|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
DJIBOUTI / POLITIQUES / OPPOSITION
Entretien avec Mohamed Daoud Chehem Le scrutin législatif approche. Quelle sera l'attitude de l'opposition djiboutienne Participation ou non ; union ou non ? Politiquement et économiquement, où en est Djibouti ? Les nouvelles d'Addis ouvrent la campagne informative avec Mohamed Daoud Chehem, leader du Parti djiboutien pour le développement. (septembre 2007, par courriel) Les nouvelles dAddis. Vous présidez le Parti djiboutien pour le développement. Des élections législatives doivent être organisées à Djibouti en janvier 2008. Or, votre parti, comme les autres partis dopposition, a refusé de prendre part aux derniers scrutins. Que pensez-vous de la situation politique à Djibouti ? Mohamed Daoud Chehem. Depuis larrivée dImaïl Omar Guelleh (IOG) à la tête du pays en avril 1999, huit ans et demi se sont déjà écoulés. Le constat que lon peut faire de sa présidence est le suivant : IOG est chef de lÉtat mais il nest pas lhomme dÉtat qui devrait : Nous constatons que IOG fait le contraire de toutes ces obligations, incombant à tout homme dÉtat. De plus, sous sa présidence, lautorité de lÉtat a cédé place à limpunité totale, à la corruption généralisée et aux abus. Rappelons que la timide ouverture démocratique a été obtenue en 1992 à la suite du conflit civil de 1991. Depuis cette date, les partis dopposition créés à cette période ont participé à plusieurs élections pour faire avancer la démocratie dans notre pays malgré les fraudes régulières de la part du parti au pouvoir. Les points importants de nos revendications portaient entre autres sur : En refusant de faire des réformes nécessaires pour la transparence électorale et de rembourser la caution, IOG referme la porte de la timide ouverture démocratique que lancien président Hassan Gouled avait concédée à la suite du conflit civil de 1991. LNA. Sur un plan économique, votre pays dispose de revenus importants, dus à sa position géo-stratégique. Quen est-il de ces capitaux ? MDC. Les facteurs extérieurs, tels que linstallation de la base américaine, laugmentation importante de laide française et le mouvement des capitaux arabes vers notre pays, ont amélioré la situation économique et financière de Djibouti. Elle nest pas le résultat de la gestion de IOG Cest ainsi que le budget de lÉtat est passé de 35,2 milliards de FD (153,04 millions deuros ou 183,6 millions de dollars US) en 1999 à 55,5 milliards de FD (231.25 millions deuros ou 300.6 millions de dollars US) en 2007, soit un accroissement de 20,3 milliards de FD (84,5 millions deuros ou 110 millions de dollars US). Par ailleurs, nous accueillons, à bras ouverts, les investisseurs des pays arabes, mais nous leur demandons que les accords signés avec la République de Djibouti, qui nest pas la propriété dun individu, soient transparents et publics pour que tout citoyen djiboutien y ait accès, car IOG nest ni roi, ni prince, ni président à vie, il a un mandat limité. Donc pour éviter, dans lavenir, des problèmes avec nos frères des pays arabes qui ont investi dans notre pays, tout doit être clair dès le début. LNA. Quelle est la situation sociale à Djibouti ? MDC. Cest à partir davril 1996 que IOG, alors chef de cabinet de lancien Président Hassan Gouled, a obtenu le pouvoir de contrôle sur tous les ministères par décret présidentiel. Cest aussi à partir de cette date quIOG a commencé à réduire les salaires des agents de ladministration, les pensions de retraite et à supprimer les revenus des propriétaires immobiliers en résiliant les baux. Ce fut le début de la paupérisation de la population. Après son arrivée à la tête du pays, ce phénomène sest aggravé à cause de sa mauvaise gestion, bien que la situation financière se soit nettement améliorée. De plus, les salaires des agents de ladministration (3) sont restés bloqués depuis 1992 et leur pouvoir dachat na pas suivi la hausse continue et exagérée des prix depuis 15 ans. Cette insuffisance de pouvoir dachat na fait quaccroître la pauvreté. Les coûts de lénergie atteignent une proportion injustifiable, même si le prix du pétrole a augmenté. Ils pèsent lourds sur le budget des ménages dune part, et ils nencouragent pas les éventuels investisseurs à sinstaller dans notre pays, dautre part, quils soient nationaux ou étrangers. Bref, le responsable de toutes ces dérives cest limpunité totale qui sest installée sous IOG. Malheureusement cest la population qui en subit les conséquences. La réalité vérifiable et visible sur le terrain aujourdhui, cest la misère ; le chômage des jeunes ; les soins inaccessibles dans la capitale et inexistants dans les régions de lintérieur ; lenseignement au rabais institué par la dernière réforme qui naugure aucun avenir meilleur pour les générations futures ; le manque de démocratie et puis les rues bondées dordures qui ont des conséquences sur la santé. LNA. La presse indépendante des pays voisins de Djibouti est souvent lobjet de harcèlements et les journalistes sont victimes de violences. On la encore vu récemment en Somalie. À Djibouti, la presse indépendante nexiste plus. Peut-on espérer voir un jour un média indépendant dans votre pays ? MDC. La loi de 1992 relative à la communication autorise les médias privés. Dans ce cadre, une association des journalistes indépendants a écrit au ministre de la Communication en octobre 2003 pour obtenir lautorisation douvrir une radio privée. Ce dernier na jamais répondu. Il est certain que IOG ne cèdera pas facilement sur ce domaine qui lui est crucial, mais cest à lopposition de ne pas se décourager et de continuer à se battre jusquà le contraindre à accepter les médias privés. Il préfère, certes, des journaux qui le flattent. Malgré une situation insupportable pour la population, IOG ne se prive pas de se jeter des fleurs dautosatisfaction dans son journal La Nation du 23 Août 2007, en annonçant, je le cite : « [
] mon ambition pour notre Nation afin demprunter la voie de la gestion moderne au service dun projet de société démocratique ; [
] les enfants vont à lécole dans des bonnes conditions ; [
] nos routes, pistes sont de qualité ; [
] consolider la démocratie et renforcer la paix ; [
] pour tenir compte de ma vision politique de la RD, pays démocratique, uni, [
] quil reste un pays de liberté, de justice, de paix et dexcellence. ». LNA. Quels sont les objectifs et les craintes de votre parti ? MDC. Au PDD, nous souhaitons parvenir : Ce qui nous inquiète, cest que IOG compte sur la force et non sur la démocratie. Or, ce genre de régime se termine tôt ou tard par la violence, ce que notre pays ne peut supporter. Cest notre crainte. LNA. Pensez-vous que la situation à Djibouti est comparable à celle qui a engendré le premier conflit civil ? MDC. Lors de la signature de laccord de paix du 12 mai 2001, IOG avait dit « plus jamais çà », faisant allusion aux causes qui avaient provoqué le premier conflit civil. Aujourdhui, on peut lui répliquer par « pire quavant » parce quil est en train daggraver ces causes. (2) Les 600 sont presque des voitures de luxe sauf celles de la police. Parmi les 20 ou 30, il y a 10 bennes doccasion achetées en Allemagne, il y a deux ans, et 6 données par la Chine. (3) Les salaires sont payés régulièrement, le 25 du mois avec un mois de retard toutefois. Les pensions sont aussi versées régulièrement avec quelques jours de retard pour les uns et un mois pour les autres. |
Tous les entretiens réalisés par Les nouvelles d'Addis
|
![]()
|
|||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||
|
© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2008. http://www.lesnouvelles.org, version 3.4 Les nouvelles d'Addis, le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté Reproduction de contenus interdite sauf autorisation écrite |