Eau : lalimentation de la ville dAddis-Abeba
Situation actuelle et perspectives.
LAURENT PARDIGON
& PIERRE COMBES (*)
Lalimentation en eau potable et lassainissement de la ville dépendent de lAddis Ababa Water and Sewerage Authority (AAWSA) qui est un service de la municipalité dAddis-Abeba. Selon les prévisions, tirées du dernier recensement de 1994, Addis-Abeba compterait actuellement 2.5 millions dhabitants dont seulement 55% seraient connectés au réseau dalimentation en eau potable. On considère que les 45% qui ne sont pas connectés ont accès à leau potable grâce aux fontaines publiques et/ou vendeurs deau. Une étude réalisée en 1994 estime les fuites potentielles dans le réseau de la ville à 40%. Lobjectif des autorités municipales est de réduire ces fuites à 15% dans les 10 prochaines années.
Les ressources
Lalimentation en eau potable de la ville est assurée à 75% par le captage des eaux superficielles mobilisées au moyen de trois barrages. Geferssa, Legedadi et Dire. Le reste de la ressource (25%) provient des eaux souterraines captées au moyen de 400 forages répartis dans toute la ville. Lensemble de la production sélève actuellement autour de 230.000 m3/jour.
La demande
Lévolution future des besoins en eau de la ville est établie en considérant laccroissement de la population et laugmentation de la dotation par habitant. Les chiffres suivants sont avancés.
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Projections de la demande en eau à AA
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2000
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2005
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2010
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Population
(en millier, CSA 1994) |
2,5
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3
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4,25
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| Demande moyenne journalière (m3/jour) |
300.000
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430.000
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1.100.000
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Il est clair que la ressource actuelle (230.000 m3/jour) nest pas suffisante pour assurer lévolution de la demande.
Le développement des ressources
Pour combler le déficit en eau qui saggrave dannée en année plusieurs projets sont en cours détude ou de réalisation. Le premier concerne la mobilisation des eaux souterraines dans la région dAkaki. Les forages et la pose de la conduite sont réalisés, la mise en production du site devrait intervenir au début du mois de juin 2001. La capacité de production pourrait atteindre 50.000 m3/jour ce qui représente une augmentation de 20% des ressources actuelles. Dautres études hydrogéologiques financées par lAgence française de développement (AFD) sont en cours dans cette même région.
Dans le domaine des eaux de surface le projet le plus important envisage la construction de deux barrages au Nord de la ville derrière la chaîne de montagnes dEntoto. Les eaux seraient transférées gravitairement vers Addis-Abeba par un tunnel traversant la montagne. Le coût de linvestissement serait voisin de 250 millions $US. LP & PC
(*) Laurent Pardigon est hydrogéologue. Pierre Combes enseigne à lÉcole nationale supérieure des mines de Paris (Ensmp).
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