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Analyse politique

Repères
Une brève analyse des faits par un journaliste des "Nouvelles d'Addis".
Pour suivre l'évolution et les enjeux des politiques régionales.

Addis-Abeba.

Pas de répit pour Mélès Zénawi. Le parti oromo au pouvoir en crise à son tour.

La coalition gouvernementale qui groupe plusieurs partis régionaux en un Front démocratique révolutionnaire des peuples d’Éthiopie (EPRDF) connaît depuis quelques mois une période de crise profonde. ["les Nouvelles d'Addis", Repères, 15 septembre 2001]


ROBERT WIREN

Addis-Abeba, septembre 2001. La coalition gouvernementale qui groupe plusieurs partis régionaux en un Front démocratique révolutionnaire des peuples d’Éthiopie (EPRDF) connaît depuis quelques mois une période de crise profonde. Après les désaccords politiques qui ont affecté le parti tigréen TPLF et qui ont abouti à la mise à l’écart de plusieurs dirigeants et fondateurs de celui-ci, c’est le partenaire oromo de la coalition, l’OPDO qui est secoué par des démissions et des exclusions qui ont fait du bruit. Qu’on en juge : Negasso Gidada, président de la République, exclu de la direction de son parti dans un premier temps a décidé en août de quitter l’OPDO et, au cours du même mois, Almaz Mako la présidente de l’Assemblée de la Fédération, quatrième personnage de l’État dans l’ordre protocolaire, démissionne en demandant l’asile politique aux États-Unis. Auparavant, en juillet, le président de l’état régional de l’Oromia, Kuma Demeksa, avait démissionné de son poste avant d’être suspendu pour corruption de ses fonctions de secrétaire général de l’OPDO. D’autres dirigeants de la région oromo ont également été sanctionnés et l’on se souvient qu’un des membres fondateurs du même parti gouvernemental, Yonathan Dibissa, était parti en Allemagne en accusant les Tigréens de manipuler la direction de l’Oromia.

Le TPLF, noyau dur du pouvoir qui a éclaté, est affaibli dans sa propre région où les dissidents conservent une influence dans la population. Un deuxième parti, l’OPDO, qui est censé représenter la région la plus peuplée d’Éthiopie, perd des leaders et ne gagne pas en crédibilité. Cela fait déjà beaucoup. Et pendant ce temps, le parti gouvernemental amhara (ANDM) ne brille pas par une vie politique autonome alors que l’autre parti amhara (AAPO, opposition) reprend espoir en constatant que l’administration du président Bush se pose des questions sur l’évolution du régime au pouvoir à Addis-Abeba. On a entendu parler ces derniers temps de discrètes pressions américaines sur Mélès Zénawi afin qu’il ouvre un dialogue avec les opposants modérés. L’ouverture du système politique en place aurait pu se faire en profitant du sentiment d’unité nationale provoqué par le conflit avec l’Érythrée. Mais la rigidité doctrinale, les réactions autoritaires et la peur de perdre des places ont paralysé le pouvoir tandis que l’immaturité politique, l’absence de vision commune et le désir de revanche ne plaidaient pas en faveur des oppositions. – RW


© Les Nouvelles d'Addis (LNA) 2001. -- http://www.lesnouvelles.org -- Les Nouvelles d'Addis,
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