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Éthiopie / Société / Commerce informel

Rencontre avec Tamerat Tadesse

Un jeune orphelin qui a "choisi" de vivre dans la rue et qui réussit à faire des "économies" sur les recettes de ses petits boulots.

 


PROPOS RECUEILLIS PAR
NATNAËL
(CLUB JOURNAL LGM)

 

(Janvier 2001) – Tamerat Tadesse est un orphelin de 14 ans. Voici une interview que notre collègue a obtenue de lui.

BÇV. -- Où sont tes parents ?
Tamerat. -- Je ne sais pas où est ma mère. Elle travaillait dans un tella biét à Debre Markos, Gojame. Elle m’a mis au monde et elle s’est enfuie. Mon père est à Debre Markos, c’est un paysan. Il vit avec ses deux enfants.

BÇV. -- Pourquoi tu n’habites pas avec ton père ?
T. -- Avant je vivais avec la patronne du tedj biét. Mais elle s’est noyée. Alors j’ai été obligé de rejoindre mon père. Mais après une semaine je ne me sentais pas à l’aise chez lui. Donc, je suis venu à Addis-Abeba. Il y a trois ans que je suis là maintenant.

BÇV. -- Tu te sens donc plus confortable à Addis-Abeba et d’être orphelin que de rester avec ton père à Debré Markos.
T. -- Oui, je me sens mieux à Addis que de rester avec mon père. Car là-bas il me faut travailler du matin au soir sans arrêt. J’étais en colère donc je suis venu à Addis.

BÇV. -- Comment vis-tu à Addis, maintenant ? Où dors-tu et que fais-tu ?
T. -- Je dors sur Churchill Road avec mes six amis. Je mendie surtout aux étrangers qui viennent acheter des bijoux ou autre chose. Je garde aussi les voitures qui viennent stationner et je gagne une somme d’argent.

BÇV. -- Combien gagnes-tu ?
T. -- Je gagne des fois de 10 à 15 birr par jour mais s’il y a du travail à faire, je ne gagne que 2 birr par jour.

BÇV. -- Qu’est-ce que tu manges ?
T. -- Le matin je mange du pain que j’achète à 25 centimes, à midi je mange de l’enjera à Hope Enterprise [ONG éthiopienne] à 1,50 birr. Je ne mange pas à mon dîner.

BÇV. -- Tu économises ?
T. -- Oui, j’économise jusqu’à 5 birr pour moi-même, je suis chanceux !

BÇV. -- Est- ce qu’il y a quelqu’un ou une organisation qui t’aide ?
T. -- Non, il n’y a personne qui m’aide en ce moment. Mais il y deux ans une étrangère payait pour mon école, me nourrissait et m’habillait. Mais maintenant elle a quitté le pays, donc j’ai arrêté l’école puisque je ne peux pas payer.

BÇV. -- Merci.
T. -- De rien.

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