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Analyse politique

Repères
Une brève analyse des faits par un journaliste des "Nouvelles d'Addis".
Pour suivre l'évolution et les enjeux des politiques régionales.

Pays riverains du Nil.

Vers la paix de l’eau.

Les pays en amont du fleuve n’en ont pas été, jusque-là, les principaux bénéficiaires et ils posent désormais leurs exigences. ["les Nouvelles d'Addis", Repères, 15 juillet 2001]


COLETTE DELSOL

Pays riverains du Nil, juillet 2001. Un an après le lancement de l’Initiative bassin du Nil (NBI), les dix pays riverains (Burundi, République démocratique du Congo, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Kénya, Ouganda, Rwanda, Soudan, Tanzanie) se sont retrouvés à Genève pour présenter leurs projets dans le cadre de l’ICCON (Consortium international pour la coopération sur le Nil) qui comprend, outre ces dix pays, des représentants de la communauté internationale et des organismes financiers. Les objectifs de cette grande coopération régionale sont « d’éradiquer la pauvreté, de développer la coopération économique et d’instaurer la paix », comme l’a rappelé, M. James Wolfensohn, le président de la Banque mondiale, précisant qu’il n’y a aucune autre alternative.

Les pays en amont du fleuve n’en ont pas été, jusque-là, les principaux bénéficiaires. Leur position clé en a même fait des menaces potentielles pour les deux grands pays de l’aval du Nil (Soudan et surtout Égypte). Mais, poussés par les exigences économiques et sociales de leurs populations, ces oubliés des trésors du fleuve posent désormais leurs exigences. Est-ce démesuré ? Déjà, des organisations crient au danger écologique que représenterait la construction de barrages sur le cours du fleuve. Il est vrai que le débit du fleuve, contrairement à ce qu’on pourrait croire, est très limité comparé à celui, par exemple, du fleuve Zaïre ou du Mississipi. Ce débit restant constant et la population riveraine croissant très rapidement, se posera très vite, le problème d’une répartition équitable des eaux du Nil, et, parallèlement, celui du contrôle de leur qualité. Car déjà des inquiétudes pointent : présence de métaux lourds, jacinthes d’eau (Soudan et Égypte), résultant des activités humaines et d’une agriculture polluante.

Ce à quoi s’emploient les organisations internationales et les pays riverains est, en quelque sorte, une prévention des conflits à l’échelle de l’Afrique. Les investissements aussi seront à l’échelle du continent, on parle déjà de plusieurs milliards de dollars, pour les vingt ans à venir. La Banque mondiale affirme qu’elle soutiendra les projets qui entrent dans le cadre d’une véritable coopération régionale et qu’elle fera appel aux donateurs pour appuyer ces projets.

Trois pays viennent de donner un exemple de ces coopérations possibles. Égypte, Éthiopie et Soudan regroupés au sein de l’ENSAP (Plan d’action du sous-bassin du Nil est) ont décidé l’ouverture d’un bureau de coordination à Addis-Abeba. Ils ont pris des initiatives pour prévenir les inondations et pour la mise en œuvre de projets hydroélectriques communs au Soudan et à l’Éthiopie. Un premier pas sur le long chemin de la paix de l’eau. – CD


© Les Nouvelles d'Addis (LNA) 2001. -- http://www.lesnouvelles.org -- Les Nouvelles d'Addis,
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