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Éthiopie / Société / Urbanité

Propreté de la ville, amélioration du cadre de vie, image urbaine

L'association de Gash Aberra Mola, chanteur, travaille à l'embellissement de la capitale éthiopienne avec des enfants des rues.

 


NAMOUNA & FEVEN
(CLUB JOURNAL LGM)

 

(Janvier 2001) – Addis-Abeba est en train de changer, de plus en plus ces derniers temps. Des associations privées essayent d’améliorer la ville dans différents secteurs, ce qui est presque impossible au niveau gouvernemental. Sileshie Demissie, dit Gash Aberra Mola, un chanteur éthiopien habitant aux États-Unis, a décidé d’intervenir dans ce domaine de la propreté de la ville. Son mouvement concerne particulièrement le ramassage des ordures et l’aménagement des jardins, notamment celui du ras Mekonen qui va bientôt être terminé (d’ici deux mois) et qui est vraiment magnifique. Nous l’avons interviewé. – N & F

BÇV. – Quand l’idée de gérer le service de nettoyage et d’aménager les jardins vous est-elle venue à l’esprit ?
Gash Aberra Mola. – J’y ai pensé il y a deux ans. Je voulais changer la mentalité des gens, les initier à prendre soin de leur entourage.

BÇV. – Comment vous y êtes-vous pris ?
GAM. – On a tout d’abord pris en tutelle treize mille élèves qui à leur tour ont enseigné à d’autres et les ont lancés dans ce mouvement.

BÇV. – Comment recrutez-vous ces jeunes gens ?
GAM. – Ce sont des enfants de la rue qui sont payés de cinq à dix birr (1) par jour et qui gagnent ainsi leur vie.

BÇV. – Leur réhabilitation ne crée-t-elle pas de problèmes ?
GAM. – Si, en effet, mais ces problèmes ne sont pas très importants. D’ailleurs ils assument de mieux en mieux leur responsabilité.

BÇV. – Combien d’employés comprend votre personnel ?
GAM. – 35 à 40 personnes.

BÇV. – Que faites-vous exactement ?
GAM. – Je… [Un passant crache sur le trottoir jouxtant le jardin. GAM le réprimande pour cela.] Je fais placer des poubelles qui sont vidées de temps en temps et qui sont replacées par la municipalité. D’autre part, j’aménage les jardins. Pour cet embellissement, nous utilisons des matériaux recyclés [pots de fleurs en bidon !].

BÇV. – Est-ce-que… [Un monsieur passe avec son âne, GAM lui crie : « Ne passe plus par ici sinon j’attache tes pieds avec les pattes de ton âne ! »] Est-ce-que la société vous soutient ?
GAM. – Non, pas tellement mais leur mentalité est en train de changer et ils commencent déjà à apprécier ce qu’on fait.

BÇV. – Comment organisez-vous le financement ?
GAM. – L’ambassade néerlandaise et quelques organisations privées nous aident. On pense faire de la terrasse de ras Mekonen Dildiye une source de revenus s’il est possible de la vendre à un particulier.

BÇV. – Avant de finir, pouvez-vous nous éclairer sur l’origine de votre surnom ?
GAM. – C’est un personnage connu pour ses comptines, mais j’ignore s’il a existé réellement. C’est mon nom de scène car je suis aussi chanteur.

BÇV. – Merci.


(1) Début janvier 2001, 1 birr = 0,85 FFR ou 0,12 $US environ.

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