Éthiopie / Régions / Développement
Kadiga
Entretien avec une jeune féministe afar dÉthiopie
Kadiga est une jeune fille afar diplômée de sciences sociales à Addis-Abeba. Elle est lune des rares femmes afars à avoir suivi lenseignement supérieur et a avoir été employée dans sa région par ladministration de la santé éthiopienne.
Nous avons rencontrée Kadiga en marge dune réunion internationale de jeunes féministes tenue début octobre à Bagnolet (banlieue de Paris), à linitiative de la Fédération démocratique internationale des femmes.
Nous avons abordé le problème des mutilations sexuelles traditionnelles et les questions de sous-développement de la région afar, en matière de santé surtout mais pas seulement.
Les mutilations sexuelles traditionnelles sont un véritable fléau dans la corne de lAfrique ; elles sont pratiquées dans beaucoup de régions en Éthiopie (Afar, Somali, Oromo, SNNPS,
), avec plus ou moins de gravité. La question du développement de la région afar est cruciale. Il peut sétablir dans le cadre du développement global de lÉthiopie, mais certains dysfonctionnements demeurent. AL
PROPOS RECUEILLIS PAR KATIA GIRMA
& ALAIN LETERRIER
(Paris, 11 octobre 2001)
LNA. Est-il difficile pour les femmes éthiopiennes de sorganiser pour faire connaître leurs problèmes de femmes ?
Kadiga. Je ne voudrais pas parler uniquement des problèmes dexpression des femmes mais plutôt des problèmes qui se posent dune façon plus générale. Le premier point important cest le manque dencouragement au développement, au bien-être des gens, à leur santé
La région afar est impliquée dans des problèmes africains qui dépassent lÉthiopie mais elle est aussi impliquée dans des problèmes purement éthiopiens. Le premier problème cest que le gouvernement ne soutient pas assez cette région.
Les problèmes de la région afar sont parmi les plus graves en Éthiopie.
LNA. Quels problèmes ?
K. Les problèmes déducation, il y a un manque décoles. La santé, leau et dautres besoins de première nécessité qui ne sont pas satisfaits.
Je vais commencer par la santé. Il ny a pas dinfrastructures médicales, pas dhôpitaux, de dispensaires, cest presque le désert à ce niveau-là. Cette pénurie dinfrastructures entraîne des morts de femmes en couches. Comme il ny a pas dinformation médicale et de prévention, les mutilations sexuelles sont encore très répandues et sont loin de disparaître.
Pour ce qui est de léducation, il ny a pas de structures suffisantes. Et comme les gens nont pas accès à lenseignement, ils restent très ignorants et ils continuent à vivre avec des traditions qui ne sont pas toujours les bonnes. Le problème des mutilations sexuelles existe dans dautres régions dÉthiopie, mais cest dans lAfar quil est le plus sensible, le plus important.
Mutilations sexuelles traditionnelles et besoins de santé
LNA. Quelles sont les pratiques traditionnelles de mutilations sexuelles dans lAfar ?
K. Chez les Afars, il y a des choses qui font partie de la coutume, cest lablation du clitoris. Elle est très différente de celle quon trouve dans dautres régions. Ils coupent et ils cousent, il y a donc ablation des grandes lèvres, des petites lèvres et sutturation après. Cela na rien à voir avec la religion et cela met en danger la vie des femmes quand elles accouchent
Cela a à voir avec la tradition, qui est antérieure à lIslam. Le but était de contrôler la sexualité de la femme, dassurer sa chasteté. Ce nest pas la même excision que dans dautres régions. Elle provoque de gros problèmes chez les parturientes, les femmes qui accouchent. Comme elles sont infibulées (1), lorsquelles donnent naissance à un enfant, il faut les découdre. Souvent les femmes meurent à cause dhémorragies, parce que cette opération est réalisée dans de mauvaises conditions. Comme les infrastructures médicales sont insuffisantes, les femmes ne sont pas prises en charge et de plus en plus dentre elles meurent. Le taux de mortalité des femmes en couches ne cesse daugmenter.
Par ailleurs, il ny a pas dassociations de femmes afars reconnues légalement. Quand quelques femmes, qui ont eu la possibilité de recevoir une éducation et de voyager au-delà de la région, veulent informer les gens sur ces traditions et leurs dangers, on nous interdit de travailler au sein dune association.
LNA. Quelle est votre association ?
K. Lassociation était une association de jeunes étudiantes afars. Nous étions un groupe de gens qui avaient soit eu la possibilité détudier dans dautres régions, soit dorigine ethnique mixte (Amhara-Afar, par exemple) et nous nous étions réunis mais on nous a refusé lagrément. Cest pour cela que nous sommes heureux davoir pu nous exprimer lors de la Conférence internationale des femmes. Les organisatrices ont pu nous appeler et nous faire venir. Jusque là nous ne menions que des activités illégales. Je remercie les femmes de la Fédération démocratique internationale des femmes de mavoir permis de venir et de dire ce quest la réalité de ma région.
Pour venir ici jai eu des difficultés. Les responsables locaux ont essayé de refuser mon visa de sortie de la région. La raison invoquée était quil fallait attendre que le gouvernement régional se réunisse pour connaître le but de mon voyage et ce que jallais raconter aux femmes en France.
En Éthiopie, les associations de femmes ont beaucoup de mal à exister et à être reconnues légalement. Alors quil y a des enlèvements de femmes, des viols et toutes sortes de violences à lencontre des femmes.
LNA. Pouvez-vous préciser les besoins de la région afar, la région 2 ?
K. Des centres de protection maternelle et infantile. Les femmes font des kilomètres pour aller chercher de leau, six ou sept heures de route. Elles nont pas de médicaments, insuffisamment à manger. Les femmes afars, faute de soins, meurent de la malaria, de la méningite, de la tuberculose (alors que ce sont des maladies quon pourrait soigner si lon sen donnait la peine), et lépidémie de sida fait des ravages
Pour ce qui concerne la méningite dans la région, Médecins sans frontières France a monté un centre. Ils ont découvert quil y avait aussi une maladie du bétail qui se transmet aux hommes et le médecin qui lavait signalé au gouvernement, le Dr Milton, a été expulsé (2).
Le gouvernement ne permet pas aux ONG de sinstaller dans la région. Pour linstant, il y a MSF et un hôpital public, qui existait déjà sous le derg. Il était dédié aux soins des paysans des coopératives. Cet hôpital a un service de chirurgie où les urgences chirurgicales sont assurées par MSF. Mais cest à peu près tout ce quil y a. Par ailleurs, il ny a rien pour suivre des études.
LAfar est une région stratégique. Avant, pour aller à Assab, il fallait traverser 600 km de zone afar. Donc, tant quon maintient le peuple afar dans lignorance, il ne peut tirer aucun parti de cette position stratégique et commerciale. Sil était éduqué, il en serait tout autrement.
Autrefois (du temps de lEmpereur ou sous le derg) lÉthiopie était unie et les Afars étaient des Éthiopiens comme les autres Éthiopiens. Il ny avait pas un pays séparé en ethnies et le pouvoir sattachait à développer surtout ce qui était autour de lui, cétait très centralisé ; le reste nexistait pas. Maintenant, depuis que le pays est divisé en zones ethniques, quelques régions sont restées très en arrière. Cest à ces régions-là quil faut donner la priorité ; le gouvernement doit donner à ces peuples des moyens pour améliorer leurs conditions de vie. En leur donnant de leau, des infrastructures, peut-être même leur permettre de devenir sédentaires. Pour linstant, beaucoup sont nomades, mais même en étant nomades, ils nont pas de bonnes conditions de vie. Je ne parle que de la région afar parce que cest celle que je connais, mais il y a dautres régions qui ont aussi des problèmes (Oromo, Gambella, Somali, SNNPS,
).
LNA. Estimeriez-vous que cétait mieux sous Menguistou ?
K. [Rires.] Non, ce nétait pas mieux. On navait même pas de nom à ce moment-là ! On ne sappelait même pas Afar. Maintenant ce qui nous fait hurler, cest quon nous a reconnu le nom dAfars, mais cest une appellation vide, il ny a rien derrière. On ne nous a donné que le nom, pas plus de droits.
LNA. Faites-nous aimer le peuple afar
K. Oh, cest un peuple génial, vraiment ! Ils ont une tradition daccueil fantastique. Quand les gens leur parlent de leurs problèmes, ils ont à cur dessayer de régler les problèmes avec leurs invités.
Il ny a pas de problèmes avec le peuple afar, le seul problème cest quon ne lui donne pas de moyens. Que peut-on penser quand on voit son peuple mourir de malaria ?
Que le monde sache les problèmes auxquels nous sommes confrontés. Nous ne pouvons même pas bénéficier de laide extérieure. Les ONG ne peuvent pas sinstaller, les médicaments ne nous parviennent pas, les associations ne peuvent pas se créer, etc.
LNA. Y a-t-il des journaux ?
K. Il ny a pas de journaux. Il y a la station de radio gouvernementale, et là, ils parlent juste de ce quils font eux.
LNA. Quen est-il de la représentation politique des Afars ?
K. [Rires.] Les candidats aux élections, personne ne les connaissait, ils étaient tous parachutés.
LNA. Que reprochez-vous au gouvernement afar, précisément ?
K. Tous les problèmes dont je viens de parler, ils les voient eux avec leurs yeux. Ils sont responsables, ils doivent faire savoir au gouvernement central, ils peuvent le faire savoir au gouvernement central aussi bien quau monde. Ils pourraient au moins demander conseil ou demander de laide à lextérieur. Ils ne font rien, ils ne bougent pas, ils ne mènent aucune daction.
LNA. Est-ce quils dorment ou bien sont-ils corrompus ?
K. Ils se réunissent et ils parlent de corruption. Ils disent : « Là, il y a un million qui a disparu, là il y a dix millions qui ont disparu
» Nous, nous ne savions même pas quils étaient là les millions, avant quils nous disent quils avaient disparu !
LNA. Mais sils parlent de ces millions, cest bien que le gouvernement central les avait envoyés ?
K. Largent que donne le gouvernement dAddis-Abeba est symbolique. Il donne largent et ce qui nest pas pris par la corruption locale lui est retourné.
LNA. Que souhaiteriez-vous dire au monde ?
K. Dabord que notre priorité cest la paix. Pour le monde, il faut la paix et si le monde vit en paix, nous aussi nous vivrons en paix. Comme partout dans le monde, nous aussi nous avons des problèmes de terrorisme. Notre religion, à cent pour cent, cest lIslam. Nous sommes opposés au terrorisme et nous sommes très tristes de voir ce qui se passe en ce moment [allusion aux attentats anti-américains et à la riposte des USA, ndlr]. Nous sommes contre le principe que pour imposer son idée on doit faire disparaître lautre.
Mais chez nous, plus que la guerre encore, cest la famine qui tue les gens.
LNA. Y a-t-il des groupes terroristes dans la région afar ?
K. Non. Il y a des fronts armés qui sopposent au gouvernement, mais ce ne sont pas des terroristes. Les Ougougoumo, des Afars éthiopiens et érythréens, qui se battent pour la reconnaissance de lidentité afar. Mais ce ne sont pas des terroristes, ils sopposent au gouvernement mais ils ne tuent pas des gens.
Ce que je voudrais faire passer comme message au monde, cest que maintenant où nous traitons des problèmes du terrorisme dans les médias, je voudrais quon traite aussi les problèmes de lAfrique, pas seulement ceux des Afars. LAfrique ne peut pas sen sortir.
Appel au gouvernement central
LNA. Et pour la région afar, plus spécifiquement ?
K. Il faudrait quon nous aide dans le domaine sanitaire. Pour cela il faudrait que les ONG soient autorisées à entrer dans la région et à y travailler. Il faut aussi que les femmes obtiennent des droits.
Le droit de sexprimer, dêtre entendues, comprises et prises en considération. Par exemple, la Fédération démocratique internationale des femmes se réunit, elle délibère et les gouvernements prennent en considération ses avis et ses revendications. Nous aussi, nous voudrions que nos revendications soient prises en considération.
Je le redis, à cause de problèmes culturels, économiques, politiques, sociaux, beaucoup de femmes meurent dans lAfar, aujourdhui. On voudrait que les femmes puissent accéder à la formation, pas seulement à lécole, mais aussi des formations professionnelles qui leur permettent de sorganiser et de se débrouiller par elles-mêmes. On voudrait que notre gouvernement nous aide pour cela. Je parle du gouvernement éthiopien, le gouvernement afar nexiste pas. Cest au gouvernement central de mettre en uvre tout cela, le gouvernement afar ne peut quappliquer ce qui est décidé à Addis-Abeba.
Pour linstant, ce qui nous manque cest le droit dassociation. Si nous lavions, nous pourrions nous organiser et faire des choses. Il faut nous aider à obtenir ce droit. Ensuite, nous pourrons aider les gens à se former, leur ouvrir lesprit. Essayer déduquer massivement les gens.
Nous avons contacté des associations ici pour aider les Afars à mettre en place des micro-projets, comme par exemple, un projet dapiculture qui permettrait de former des femmes sur place.
LNA. Quels sont les domaines où on pourrait mettre en place des micro-projets dans la région afar ?
K. Il faudrait former des sages-femmes pour quelles connaissent les précautions minimales dhygiène. En ce qui concerne les pratiques traditionnelles de mutilations sexuelles, nous y sommes totalement opposées. Nous travaillons avec une association de femmes africaines qui se bat contre ces pratiques. Mais ce qui est grave cest quil ny a pas dhôpitaux, pas de dispensaires et la formation de sages-femmes est essentielle.
Les gens sont nomades traditionnellement, ils suivent les pluies. Dans chaque groupe social il faudrait quil y ait des gens qui étudient les premiers soins. Ils pourraient apprendre aux autres les causes du paludisme, les moustiques qui provoquent la maladie. Ils pourraient ainsi transmettre une éducation de base et de prévention en matière dhygiène et de santé.
LNA. Les femmes ont-elles un rôle particulier à jouer ?
K. Oui, un grand rôle. Chez nous, celles qui soignent ce sont les femmes. Dans la médecine traditionnelle, ce sont elles qui soignent. Chez les Afars, ce sont les femmes qui travaillent le plus.
Mais il ny a presque pas de centres de santé, il y en a trois. Un est totalement inopérant, un deuxième qui a été un peu rénové qui fonctionne bien et un troisième qui marche à peu près bien, qui dépend dun groupe agro-alimentaire. Mais ceux qui peuvent en profiter ce sont surtout les citadins, les habitants des campagnes ny ont pas accès. Ces centres sont surtout situés dans la vallée de lAouache, ce nest pas loin dAddis-Abeba, environ 200 km. Quand on rentre au cur du pays afar, il ny a plus rien.
LNA. Un poète français, Louis Aragon, a dit : « La femme est lavenir de lhomme »
K. Il a bien parlé.
LNA. Indépendamment de ces secteurs de la santé et des secteurs sociaux, quels sont les domaines où les femmes pourraient encore fonder des micro-projets ?
K. Dans lartisanat. Elles savent fabriquer de très belles choses, des ustensiles de cuisine, du petit mobilier. Cela avait déjà été commencé ; des femmes qui vivaient en ville avaient rassemblé leurs parentes qui vivent à la campagne et elles avaient monté un projet de développement de lartisanat. Des femmes fabriquaient les objets et les autres les vendaient. Mais elles ont manqué de financements et dinfrastructures et elles ont été obligées darrêter. Comme le pays est désertique, sil faut faire des kilomètres pour trouver les matériaux pour les vanneries, cest difficile. Pour cet aspect-là de leur activité aussi, elles ont aussi besoin daide.
Pour ça aussi, nous avons rencontré des associations [de commerce équitable, ndlr] qui étaient intéressées. Mais le problème cest quil faut que les femmes avec lesquelles elles travaillent fassent partie dune association agréée, avec un numéro de compte bancaire. Donc là encore se pose le problème de la liberté dassociation.
Le gouvernement central envoie de largent pour dire quil fait quelque chose, mais ensuite ils annoncent que largent a été retourné parce quil na pas été utilisé. Par exemple, pendant la guerre contre lÉrythrée, tout a été arrêté, les projets, les actions
et largent a été attribué à leffort de guerre, au front, etc. Déjà, en temps normal, il ny a pas grand-chose, mais là il ny avait plus rien.
Un autre problème, en pays Afar, est que les dirigeants ont à peine fait lécole élémentaire. À côté deux il y a des ingénieurs, des universitaires afars qui nont pas de travail, mais ils disent que cest une région arriérée parce quil ny pas assez de gens éduqués et formés
Les rares personnes qui ont étudié, on ne les utilise pas.
Ressources et besoins régionaux
LNA. Quelles sont les richesses du pays afar ?
K. Il y a des ressources minérales. Et Lucy, et Ramidus ont été trouvés chez nous !
Une petite anecdote. Quand Lucy a été découverte en pays afar, il y avait tous les chercheurs, les scientifiques et les gens ne comprenaient rien à ce qui se passait
Puis on a trouvé Ramidus et les Afars ont vu des 4x4, des hélicoptères
et les gens se sont demandé ce qui se passait. On leur a expliqué quon venait de trouver des ossements très anciens. Alors les gens ont beaucoup ri : « Ah, ces ferendj, ils sintéressent aux ossements anciens et ils ne sintéressent pas aux vivants qui crèvent de faim ! »
En pays afar, il y a du sel. Il y a aussi des gisements de plusieurs minéraux, comme des pierres précieuses ou semi-précieuses. Du temps du derg, il y avait une mine qui commençait à être exploitée, mais qui a été arrêtée ensuite.
Jusquici, je nai parlé que des principales priorités, celles qui concernent les problèmes vitaux des femmes. Mais si on exploitait toutes les ressources minérales de notre région, elle pourrait vraiment se développer. Il ny a pas dinvestisseurs dans lAfar.
LNA. Que faut-il faire pour faire venir les investisseurs ?
K. Il faudrait mettre laccent sur le développement agricole, lélevage. Il faudrait obtenir des moyens pour améliorer lélevage.
Par ailleurs, on a une rivière, lAouache, mais on ne dispose pas dinfrastructures dirrigation, ni dadduction pour leau potable. On a besoin de cela pour améliorer notre production agricole. Il y a beaucoup de terres qui ne sont pas exploitées, faute deau. La seule source de revenus pour la plupart des gens, cest la production agricole, lélevage. Mais comme ils ne produisent pas assez, ils nont pas assez de moyens pour développer ces activités, ni même suffisamment à manger. Cest donc un cercle infernal. Il faudrait donc quils aient les moyens dirriguer de nouvelles terres, de produire plus, de manger à leur faim et donc de produire mieux et plus et dêtre plus performants.
LNA. Il ny a pas de puits ?
K. Si. Mais ce sont des puits traditionnels anciens. Ils ne suffisent pas à nos besoins.
LNA. Et le téléphone ?
K. Il y en a juste dans la capitale de la région, Assaïta. Il ny a pas de radio, pas de moyens de communication.
LNA. Pas de télévision ?
K. [Rires.] Même à Addis-Abeba, combien de téléviseurs pour combien de maisons ?
Venez dans lAfar. Avec un bus, il faut rouler 300 km à partir dAddis-Abeba. Et comme cela, vous pourrez voir de vos propres yeux.
(1) Infibulation : sens littéral « attacher avec une agraphe ». Opération ayant pour but dempêcher le coït, grâce à un anneau placé sur les parties génitales. [Cf. Lexis, Larousse]
(2) Le docteur Milton (MSF) a dénoncé la maladie de lanthrax qui faisait rage chez les Afars, ce qui lui a valu dêtre expulsé dÉthiopie parce que sa dénonciation publique risquait de nuire au commerce du bétail.
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