Addis-Abeba, septembre 2001. On ne peut que sinterroger sur certains faits récents où les femmes éthiopiennes ont été mises en cause. Dabord, la suspension, par le ministère de la Justice, dune association bien connue en Éthiopie, celle des femmes avocats (Ethiopian Women Lawyers Association). Officiellement, il lui serait reproché de mener des activités différentes de celles que la loi lui autorise. Depuis de nombreuses années, cette association semploie à défendre les droits de femmes et denfants qui ne disposent daucun moyen pour faire valoir leurs droits. On ignore en quoi cette action sociale de lassociation des femmes avocats peut présenter la moindre menace pour lordre public. Quand bien même, auraient-elles commis une erreur ou outrepassé leurs droits (ce qui serait surprenant pour des juristes), la suspension pure et simple est-elle le moyen de régler le problème ? Vaut-il mieux laisser des centaines de femmes aux prises avec des injustices flagrantes et condamner celles qui les défendent ?
Autre fait révélateur, fin août, a été organisée à Addis-Abeba, une manifestation contre les abus sexuels, le harcèlement, le viol et les rapts de femmes et denfants. Il semblerait donc quil y ait encore fort à faire pour faire respecter les lois. LAssociation des femmes dAddis-Abeba, par la voix de sa vice-présidente déclare que laugmentation de ces pratiques est due en partie à une mauvaise application de la loi par les juges qui tentent le plus souvent de calmer les victimes, plutôt que dobtenir des réparations pour elles. Lassociation pointe aussi, hors les violences immédiates subies par ces victimes, le risque dinfection par des maladies sexuellement transmissibles, dont le sida. Les coupables de ces actes sont le plus souvent condamnés à des peines de prison très symboliques. Les manifestantes, dont beaucoup de victimes, réclament non seulement une réelle application des lois existantes, mais aussi un durcissement de la loi, refusant, par exemple, la libération sous caution des coupables.
Et pendant ce temps-là
lancienne présidente de la Chambre de la Fédération demandait lasile politique aux États-Unis. Dieu reconnaîtra les siennes. CD