personne ou presque jusqu'ici ne voulait le nommer, de peur peut-être, d'être accusé d'obsolescence. À présent, on peut le dire : « Le roi est nu ! » (Et il faut une grande malhonnêteté intellectuelle pour prétendre le contraire.)
Liberté, que de crimes nous commettons en ton nom !
Je pourrais poursuivre la litanie, elle est accablante. Mais cela suffit.
Doit-on, par tant, sétonner si Aref, en particulier, comme les Djiboutiens en général, ont le sentiment que Mohamed Qayad est fort mal placé pour arbitrer entre les deux parties ?
Qu'est-ce que c'est que ce pouvoir mortifère qui se complaît dans les assassinats des Djiboutiens(nes), et qui justifie l'inacceptable jour après jour avec une outrecuidance criminelle et qui a l'infâme arrogance de nous traiter de je sais quoi quand on ose timidement protester contre cette conduite indigne ? Qu'est-ce que c'est que ce Aref hypocrite qui manie avec tant de virtuosité le bouclier de l'anti-Moi quand on veut juste lui rappeler que depuis quelques jours, il reproduit à dose homéopathique l'horrible injustice dont il a souffert ? Je suis farouchement anti-Aref. Je ne suis en rien anti-Moi.
Selon les témoins, Borrel a été assassiné par des Djiboutiens ripoux. Ainsi, de deux choses lune : ou bien Aref veut diaboliser les témoins, ou bien, dune façon plus sinistre encore, les décideurs d'Aref ont-ils eu une sorte de lapsus freudien, trahissant par là le fait quils sont parfaitement au courant des circonstances de la mort du juge Borrel.
Question fondamentale, non pas pour pleurer sur nous-mêmes, mais pour trouver le moyen de sortir de ce monde absurde que nous avons engendré.
Peut-être devrions-nous nous réjouir de voir Me Aref, somme toute relativement inoffensif, offrir une échappatoire ludique au sentiment d'insignifiance éprouvé par la jeunesse moderne. Car n'est-ce pas l'indécence suprême, à l'heure où se jouent tant de drames humains à travers la planète.
Car tout ceci est ridiculement marginal, terriblement dérisoire, et sans la moindre importance humaine ou culturelle. Cette célébrité de pacotille où l'insignifiance intellectuelle le dispute à l'égotisme le plus débridé ne changera pas la face du monde, et ne laissera fort heureusement aucune trace dans l'histoire. MQ