Addis-Abeba, septembre 2001. Soumis comme tous les pays à la globalisation, lÉthiopie souffre plus que dautres dénormes handicaps de développement. Cependant de nombreux investisseurs et entrepreneurs ne se laissent pas décourager et jouent la carte de la croissance. Le potentiel est réel, reste à harmoniser une législation parfois archaïque et à ouvrir le marché encore réservé au secteur public. Autre demande clairement formulée par les entrepreneurs éthiopiens, une plus grande implication du secteur bancaire dans le soutien à la création dentreprises. Ici, comme ailleurs, les garanties exigées par les banques anéantissent les espoirs de nombreux créateurs potentiels.
Au regard des chiffres concernant linvestissement, on constate le développement de nouveaux secteurs dactivité, mais aussi le marasme permanent dautres, dont surtout ceux de léducation et de la santé. Limplication de lÉtat éthiopien en matière financière ne réglera pas le problème. Il peut modifier sa politique de santé et déducation, mais un soutien financier extérieur sera vraisemblablement indispensable pour développer ces secteurs prioritaires. Il ne sagit pas seulement de créer de nouvelles infrastructures (absolument nécessaires), mais aussi de former des professionnels et de leur octroyer des salaires à la hauteur de leurs compétences, ce qui les inciterait à exercer en Éthiopie plutôt quà létranger. On est loin du compte.
En matière de privatisation, les entrepreneurs éthiopiens insistent sur une reprise de cette politique, mise un peu en sourdine depuis quelque temps. Ils souhaiteraient que les secteurs très porteurs de lénergie, des télécommunications et du transport aérien souvrent au marché privé. Quelques récentes décisions politiques ne le laissent pas présager.
Lentreprise privée exploite certaines niches négligées par le secteur public ou totalement innovatrices en Éthiopie. Ainsi en est-il, par exemple, de la pisciculture qui développe de nouveaux marchés et crée des emplois qualifiés, sans compter son apport dans la diversification alimentaire. Linvestissement privé dans lagriculture devrait se porter sur les secteurs encore peu explorés du maraîchage, de lhorticulture, etc. (nous y reviendrons prochainement), même si bien des secteurs agricoles plus traditionnels mériteraient la participation de tous.
Les créateurs dentreprises en Éthiopie déplorent aussi le manque de qualification du personnel et la médiocre qualité de certains produits éthiopiens, comparée à celle de produits importés. Leur conscience et leur réaction face à ces handicaps montrent une volonté de réussir non pas à la seule échelle éthiopienne, mais bien dans le cadre dune économie de marché globalisée. CD