(Paris, 25 juin 2001)
LNA. Vous êtes lhéritier dHenry de Monfreid. Il y a différentes façons de soccuper dun héritage. Il y a la façon protectionniste, où les héritiers par exemple interdisent des republications
Quelle est votre façon de gérer ce fond ? Et dabord quel est ce fond ?
Guillaume de Monfreid. Le fond est énorme parce quil concerne au moins trois grandes entités artistiques : la littérature, la photographie, la peinture. On sait que Monfreid a été écrivain mais on oublie quil a été photographe et on oublie un peu quil a été peintre aussi, à des degrés divers évidemment. Cest sûr quon ne va pas comparer Monfreid à Gauguin ou à je ne sais qui, mais il a eu une palette dexpression extrêmement large.
Mon but, si but il y a, cest de faire connaître la vie dHenry, qui a été très bien remplie. Jai entendu des gens dire quils avaient vécu sept vies
En tout cas, lui les a vraiment vécues ces sept vies ; tout ce quil a fait, il la fait à fond. Lécriture il la faite à fond, il a écrit beaucoup de choses. Il ne nous reste plus beaucoup de nouveautés à faire paraître, en cette matière, sauf les lettres quon a publiées, il y a peu de temps qui apportent vraiment un éclairage nouveau sur son tempérament. La photographie, jy travaille, ce nest pas facile parce que Monfreid est relativement incompris en matière photographique.
Henry photographe
LNA. Quest-ce que le fond photographique représente ?
GDM. Plusieurs centaines de photos sur plaques de verre. Des dizaines et des dizaines de bobines 24 x 36, des dizaines de boîtes en stéréo noir et blanc sur verre
Évidemment, tout nest pas dun intérêt fantastique, mais il y a de très très belles photos. Ce nest pas un photographe au sens de Doisneau ou de Cartier-Bresson, par exemple, qui vont faire la photo pour la photo parce quil y a un angle, une lumière, un noir et blanc
Mais Henry a un il suffisamment exercé au plan artistique pour, quand il est en reportage, par exemple en Éthiopie, lors du conflit italo-éthiopien, faire quelques photos qui ne sont pas spécifiquement des photos de conflit, très belles graphiquement, dans les noirs, dans les aplats, dans le graphisme dun arbre, dans des contrastes entre les gens et les fourrés qui sont derrière. Il y a de très belles choses. Cest cela que jessaie de mettre en valeur.
LNA. Quelle est larticulation entre la photo et luvre littéraire de Monfreid ?
GDM. Au début, il prenait des photos comme on faisait avant la guerre de quatorze (on allait dans un pays étranger et, sans être forcément géographe, on prenait des photos). Donc, Monfreid prenait des quantités de photos, pour faire connaître le pays aux deux ou trois personnes qui lui étaient chères en France (à qui il adressait les fameuses lettres), et à qui il envoyait aussi des photos. Au début, cétaient des photos stéréo. Après, cet intérêt pour la photo sest relativement estompé, une fois découvertes un certain nombre de choses en Éthiopie.
Il a retrouvé plus tard lintérêt pour la photo parce quelle lui permettait, en plus des cartes marines quil avait et qui étaient fausses ou incomplètes, de prendre des vues de montagnes, de silhouettes
pour avoir des points de repère et pouvoir se repérer en mer Rouge, pour filer dans un endroit où il sera sûr que le bateau douanier ne le suivra pas, parce que le douanier a une aussi mauvaise carte que lui, mais quil connaît moins bien le coin que lui
Oui, dans certaines passes, ce nétait pas évident
Donc, ces photos-là servaient pour le repérage ; pas pour la géographie, pour son usage à lui. Dailleurs, il y a des moments où il se dit, à propos dune carte : « Je ne suis pas sûr de reconnaître ce pic » ; parce quil suffit dun quart de degré et vous changez de montagne, vous ne savez plus où vous êtes
Il a fait cela pour quasiment toutes les hauteurs de la mer Rouge. Jai des tas de photos des côtes. Toutes ne sont pas annotées, mais il savait où cétait. Cest le deuxième intérêt des photos dHenry : laspect documentaire, très personnel.
Le troisième aspect, cest laspect journalistique, la courroie de transmission. On lenvoie au Yémen pour la prise de pouvoir de Ibn Saoud, il y va avec un Leica. De même en Éthiopie, lors du conflit italo-éthiopien.
Henry journaliste
LNA. LNA. Journaliste ou autre chose
?
GDM. Journaliste. Alors, évidemment son journalisme dans le conflit italo-éthiopien nest pas innocent. Puisquil sest fait expulser dÉthiopie, peu avant par le Négus, cest pour lui un moyen dy retourner. Et cest un moyen aussi, parce que je pense quil est honnête intellectuellement, de montrer ce quil appelait « la duplicité du Négus », dont pourtant il était un grand ami. Quand il a découvert que le Négus avait un double langage, quil était malhonnête avec ses sujets et avec la communauté internationale (quil disait à la tribune de la SDN que lÉthiopie ne pratiquait plus lesclavage ni les sévices corporels alors que manifestement cela se pratiquait tous les jours), Monfreid a essayé de dénoncer tout cela et on la expulsé dÉthiopie. Évidemment, être à la suite des armées italiennes nétait pas non plus innocent de sa part. Cela létait dailleurs dautant moins quil était lenvoyé officiel du Petit Parisien (ce nétait pas une couverture, il devait faire son boulot). Mais ses articles, quand il arrivait à les envoyer en France, étaient parfois trop poétiques pour être effectivement des articles de véritable correspondant de guerre. Il ne faisait pas vraiment lanalyse de la situation politique, militaire ou autre de façon impartiale.
LNA. Monfreid nétait donc pas un vrai journaliste
GDM. Non, je ne dirais pas cela. Monfreid était un vrai journaliste mais il était avec ses idées à lui et avec les armées italiennes. Il y avait un autre journaliste à Addis, un autre à Londres et un autre à Genève pour voir ce que disait la SDN ; il y en avait un autre encore à Rome pour voir ce que disait lItalie
Mais dans les journaux, il y avait peu de papiers signés par Henry ; soit ses articles navaient pas plu, soit ils nentraient pas dans la logique du journal. Il est vrai quil était trop juge et partie dans cette affaire, cétait trop passionnel pour lui.
La gestion du fond Henry de Monfreid
LNA. Je vous ai interrompu dans la partie concernant votre manière de gérer le fond Monfreid. Souhaitez-vous y revenir ?
GDM. En ce qui concerne lécrit, il ny a plus dinédit, au sens où on lentend. Jai deux objectifs qui se traduisent par différents projets. Le premier est de continuer à mettre sur le marché les livres quil a écrits, mais de les présenter de telle sorte que cela corresponde à lattente des lecteurs daujourdhui. Cest-à-dire que quand un livre, comme Le lépreux, na pas limpact quon aimerait quil ait, quil soit regroupé dans un gros volume, avec dautres livres un peu différent, sous un nom générique (Aventures en mer Rouge, par exemple, pour un volume comprenant entre-autres Les secrets de la mer Rouge). Cest ce que nous avons fait il y a quelques années chez Grasset, et les gens sont satisfaits parce quils ont plus à lire. Lidée est la suivante. Vous prenez des gens dans la rue et vous leur dites : « Kessel ? ». Lun va vous répondre : « Le lion », un autre « Léquipage », etc., et vous récolterez ainsi trois ou quatre titres de Kessel. Vous faites la même chose avec Henry et vous navez quun seul titre cité : Les secrets de la mer Rouge ; alors quil en a écrit soixante-dix, les gens ne connaissent que celui-là. Vous faites la même chose à Londres, à supposer bien sûr quils connaissent Monfreid, les gens ne vous diront jamais : Les secrets de la mer Rouge, ils vous diront : Croisière du haschich
; pourtant Les secrets de la mer Rouge sont aussi traduits en anglais ! Pour moi, la difficulté cest de sortir Henry de Monfreid de lornière que sont Les secrets de la mer Rouge, cest-à-dire faire connaître les autres livres. Parce quil y a beaucoup dautres richesses.
Ces livres ont eu énormément de succès. Ce nétait pas une démarche malhonnête parce que les gens ont découvert des textes quils nauraient vraisemblablement pas lus si nous les avions publiés individuellement. Cela oblige à une réflexion qui nest pas toujours évidente avec léditeur, parce que pour lui cela représente des investissements. Mais cest intéressant parce que cela oblige à un recul sur lauteur, sur son uvre et à se demander comment il est perçu aujourdhui et comment son lectorat lenvisage.
Dans le même esprit, on a aussi édité la collection avec des dessins dHugo Pratt. Cétait une manière de présenter Monfreid dans une vision plus actuelle, plus moderne. Hugo Pratt a quelque chose à dire sur lÉthiopie (même sil ny a pas passé beaucoup de temps, puisquil y était étant jeune), et il dessine divinement bien, les couvertures ne sont pas mal. Lobjectif, là, est de conserver la modernité de Monfreid
LNA. Vous trouvez que cest moderne Monfreid ? À côté de Rimbaud, ce nest pas moderne du tout, cest un truc de vieux ! [Rire]
GDM. Vieux, Monfreid ?
Oui, vous avez raison, cest « un truc de vieux », quon naborde quà vingt ou à vingt-cinq ans
Mais pas quand on a quinze ans.
LNA. Cest faux. Ma seconde fille a lu Monfreid à neuf ans. [Rire]
GDM. Votre fille est une exception. Moi, mes filles nont jamais pu en lire une ligne. Maintenant je les vois arriver à un âge où on commence à sy intéresser et elles rencontrent des gens qui leur en parlent. En fait, on découvre Monfreid à un âge plus avancé que je ne le pensais ; ce sont des gens qui ont un peu vécu, un peu voyagé, vers vingt-cinq/trente ans. Il est rare quun jeune de douze ou quinze ans lise Monfreid. De plus, les filles le trouvent terriblement macho
Mais ce que je voulais dire, cest que son écriture est assez moderne. Quand vous prenez les livres dacadémiciens de la même époque, cest aujourdhui illisible. Alors que Les secrets de la mer Rouge, qui ont presque soixante-dix ans, peuvent se lire sans difficulté.
Le plus étonnant ce sont les préjugés terriblement lourds et injustes, totalement infondés
Et jen viens là au deuxième objectif : essayer de faire sortir Monfreid des préjugés que les gens peuvent avoir sur lui. Il y a tout un travail de fond qui a commencé, mais qui a un peu loupé, avec la biographie de Grandclément. Cela na pas vraiment arrêté les préjugés mais cela a eu le mérite déjà de donner une chronologie à peu près fiable. Par contre, cela na pas permis de faire ressortir les qualités humaines de lhomme, puisque le journaliste qui sest occupé de cela a eu une attitude, je ne dirais pas de policier, mais quil sest transformé en enquêteur. Il avait, en plus, une opinion avant de commencer, donc déjà cétait mal parti. Mais surtout : la vie dHenry est tellement riche, il y avait tellement de choses à voir, à recouper, que son livre est une somme prodigieuse de faits et de dates ; donc rien que pour cela, cest intéressant. On se demande comment Henry a pu faire. Lauteur dit quil na pas tout mis, quil navait pas la place ; il lui aurait fallu huit cents pages, mille pages
il a donc élagué. Donc ce livre a ce mérite davoir recadré Monfreid, dans sa dimension activiste. Mais cela a eu le défaut de ne le recadrer que dans cette dimension factuelle ; par contre, sa qualité humaine, ses relations avec les autres, là il ny a rien. Ou alors cest encore plus manichéen que dans les livres de grand-père : il y a le bon, il y a le méchant, point. Il y aussi quelques affirmations pas très fondées et peut-être un défaut : il ne cite pas précisément ses sources, ce qui rend difficile toute recherche.
Pour faire ressortir cette dimension humaine qui nexiste pas ou peu dans cet ouvrage, jai décidé, il y a deux ans, de publier les fameuses lettres de Monfreid, pour quon redécouvre sous un angle différent la qualité de lhomme, quon comprenne un être aussi riche et complexe que lui. Ce nétait pas un monstre, même sil na pas été facile à vivre. Il nétait pas un monstre dacier, une machine. En fait, cest un type qui a eu ses trouilles, ses peines, ses joies
Il ne le dit jamais dailleurs, il se transforme lui-même en machine. Jusquà la fin de sa vie, il a uvré dans ce sens. Mais maintenant, vingt-cinq ans après sa disparition, on peut dire des choses quon naurait pas pu dire au moment de sa mort, parce quon navait pas assez de recul et quil fallait que le personnage décante. Doù ces lettres. Cest donc lobjectif quon sest fixé maintenant. Doù aussi la publication dun album de photos, que jaimerais faire pour quon voie autrement la facette humaine et pas seulement le trafiquant darmes. Oui, il a été trafiquant darmes, mais bon
LNA. Trafiquant desclaves aussi
GDM. Il y en a qui disent ça aussi. Cest faux. Je fais des droits de réponse dans les journaux quand jentends ça. Mais justement, cela fait partie de ces préjugés.
LNA. On ma raconté une histoire, je ne sais pas si elle vous est parvenue. Lhistoire de pauvres gens ficelés à lancre du boutre et coulés pour que les douaniers ne les trouvent pas
GDM. Oui, cest vrai. Mais la réalité cest que Henry dénonçait cela, parce que des trafiquants desclaves le faisaient, ils coulaient le bateau dès quils étaient découverts.
Donc, il y a ce projet dalbum photo. Je suis en train de voir avec un éditeur. Je voudrais faire quelque chose dun peu mieux que lalbum qui est paru chez Arthaud, qui était un peu une redite dune biographie très générale. Il faudrait que ce soit mieux ciblé. À propos de photos, il faut savoir que jai fait faire des tirages spéciaux pour le musée dHarar ; il y a quatre ou cinq photos dHenry. Ce sont de très vieux clichés dHarar, très beaux, en stéréo, qui datent de 1911. On a fait cela avec Michel Perret. Donc ce fond photographique est intéressant aussi de ce point de vue, historiquement ou architecturalement, pour lÉthiopie.
Le musée Monfreid à Ingrandes (France)
LNA. Il existe aussi un musée Monfreid. Pouvez-vous dabord le situer sur la carte du monde ?
GDM. Ce musée cétait un rêve de grand-père. Mais vous avez raison, je vais le situer à sa manière à lui. Quand il était au Kenya, en 1947, il avait donné mission à sa seconde femme qui nest pas ma grand-mère, de lui trouver une maison en France, dans un coin paumé, où on ne viendrait pas lenquiquiner. Un endroit vraiment perdu, sur la route de rien. Cela sappelle Ingrandes ; cest près dune transversale qui va de Poitiers vers lest, vers Châteauroux. Cest un minuscule village très ancien, du XIVème, tout à fait classique des vieux villages français, avec un tout petit bout de château fort, une vieille église ; le tout resserré près dune rivière qui sappelle lAnglin
Quelques petites ruelles
Il y fait une chaleur écrasante lété ; il ny a pas de bruit, sauf quelques poulets le matin, cest tout à fait agréable. Cest lendroit rêvé quand on veut avoir la paix. Comme il ny a pas de train, aller à Ingrandes cest vraiment choisir dy aller, il faut faire un détour. Monfreid y a vécu près dune trentaine dannées, puisquil y est arrivé en 1947. Ce nest pas rien sur une vie de quatre-vingt-seize ans. À la fin de sa vie, cétait peut-être une idée de vieil homme, je ne me rends pas bien compte, il voulait faire un musée avec ses aquarelles. Il avait mis ça dans son grenier ; il y en avait plusieurs centaines. Honnêtement, cétait dune qualité très médiocre, parce quil sagissait daquarelles représentant le même sujet quil avait peint et repeint à lénième génération. Donc il y avait des sujets qui en étaient à la cinquième redite et, comme il copiait la génération davant, il perdait en qualité, en fraîcheur. Mais il y en avait une telle profusion que ce pouvait être amusant. Ensuite, tout cela a été dispersé parmi ses héritiers. Mais lidée du musée est restée, paradoxalement pas chez les héritiers mais chez les habitants dIngrandes. Surtout chez les élus, qui avaient envie de faire bouger un peu le village. Ils se sont dit quils avaient eu un grand bonhomme pendant trente ans dans leur village et que même sil sentait un peu le souffre et quil volait quelques pommes
LNA. Monfreid volait des pommes !?
GDM. Oui, il y en a qui ont dit quil volait des pommes.
LNA. Il cumule ! [Rire]
GDM. Peut-être, il cumule
Bon, enfin, les élus dIngrandes se sont dit quils allaient un peu récupérer le personnage et monter un musée. Honnêtement, je ne vous cache pas que je nétais pas chaud du tout, parce que je trouvais que cela ne correspondait pas du tout au personnage de le statufier, le muséifier, le figer dans un lieu qui commencerait déjà à sentir la poussière, les champignons et le moisi. Mais devant lenthousiasme de léquipe municipale qui déployait tant dénergie, jai accepté de jouer le jeu. Mais je leur ai demandé dêtre les acteurs de ce projet. Je ne voulais pas que ce soit un musée de la famille. Cest tout le contraire. Cest une association loi 1901, à laquelle nimporte qui peut adhérer, qui est gérée par des gens de la municipalité : il y a le maire, la femme du maire (qui est trésorière) ; Ingrandes est très impliquée là-dedans. Quant à nous, la famille, on a un droit de regard, parce quon a prêté un grand nombre de documents, cest donc la moindre des choses, mais a priori, nous ne sommes pas les acteurs de cette réalisation. Je ne dis pas que nous ne donnons pas des idées, on les aide du mieux quon peut, mais cest une association qui a sa propre vitalité. Le musée est mentionné dans tous les guides maintenant. Bien sûr, on a un peu de mal à vivre. Pourquoi ? Lune des raisons justement est que Ingrandes est inaccessible de partout : Monfreid avait trop bien choisi ! Donc, on a du mal à amener les gens, mais on y arrive quand même, parce quon est dans le Parc de la Brenne. Mais il est vrai que si nous avions fait ce musée à La Franqui, son village natal, on aurait cinq à dix mille visiteurs par an, cest évident. Alors quà Ingrandes, on arrive à un millier et on a du mal. Mais lavantage à Ingrandes, cest que les gens qui viennent au musée, ce sont vraiment des mordus. On narrive pas là par hasard, et quand bien même on est au centre de la France, tellement perdu, que tout dun coup de voir le musée Monfreid on est tout étonné. Le musée est aussi relié à toutes les maisons décrivains ; il y en a pas mal dans cette région, je pense à George Sand, par exemple.
Ce musée retrace un peu sa vie. Il y a des fusils, on a retrouvé des fusils Gras de lépoque. Enfin, on peut les voir, les toucher, ces fusils avec lesquels il avait fait de la contrebande. On approche un peu mieux lhomme. Et rien que pour ça, cest pas mal.