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Asmara
Réformateurs en prison et presse muselée : le président Issayas Afeworki n'aime pas la contestation Arrestation d'au moins 11 des réformateurs qui ont critiqué publiquement le Président et fermeture des 8 journaux privés s'étant fait l'écho du débat politique en Érythrée. ["les Nouvelles d'Addis", Repères, 20 septembre 2001]
Asmara, septembre 2001. Dans l'édition des Nouvelles d'Addis datée du 15 septembre (n° 25), nous avons évoqué la situation politique interne de l'Érythrée sous le titre "Asmara, opposants dans le collimateur". On pouvait s'attendre, écrivions-nous, que des mesures judiciaires seraient prises contre les 15 réformateurs qui ont critiqué publiquement le président Issayas Afeworki. Dès le 17 septembre, le dirigeant érythréen faisait arrêter au petit matin les opposants en question qui sont membres fondateurs du parti gouvernemental, membres de son Comité central et élus à l'Assemblée nationale. D'autre part, le pouvoir ordonnait la fermeture des 8 journaux privés qui avaient publié les lettres ouvertes du "goupe des 15" et s'étaient fait l'écho du débat politique qui agite l'opinion érythréenne depuis plusieurs mois. Parmi les personnalités arrêtées figurent des anciens ministres, vétérans de la guerre de libération du pays, Petros Solomon et Haile Woldensae [lire entretien avec Haile Woldensae] qui, à des périodes différentes, ont été à la tête des affaires étrangères et qui occupaient des postes ministériels moins en vue avant leur récent limogeage. Mahmoud Sherifo, lui, avait occupé les fonctions de ministre de l'Administration locale. Chargé de la mise en uvre du projet de loi sur l'autorisation des partis politiques, il avait été renvoyé au début de l'année car la présidence ne tenait visiblement pas à appliquer vraiment la Constitution à l'occasion des élections prévues en décembre prochain. Le pouvoir a également frappé des officiers comme le général Estifanos Seyoum, haut fonctionnaire des Finances, le général Ogbe Abraha, ancien ministre du Travail, et l'ancien Chef d'état-major, Berhane Gebreigziaber. Selon le site "Awate.com", proche des réformateurs, tous les membres du groupe des 15 ont été visés et l'opération de police menée par les forces de sécurité spéciales a été lancée la veille du retour des États-Unis de Mesfin Hagos, gouverneur de province et membre du groupe. Le sort politique des réformateurs semblait scellé lorsqu'ils ont été accusés de déstabiliser le pays pour avoir affirmé que le pouvoir d'Issayas Afeworki n'est pas démocratique. Leur audience auprès des lecteurs de la presse privée a causé leur perte et a poussé le gouvernement à suspendre les journaux trop critiques. En nommant la semaine dernière l'ancien responsable de la sécurité au poste de ministre de l'Information, le gouvernement érythréen a signifié que l'heure n'est pas au dialogue. RW |
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