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Djibouti / Politiques

Daher Ahmed Farah : « À Djibouti, le souci de réappropriation populaire de l’idée d’État nous paraît fondamental et doit imprégner toute action publique digne de ce nom. »

Dans un entretien accordé aux Nouvelles d’Addis, Daher Ahmed Farah, dit "DAF", président du Parti du renouveau démocratique de Djibouti et directeur du journal le Renouveau parle de son mouvement, évoque la procédure judiciaire dont il fait l'objet, et donne son point de vue sur l’Accord de réforme et de concorde civile signé entre le Frud-armé et le gouvernement.

 


PROPOS RECUEILLIS PAR
ALAIN LETERRIER

 


Mais qui donc est DAF ?

Daher Ahmed Farah, dit “DAF” (les Djiboutiens, depuis plus de dix ans maintenant, le nomment par ses initiales) a 39 ans, c’est un enfant des quartiers populaires de la ville de Djibouti.

Après un baccalauréat de Lettres et de Philosophie, DAF s’engage dans l’armée sur concours. Il lui faut temporairement renoncer à poursuivre ses études à l’Université, pour soutenir la nombreuse famille dont il est l’aîné. Il y passe sept ans et quelques mois, période au cours de laquelle il reçoit l’instruction militaire d’officier (à Saint-Cyr, en France) et une formation universitaire à la gestion des administrations et des entreprises (à l’université de Reims, toujours en France). DAF sert ensuite à la Direction de l’instruction de l’état-major des armées ; puis, démissionnant dès janvier 1991 de l’institution militaire, il se lance dans la politique, après un bref passage sulfureux au journal public la Nation, dont il fut le rédacteur en chef

Membre fondateur du Parti du renouveau démocratique (PRD), principale formation de l’opposition civile, légalisé le 12 septembre 1992 dans le cadre de la Constitution du 4 septembre 1992, il est l’un des principaux collaborateurs du président fondateur, Mohamed Djama Élabé. Réputé sérieux et dynamique, il se jette à fond dans le combat pour la démocratie et s’affirme comme une figure emblématique du PRD.
Responsable des questions de communication, codirecteur de publication, rédacteur en chef de l’organe de presse de son parti, le Renouveau, mais aussi coanimateur du cabinet présidentiel et animateur de terrain,… DAF semble se battre sur tous les fronts à la fois.

Peu après la disparition, en novembre 1996, du président fondateur Mohamed Djama Élabé, c’est vers lui que se tournent les militants, pour diriger son parti.
Sa nomination intervient à un moment fort difficile. À l’approche des secondes élections « pluralistes » du 19 décembre 1997, le régime, qui semble paniqué par la montée en puissance du PRD, engage une campagne d’élimination de la principale formation de l’opposition civile. Le PRD est décrété illégal en mai 1997 ; et un groupuscule de quelques adhérents ralliés au régime est officialisé en ses lieu et place.

DAF, qui symbolise la résistance au régime, devient alors la cible des foudres du pouvoir : harcèlement, menaces en tous genres, emprisonnements, famille et partisans malmenés, etc.

Huit jours après la première partie de notre entretien, Daher Ahmed Farah s’est vu présenter une opposition à sa sortie du territoire national djiboutien par la Police de l’air et des frontières (PAF).
Invité par le gouvernement des États-Unis d’Amérique, M. Farah se rendait à Washington pour participer, en sa qualité d’opposant, à une réunion sur le thème de la « transition pacifique et démocratique », dans le cadre du « Programme visiteurs » (5-25 août 2001). [Lire la dépêche MDP, DAF empêché de quitter le territoire national]

DAF c’est aussi un enseignant engagé dans l’enseignement privé djiboutien, avec un établissement d’enseignement primaire et secondaire dénommé “Effort”, qu’il a fondé en 1994 et qu'il anime depuis. L'école est aujourd'hui menacée de fermeture par le régime.

C'est aussi un écrivain, qui a notamment à son actif le premier roman francophone djiboutien paru en 1993 chez L’Harmattan (Paris), sous le titre de Splendeur éphémère. – AL

 


(Entretien au téléphone et par courriers électroniques, 26 juillet-30 août 2001)

Le PRD : la réalité du mouvement, ses positions politiques, sa relation au pouvoir.

LNA. – Pouvez-vous ressituer le PRD dans le paysage politique djiboutien ?
Daher Ahmed Farah. – Le Parti du renouveau démocratique (PRD) est né du rejet du monopartisme fossoyeur, du refus de la logique de guerre dans l’approche du problème de la guerre civile ; il agit pour la paix civile, la démocratie et le développement. Né sous l’appellation initiale de Mouvement pour la paix et la réconciliation (MPR), avant de se faire légaliser sous sa dénomination actuelle, le PRD s’est formé autour de feu Mohamed Djama Élabé, l’un des rares ministres (il a démissionné du gouvernement le 14 janvier 1992) à jouir d’une réputation d’intégrité et de compétence et à posséder une stature nationale et internationale.

Très rapidement, le PRD s’est affirmé comme le principal parti d’opposition, affolant le régime. Aux premières élections dites pluralistes du 18 décembre 1992, le PRD s’est vu crédité de 25% des suffrages, ce qui est bien entendu en deçà de la réalité.
Situation rééditée au scrutin présidentiel du 7 mai 1993, où feu Élabé représentait le PRD. En fait, n’eût été la fraude et la manipulation des chiffres, le PRD aurait obtenu des résultats à la mesure de son véritable poids politique et il aurait même battu le parti au pouvoir.
Fait éloquent, le PRD demeure toujours, malgré l’acharnement du régime à son encontre, le principal mouvement politique. Sa vie de parti est réelle et son implantation ainsi que son audience sont nationales. Le Renouveau, son organe de presse, est la seule publication qui, depuis sa naissance en octobre 1992, s’est imposée par sa régularité et son sérieux, malgré la modestie de ses moyens.

Sans prétention, on peut dire que le PRD est une valeur sûre du paysage politique djiboutien.

LNA. – Quelles sont les finalités et stratégie de votre mouvement ?
DAF. – Les objectifs du PRD sont la concorde nationale, la démocratie et le développement économique et social. Sa stratégie de combat est la lutte politique (conscientisation et mobilisation populaires) et diplomatique (sensibilisation de l’opinion et de la communauté internationales sur la gravité de la situation générale à Djibouti).
Plus clairement, nous proposons aux Djiboutiens, par-delà le traitement d’urgence pour arrêter l’hémorragie généralisée, un projet politique qui vise à se réapproprier l’État et à le remettre à leur service, c’est-à-dire au service d’un développement économique et social harmonieux. Le peuple doit apprendre à être acteur et maître de son destin. Il doit savoir que le patron c’est lui ; que les gouvernants sont à son service – et qu’ils sont passibles de sa sanction, en cas d’échec dans la réalisation du contrat passé, c’est-à-dire du programme sur lequel ils se sont engagés.

Dans ce pays, le souci de réappropriation populaire de l’idée d’État, nous paraît fondamental et doit imprégner toute action publique digne de ce nom. Il place l’adhésion, la responsabilité, la transparence et l’exigence au cœur de la gestion des affaires publiques.
C’est sur ces bases-là que nous pensons qu’est possible l’édification d’une société consciente d’elle-même et de son devenir, démocratique et fraternelle, prospère et paisible. Une société dont le capital humain soit valorisé et épanoui et le développement économique harmonieux et bien assis, notamment sur sa vocation de forte place commerciale et financière.

LNA. – Quelles conditions mettez-vous à la participation du PRD au pouvoir ? Dans le cadre de quel type de coalition gouvernementale ?
DAF. – Le PRD défend des valeurs et idéaux nobles tels que la justice sociale, la concorde civile, la démocratie et le développement. L’exercice du pouvoir n’est donc pas pour nous une fin en soi, poursuivie pour lui-même et les avantages indus que l’on peut en tirer. Il s’agit d’un moyen de mettre en œuvre nos convictions et de servir l’intérêt général. Or, dans le contexte politique djiboutien, où le pouvoir en place a confisqué l’État et ne conçoit les choses que sous l’angle de la vassalisation et de la prédation du bien commun, l’idée même de participation au gouvernement nous paraît absurde.

LNA. – Quelles garanties de bonne fin économique et démocratique offrez-vous ?
DAF. – Nous ne voyons pas de meilleures garanties de bonne fin que notre sincérité, notre sérieux, notre passion du bien public et notre esprit démocratique.

 


Le journal le Renouveau et les problèmes judiciaires de son directeur. – Les mesures contre son épouse. – Les questions de la liberté de la presse à Djibouti. – La position de l'ODU.

LNA. Vous êtes sous le coup d’une procédure judiciaire à Djibouti, en qualité de directeur de publication du journal le Renouveau. Quels sont les faits qui vous sont reprochés ?
DAF. – Je suis inculpé depuis le 10 juin pour recel de soustraction d’actes publics. Il s’agit en réalité de deux mandats de paiement émis au profit du ministre des Finances et de l’Économie, M. Yacin Elmi Bouh, que nous avons publiés dans les colonnes du Renouveau le 7 juin 2001. La publication de ces documents a déplu au ministre en question et au régime et nous a valu une procédure judiciaire. Alors que cette publication est conforme à la loi organique (à valeur constitutionnelle), portant sur la liberté de la communication qui dispose que l’accès aux documents administratifs est libre. Il n’y a pas que moi, directeur de la publication du Renouveau, qui suis sous le coup de cette procédure, il y a également des agents du Trésor, dont deux notamment, Mohamed Sougueh Waiss et Hachi Abdillahi Ahmed, qui ont été mis en garde à vue et placés sous mandat de dépôt, comme moi, à la triste prison de Gabode, où nous avons passé deux jours.

LNA. – Quel est précisément le chef d’accusation ?
DAF. – Me concernant, c’est le recel de soustraction d’actes publics. C’est comme si nous avions dérobé des documents administratifs.

LNA. – Ce chef d’inculpation est très subtil. Le Ministre doit avoir un conseil juridique très averti, non ?
DAF. – En effet, il a trouvé un bon conseil en la personne de Maître Aref (1). C’est le juge d’instruction lui-même qui m’a reçu mardi dernier [24 juillet, ndlr], pour un interrogatoire au fond, qui me l’a confirmé. Il m’a dit que Maître Aref s’est constitué partie civile dans cette affaire, pour Yacin Elmi Bouh, le ministre des Finances. Un autre avocat djiboutien, que je connais bien, Maître Mohamed Ali Fouillé s’est, lui, constitué pour l’État de Djibouti.

LNA. – Vous n’êtes resté que deux jours à Gabode…
DAF. – Deux jours, oui, au dépôt. Il a dû se passer quelque chose, car précipitamment on nous a libérés tous les trois. C’est-à-dire les deux agents du Trésor et moi-même. Pour votre information, l’un des deux agents du Trésor est diabétique et on craignait peut-être pour sa santé.

LNA. – Selon nos informations, votre libération serait due à un appel de M. Dini (2), de Paris où il séjournait pendant cette période. Vous confirmez ou pas ?
DAF. – Sincèrement, je n’ai pas demandé confirmation de cette information. De plus, M. Dini était effectivement à Paris au moment de mon arrestation. Je ne lui ai pas demandé s’il avait fait des démarches auprès du gouvernement. Mais je me disais qu’il ne pouvait pas faire autrement. Compte tenu de l’accord qui venait d’être signé et du caractère plutôt arbitraire de mon arrestation, je pensais qu’il ne resterait pas inactif. Ce qui est sûr, par contre, c’est que son vice-président [du Frud, ndlr], Chem Daoud, qui lui était à Djibouti, a fait des démarches. Il a notamment pris contact avec le Premier ministre ; il serait également intervenu, me dit-on, auprès du chef de la Sécurité. À Djibouti, c’est la sécurité nationale qui prime sur tout.

LNA. Avez-vous quelque chose à ajouter sur cette procédure contre le Renouveau ?
DAF. – J’ai été entendu au fond par le juge d’instruction qui doit normalement entendre les autres inculpés, à savoir les agents du Trésor, et transmettre les dossiers à la chambre correctionnelle pour l’audience.

Mais ce qui est très grave et confirme, si besoin est, le caractère arbitraire et politicard de cette affaire, c’est que cette affaire s’est répercutée sur mon épouse Anissa Barkat Soubagleh, qui n’a pourtant rien à voir avec cela. Elle est agent de l’État, à la sous-direction des recettes directes au ministère des Finances, un service qui n’a rien à voir avec le Trésor. Elle a été immédiatement suspendue. L’article est paru le 7 juin, elle a été mise à l’écart le 11 juin, de manière illégale, par son directeur. Alors que c’est le Ministre qui doit mettre à l’écart un fonctionnaire, conformément au statut général des fonctionnaires, et en cas de faute grave seulement. Il faut donc d’abord constater la faute et après mettre le fonctionnaire en question à l’écart. Ce qui enclenche une procédure assez longue puisque, comme vous le savez, nous avons un peu repris le système français qui accorde une bonne protection aux fonctionnaires. Rien de tel n’a été fait. Pire, dans la foulée, le 10 juin, le traitement de mon épouse a été bloqué. Elle se retrouve donc sans traitement, alors qu’à cette date elle devait toucher son salaire de janvier 2001. Tous ses salaires de 2001 sont bloqués et en plus une procédure de révocation semble engagée contre elle. Tout cela est arbitraire, bien sûr. Elle a écrit au Premier ministre, Monsieur Dileita Mohamed Dileita, au ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, Monsieur Mohamed Barkat Abdillahi, qui a en charge la fonction publique. Pour le principe, nous engageons une procédure devant la chambre du contentieux administratif.

LNA. – La mesure qui a été prise contre votre épouse a donc un effet rétroactif, puisqu’elle porte sur des salaires dus antérieurement au 11 juin 2001 ?
DAF. – Tout à fait, ce qui est totalement arbitraire. Mais de toute façon, la mise à l’écart elle-même ne peut pas avoir d’incidence sur les traitements du fonctionnaire, même en cas de faute grave. C’est la procédure qui doit déterminer s’il doit être révoqué ou si d’autres sanctions doivent être prises contre lui.

LNA. – Quel est l’état de la presse à Djibouti ?
DAF. – [Rires] La presse ici est vécue par le système comme une menace, elle est crainte. Il n’est, bien sûr, pas question de l’aider, de la subventionner ; même pas question qu’elle ait droit de cité. Le Renouveau à lui seul a subi et resubi le régime. Récemment, dans une autre affaire contre le chef du district de Djibouti, le titre a été suspendu pendant trois mois ; j’ai été inculpé de diffamation, de diffusion de fausses nouvelles. C’est toujours le même arsenal répressif. L’état de la presse à Djibouti, j’en ai rendu compte à plusieurs reprises à Reporters sans frontières (RSF). Ils en ont parlé dans leur rapport annuel. Il n’y a pas d’autres mots : c’est lamentable !

LNA. – Dans votre affaire, je n’ai pas vu de soutien de RSF ; on a l’impression qu’ils sont plus virulents concernant la situation de la presse en Éthiopie, non ?
DAF. – Oui, peut-être. J’ai eu au téléphone le responsable Afrique de RSF. Je lui ai raconté tout cela et ils m’ont promis de rester en contact. Peut-être comme nous ne sommes pas restés longtemps en prison, deux jours, n’ont-ils pas jugé utile de le faire ou peut-être concentrent-ils leurs tirs ailleurs. Je n’ai pas cherché à entrer en contact avec eux non plus. On leur envoie le Renouveau à chaque fois qu’il paraît, pour les tenir informés. J’étais représentant de RSF à Djbouti, mais je n’ai pas renouvelé, je ne suis pas très formaliste. Je suis donc un correspondant bénévole de RSF ici.

LNA. – Peut-on parler de ce rôle de représentant bénévole de RSF ?
DAF. – Oui, on peut en parler. En 1999, quand j’étais à Gabode, ils m’ont soutenu et ils m’ont envoyé Maître Ferdinand Djammen Nzepa, l’avocat du barreau de Toulouse qui nous a défendus ; nous étions trois. Cette lutte pour la liberté de la presse fait partie des combats que nous menons.

LNA. – Le site de la Nation (3) [http://www.lanation.dj] a fait un lien avec celui des Nouvelles d’Addis, qui ont publié pourtant des entretiens avec des opposants djiboutiens. Le régime devient plus libéral, non ?
DAF. – [Rires] De temps en temps, cela leur arrive de faire quelques petites choses. Ils imaginent que cela va leur attirer la sympathie. Depuis quelques semaines, il y a comme ça des entretiens avec des personnalités, des ministres, des ambassadeurs… Avec le temps, il est vrai que nous poussons, nous poussons, nous insistons et l’opinion apprécie de plus en plus ce que nous faisons. À tel point que la Nation a du mal à se vendre ! Ils sont donc obligés de temps en temps de mettre un peu de piquant, mais le fond demeure. Pour eux, la Nation c’est l’organe du gouvernement et il ne doit servir que le gouvernement. Or c’est un service public…

LNA. – Pourquoi pas, s’il y a d’autres supports ?
DAF. – Je dois préciser que la notion de service public ici est souvent perdue de vue. Le gouvernement est confondu avec l’État. Il y a un an, Ismaël Omar Guelleh [président de Djibouti] lui-même, lorsqu’il faisait le bilan de sa première année de pouvoir, disait : « On ne peut pas être opposant si on ne peut pas être indépendant de l’État. » Pour lui, l’État c’est le gouvernement. Il y a cette confusion dans l’esprit des autorités.

LNA. – Votre mouvement est membre de l’ODU (4). Lorsque vous étiez en prison, il ne me semble pas qu’il y ait eu de communiqué de l’ODU pour demander votre libération ? Plus généralement, l’ODU n’est-elle pas un peu "longue" à réagir, ne peut-on parler de léthargie ?… Pourquoi ?
DAF. – L’ODU n’est pas un parti mais un cadre de concertation et de coordination des mouvements et personnalités de l’opposition. Elle n’est pas irréprochable mais elle a quand même du mérite. Et dire qu’elle ne m’a pas soutenu lors de mon dernier emprisonnement n’est pas conforme à la vérité, car elle l’a fait. Maintenant, il est vrai que l’ODU a besoin d’être redynamisée.

 


L’Accord de réforme et de concorde civile.

LNA. – Quelle est la position du PRD sur l’Accord de réforme et de concorde civile (5) et quelles sont, selon vous, les conditions de sa réussite ?
DAF. – La position du PRD sur l’Accord de réforme et de concorde civile est qu’il consacre des avancées démocratiques importantes : multipartisme, décentralisation, mécanisme de transparence électorale – avec la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante –, réforme du Conseil constitutionnel, protection des libertés publiques, etc. Mais tout cela ne vaut que si c’est traduit dans les faits, c’est-à-dire appliqué. Et pour qu’il soit appliqué, il faut nous battre. Oui, sans mobilisation de l’opposition, de la société civile et du peuple djiboutien avec le soutien de la communauté internationale, le régime ne voudra pas appliquer cet accord car l’ouverture démocratique n’est pas pour le rassurer. L’accord est là, c’est une victoire mais une victoire, d’étape. Il faut maintenant obtenir son application effective par le pouvoir. Ce qui est une autre paire de manches.


(1) Aref Mohamed Aref, avocat, défenseur des droits de l’homme.
(2) Ahmed Dini Ahmed, président du Frud (ex-armé). Nous lui avions appris la nouvelle de l’incarcération de DAF lors d’un entretien à Paris.
(3) Bi-hebdomadaire gouvernemental.
(4) ODU, Opposition djiboutienne unifiée.
(5) Accord signé le 12 mai 2001 à Djibouti, entre le Frud-armé et le gouvernement djiboutien.
Entretiens politiques concernant Djibouti

Jean-Paul Noël Abdi,
président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH). Paris, 8 juillet 2001


Hassan Mokbel,
président de l’Association pour la démocratie et le développement à Djibouti (ADD). Paris, 18 avril et 7 mai 2001


Ahmed Dini Ahmed (1),
président du Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie (Frud-armé, Djibouti). Paris, 14 février 2000


Ahmed Dini Ahmed (2),
président du Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie (Frud-armé, Djibouti). Paris, 12 juin 2001


Ahmed Dini Ahmed (3),
président du Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie (Frud-armé, Djibouti). Paris, 26 décembre 2001


Ahmed Dini Ahmed (4),
président du Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie (Frud-armé, Djibouti). Paris, 18 juin 2002


Mohamed Kadamy,
délégué du Front pour la restauration de l'unité et de la démocratie (Frud-armé, Djibouti) en Europe. Paris, 27 octobre 2000


Aref Mohamed Aref,
avocat et défenseur des droits de l'Homme. Paris, 29 mai 2001


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