ÉTHIOPIE / PROPRIÉTÉ DE LA TERRE
Planète à vendre (Arte) :
Réflexion concernant la terre, le peuple, les affairistes
Simone Marsal a regardé lémission Planète à vendre, sur Arte, diffusée le 19 avril 2011. Retour sur images. Voici son cri en faveur des paysans démunis, pour que cesse cette monstrueuse traite des terres.
SIMONE MARSAL
LES NOUVELLES DADDIS
PUBLIÉ LE 26 JUIN 2011
Cétait bien la première fois que je me réjouissais dune émission à la télé ! Peut être parce que je me suis sentie personnellement concernée ; réaction très subjective mais combien humaine ! Cette émission, cétait sur Arte le mardi 19 avril à 20h40, intitulée « Planète à vendre ».
On voyait les terres des pays pauvres convoitées par des investisseurs étrangers aux dents carnassières. En particulier, lEthiopie, dont le gouvernement central, pour une « poignée de dollars », cède des pans de terre à des affairistes dont le but est de faire des plus values avec une production intensive de plantes, très souvent OGM.
Cet Indien producteur de roses, dont les serres sétalent sur plusieurs hectares, je les ai vues en traversant la zone. Et en entendant le discours de cet individu, une rage folle ma envahie, rage de lentendre discourir sur les bénéfices quil faisait, sur ce quil comptait continuer à faire, alors quil dépossède de leurs terres des milliers dautochtones, quil ne reverse rien aux paysans démunis, quil paie une guigne les ouvriers agricoles qui travaillent pour lui, et quil détruit le substrat de la terre que lon lui laisse gérer. Tout ça avec une morgue, un « je men foutisme », un « après moi le déluge » peint sur son visage poupin.
Les larmes me sont montées aux yeux.
Eh oui, car jai le bonheur et le malheur de connaître une partie de cette population, lethnie Afar, qui se voit elle aussi dépossédée de sa terre, le long de la rivière Awash.
Jai écrit, il y a déjà deux ans, un texte sur ce sujet, car javais été sensibilisée à leur détresse. En effet, sans concertation, le gouvernement central dEthiopie donne la terre, et les habitants de la région se voient repoussés, délogés, sans contrepartie et sont donc réduits à la famine ou bien à la révolte.
Alors si Stéphane Hessel clame : « Indignez-vous ! », moi je crie : « Révoltez-vous ! », pour que cesse cette monstrueuse « traite des terres ». SM