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La discussion est parfois vive dans le mabraze…

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Le mabraze est la pièce dédiée à la cérémonie du khat, un lieu d’échanges et de convivialité, l'endroit le plus accueillant de la maison. (*)

Tout naturellement on y refait le monde ou on parle de la famille, des amis, du pays.

Un polémiste se livre pour nous à ce difficile exercice démocratico-critico-familial. En toute liberté, évidemment.


Espace de libre expression, cette rubrique est publiée sous la responsabilité de l'auteur.
Le contenu du texte n'engage pas la rédaction des nouvelles.org


(*) Le khat (ou qat en arabie du sud, tchat en Éthiopie) est un alcaloïde dont on mâche les feuilles. Il procure une légère sensation d’euphorie, coupe la faim et la fatigue. Dangereux pour les dents et le système nerveux, il crée une dépendance psychologique.
Chronique du mabraze. Débat élections législatives

Une campagne électorale « antidémocrate »

En réaction à un article de La Nation (qui relatait avec gourmandise une charge de Ali Aref Bourhan, ancien président du Conseil de gouvernement, contre Ahmed Dini Ahmed) (1), Ahmed Ibrahim s’interroge sur « la progression de la campagne électorale à Djibouti », fustige la politique « politicarde » et polémique sur « ce fameux Ali Aref ».


AHMED IBRAHIM

Il serait intéressant de jeter un regard furtif sur la progression de la campagne électorale à Djibouti. Il est d'autant plus intéressant que, par le hasard des choses, des campagnes électorales similaires se sont achevées ou sont en cours de progression dans la région. Ces campagnes qui, dans des environnements divers, nous montrent que la démocratie n'est ni le fruit de la richesse, ni celui du système en place mais plutôt de la valeur du patriotisme et du savoir-faire des hommes et des femmes qui l'exercent. Ces deux campagnes électorales, l'une vient de s'achever au Kenya, et l'autre est en train de battre son plein au Somaliland voisin.

À Djibouti, il se déroule une campagne électorale et, malheureusement, la ressemblance s'arrête là. À Djibouti, le mot démocratie est plus un vœu pieux qu'un exercice de masse. Un bon nombre de Djiboutiens voudraient bien donner le bénéfice du doute à ce plagiarisme du système politique français, où certains, faute d'imagination, n'ont pas trouvé mieux que de se donner comme patronyme "UMP", à l'instar du célèbre parti politique de France. Malheureusement, leurs actes et comportements les trahissent, au fur et à mesure que les organes d'information du pays nous inondent quotidiennement de leurs gesticulations campagnardes.

Ostensiblement, la confiance aux Djiboutiens n'est pas l’apanage de ces personnages hétéroclytes, candidats aux sièges de l'Assemblée nationale. Ils savent que le constat de leur échec est si accablant que l'opposition (s'il y en a une) n'a pas besoin d'en faire une démonstration de force. Leurs discours pathétiques ne sont que des coquilles vides, qui rabachent des arguments usés et démodés. Leur crédibilité est à l'image de ces Moumin Bahdon, Aden Robleh et même, oh ! grande surprise, de ce fameux Ali Aref, à propos duquel il est important de s'attarder.

Ali Aref est un personnage inique, et c'est à la fois extraordinaire et paradoxal que lui et Dini se fassent face encore une fois dans l'arène du peuple djiboutien. À défaut d'être en prison pour crime contre le peuple djiboutien, il se la coule douce sous le soleil de la mer Rouge, au frais en partie de sa mère patrie et commanditaire la France, ainsi que de ses victimes d'autrefois : le peuple djiboutien. De plus, il est ironique et triste de constater que par l'entremise de son journal (La Nation), le RPP héritier du LPAI dont Dini et Gouled sont les fondateurs, en réaction à la politique d'épuration ethnique imaginée et exécutée par Ali Aref dans les années soixante, de se mettre à réviser l'histoire et de l'orienter d'une facon malicieuse contre l’un des pères libérateurs de notre pays : Ahmed Dini. Cette politique politicarde, cynique et diffamatoire ne convainc pas les Djiboutiens. Ils s'en contre-fichent des état-d'âme des dinosaures de l'hitoire. Dini n'est pas un homme parfait, loin s'en faut, cependant l'histoire lui reconnaîtra que sur le chemin de notre indépendance, il avait affronté héroïquement les sbires de Ali Aref et de la France, conjoints dans leur lutte contre notre peuple. Il est exécrable et minable de la part du RPP, héritier du LPAI, enfant de Gouled et de Dini, de jeter l'anathème sur Ahmed Dini et de lui attribuer les crimes d’un autre. Il serait utile pour la jeune génération de rappeler que, concernant Ali Aref, ses actes lui avaient valu à l'époque la condamnation unanime de la communaute internationale : OUA, Ligue Arabe et ONU, ainsi que sa condamnation à mort par coutumance par l'ex-République de Somalie.

Si le niveau de leur débat et la qualité de leurs personnages sont les preuves, l'UMP – pas celle de Paris mais sa copie non-conforme de Djibouti – doit être dans une situation désespérée et peu enviable. Même si ce n'est une surprise pour personne, si, et je dis bien “si”, il y a un brin de démocratie à Djibouti, l'opposition (s'il en existe une) ou ce qui en tient lieu, pourrait emporter une large portion des sièges. – AI


(1) [Note de la rédaction] – Sous le titre "Le président de l’UMP à Arhiba : une leçon de démocratie", La Nation du lundi 6 Janvier 2003, reproduit des extraits du discours du vendredi 3 janvier de M. Ali Aref Bourhan, ancien président du Conseil de gouvernement, « qui ne s'embarrasse pas de nuances » (cf. La Nation), et brosse « un tableau plutôt sombre de la longue carrière politique de M. Ahmed Dini ».
Ali Aref s’exprimait dans le cadre de la campagne officielle de la majorité présidentielle, il est intéressant de le noter. Dans ce discours, il n’aurait « laissé transparaître aucune animosité particulière à l'endroit de Dini », assure La Nation, qui précise néanmoins que « ce fut un lynchage en règle »… Aucune animosité ou lynchage en règle ?

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