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Érythrée / Droits de l'homme / Libertés politiques
Des opposants chez Issayas Un dialogue de sourds.
Janvier-février 2001. La lettre ouverte adressée au président Issayas par le Groupe des 13 [cf. LNA n°20, novembre-décembre 2000] a eu un effet à Asmara : la qualité des signataires dont le passé de patriotes ne pouvait être mis en doute a sans doute été déterminante. Le président a donc accepté de les recevoir le 25 novembre dernier. Onze membres du groupe étaient présents. Une personne na pu venir et une autre avait démenti être membre du groupe. À première vue on peut donc penser quun dialogue entre le pouvoir et certains opposants a eu lieu et que ceci est de bon augure alors que des élections générales sont prévues en Érythrée en décembre 2001. Mais les choses ne sont pas si simples. Lun des signataires de la lettre ouverte, Dawit Mesfin, en fait la démonstration dans un entretien publié sur le site "awate.com". En effet, selon lui, le président a fait preuve dune bonne volonté de façade, car tout sest passé de façon à minimiser limpact de la réunion. Ainsi le rendez-vous fixé entre le 22 et le 24 novembre a été repoussé au 25, quelques heures avant le départ prévu dAsmara de la plupart des membres du groupe qui travaillent à létranger. De ce fait, ils nont pas eu le temps dorganiser un compte rendu avec leurs contacts dans la capitale érythréenne. Pour Dawit Mesfin, Issayas Afeworki était hésitant au sujet de la rencontre qui finalement sest réduite à un dialogue de sourds puisque les questions politiques posées dans la lettre ouverte nont pu être abordées. Le Président qui a mené lentretien, nétait accompagné daucun conseiller et il ny a pas eu de sténographie. Le dialogue a tourné principalement autour de la publication de la lettre avant sa réception par le président ce qui a placé ses interlocuteurs sur la défensive. Or, pour Dawit Mesfin, les autorités savaient très bien que la fuite navait pas été organisée par les membres du groupe. Autre point qui montre quun véritable dialogue politique nest pas encore à lordre du jour : non seulement les médias gouvernementaux nont accordé aucune place à la rencontre mais le courrier des lecteurs a semble-t-il été utilisé pour dénoncer un groupe de "traîtres", à savoir les signataires de la lettre ouverte. Malgré cela Dawit Mesfin pense que linitiative des douze citoyens érythréens a été positive puisquelle a attiré lattention du pouvoir. Mais il reste très prudent sur une ouverture éventuelle du régime en place. Dailleurs dans un article du 29 décembre 2000, il analyse lévolution du système de parti unique érythréen avec la mise à lécart de personnalités de la lutte pour lindépendance, lexclusion de nombreux "fighters", la montée en puissance politique et économique dadhérents récents et fidèles au seul président, losmose entre le parti et lÉtat. Et comme pour illustrer cette captation du pouvoir par un groupe, le conseiller politique du président Issayas, Yemane Ghebreab, a déclaré : « Il ny aura pas assez de temps pour que des partis puissent émerger avant les élections [de décembre 2001], nous pensons quil y aura des candidats indépendants » (Washington Post, 15/12/2000). Autrement dit la constitution érythréenne, qui prévoit pourtant lautorisation de plusieurs partis politiques, attendra encore un peu avant dêtre appliquée. -- RW |
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© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2005. http://www.lesnouvelles.org Les nouvelles d'Addis, le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique. Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté. |