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Éthiopie / Musiques / Portrait
Ethiopiques-15, « Jump to Addis » Directeur de la collection "Éthiopiques", Francis Falceto s'est imposé comme un grand spécialiste des musiques éthiopiennes. Depuis 1994, il conduit un véritable travail de recherche sur cette musique et sur son histoire. (Par mails, juillet-août 2003) Il en va des éthiopiques comme dEthiopian Airlines : « À bord on est déjà en Éthiopie. » Les aficionados disent même quil nest pas la peine dessayer de les faire voyager sur dautres lignes. La remarque a semblé convenir à Francis Falceto, musicographe, directeur des "Éthiopiques" : « Cest en fait le critère essentiel de la collection », quil a dit.
LNA. Le vol. 15 des éthiopiques semble un objet atypique au regard de la collection
Il rompt, par exemple, avec certains volumes aux cuivres bien polissés autant quavec la gouaille des azmari urbains. Dautres atypismes sont en préparation, comme les uvres complètes dAsnaqètch Wèrqu, magnifique femme libre, chanteuse et joueuse de krar (éthiopiques-16, à paraître en octobre prochain) ; un CD de reprises par un big band américain tombé en amour avec la musique éthiopienne (Either/Orchestra) ; dautres musiques dÉthiopie injustement délaissées jusque-là (Harar, Wolayta, Oromo, Gouragué, Somali, Assossa, Tigrigna ) ; des restaurations de 78 tours enregistrés sous loccupation italienne, ainsi que les enregistrements effectués dans les années 1960 par une pianiste aujourdhui retirée au monastère éthiopien de Jérusalem (Emahoy Tsegué-Maryam Guèbru) Et, bien sûr, je guigne quelques incunables et autres trésors que jespère sortir du flou juridique dans lequel ils sont encore congelés. Hors éthiopiques, je travaille à une collaboration avec le Kronos Quartet, lun des quatuors contemporains les plus pointus de la planète (plus de 25 CDs publiés depuis une vingtaine dannées), qui souhaite enregistrer un CD avec des arrangements de morceaux parus dans les éthiopiques (dont ils sont des fans de premier ordre, ce qui ne me réjouit pas peu). Dès novembre au Théâtre de la Ville (Paris), ils devraient présenter au moins un morceau éthiopien. Trêve dinventaire, ainsi que cest bien noté sur le site internet des Nouvelles dAddis, jai depuis le début indiqué que les éthiopiques ambitionnaient de « présenter un panorama sonore de ce chaînon manquant de lAfrique musicale et dêtre un lieu de référence aussi excitant que documenté, une sorte dambassade sonore de lhistoire musicale de lÉthiopie. » Et jajoutais on ne peut plus explicitement : « La collection ne se limitera pas à lâge dor de la musique éthiopienne moderne et présentera aussi bien des archives sonores que des enregistrements récents, des musiques modernes aussi bien que traditionnelles, urbaines aussi bien quethniques. » En quelque sorte, je ne fais rien dautre que ce que jai annoncé en espèrant toujours que le succès destime ne se démentira pas, permettant ainsi de mener cette entreprise à son terme (car il y aura bien un terme, dici trois à cinq ans si tout se passe comme prévu). Les éthiopiques demeurent un projet fragile parce quelles nont aucun équivalent éditorial sur ce quil faut bien appeler le marché du disque, pas moins impitoyable que celui du livre pour tout ce qui nest pas produit kleenex. Il faut ici rendre hommage à Gilles Fruchaux, directeur de Buda Musique et partenaire indispensable, qui a su développer ce projet en le dotant dune distribution mondiale adéquate. Le public français (moins de 20% des ventes) naurait probablement pas pu permettre seul la survie des éthiopiques. Par ailleurs, aucune autre musique dAfrique ne bénéficie, à ce jour, dune exposition aussi ouverte de son patrimoine sonore, sans discrimination de style ou dorigine, rassemblée en une même collection. Ces vingt-cinq dernières années, à chaque poste où je me suis trouvé dans la chaîne de production musicale (quil sagisse de programmation, de production, de critique ou de recherche), ma règle dhygiène a toujours été « Si je ne le fais pas, y a-t-il quelquun dautre qui le fera ? » Autant dire que je me garde bien de faire des études de marché. Je me fie strictement à mes goûts personnels et à ma manie de vouloir les partager. Pour conclure provisoirement cette question/réponse, je dirai que dune manière générale tout ce qui est de nature à faire (re)connaître LES musiques dÉthiopie me paraît bienvenu. À ce titre, je nai pas hésité lorsque les musiciens éthiopiens et européens de Jump to Addis mont proposé leur aventure musicale. Laccueil plus que chaleureux quils ont reçu en Hollande en juin 2003 (6 concerts) valide, sil était besoin, lorientation singulière quils ont choisie.
LNA. Jai noté des riffs façon Led Zeppelin ou Hendrix et il ma semblé reconnaître des gimmicks à la Fela (piste 1)
LNA. Jai aussi limpression parfois de joutes oratoires quasi ethniques ou agraires (piste 3). Et de suppliques verbales, genre blues abesha (piste 4). LNA. Il y a aussi des sortes de fifres
LNA. Cest quoi ces voix de petites filles en piste 6 ? Björk il y a 60 ans ? LNA. Sauf erreur, les pistes 7 et 8 renvoient à Tetchawèt (éthiopiques-2), au moins dans les intros. Jajouterai que ce que jaime aussi dans ce disque, cest la variété du répertoire Wolayta, Sidama, Gouragué autant quAmhara. Ce qui nest pas rien, compte tenu de la sous-représentation chronique des musiques méridionales en Éthiopie même. AL > FF
Éthiopiques vol. 15, Jump to Addis ; Europ meets Ethiopia, production Buda Musique, distribution Mélodie. |
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© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2005. http://www.lesnouvelles.org, version 3.4 Les nouvelles d'Addis, le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté Reproduction de contenus interdite sauf autorisation écrite |