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Analyse politique

Repères
Une brève analyse des faits par un journaliste des "Nouvelles d'Addis".
Pour suivre l'évolution et les enjeux des politiques régionales.

Addis-Abeba.

Femmes éthiopiennes : seraient-elles des dangers publics ?

Suspension de l'association des femmes avocats ; mais aussi mauvaise application de la loi concernant les abus sexuels, le harcèlement, le viol et les rapts de femmes et d’enfants, pratiques pourtant en augmentation. ["les Nouvelles d'Addis", Repères, 15 septembre 2001]


COLETTE DELSOL

Addis-Abeba, septembre 2001. On ne peut que s’interroger sur certains faits récents où les femmes éthiopiennes ont été mises en cause. D’abord, la suspension, par le ministère de la Justice, d’une association bien connue en Éthiopie, celle des femmes avocats (Ethiopian Women Lawyers Association). Officiellement, il lui serait reproché de mener des activités différentes de celles que la loi lui autorise. Depuis de nombreuses années, cette association s’emploie à défendre les droits de femmes et d’enfants qui ne disposent d’aucun moyen pour faire valoir leurs droits. On ignore en quoi cette action sociale de l’association des femmes avocats peut présenter la moindre menace pour l’ordre public. Quand bien même, auraient-elles commis une erreur ou outrepassé leurs droits (ce qui serait surprenant pour des juristes), la suspension pure et simple est-elle le moyen de régler le problème ? Vaut-il mieux laisser des centaines de femmes aux prises avec des injustices flagrantes et condamner celles qui les défendent ?

Autre fait révélateur, fin août, a été organisée à Addis-Abeba, une manifestation contre les abus sexuels, le harcèlement, le viol et les rapts de femmes et d’enfants. Il semblerait donc qu’il y ait encore fort à faire pour faire respecter les lois. L’Association des femmes d’Addis-Abeba, par la voix de sa vice-présidente déclare que l’augmentation de ces pratiques est due en partie à une mauvaise application de la loi par les juges qui tentent le plus souvent de calmer les victimes, plutôt que d’obtenir des réparations pour elles. L’association pointe aussi, hors les violences immédiates subies par ces victimes, le risque d’infection par des maladies sexuellement transmissibles, dont le sida. Les coupables de ces actes sont le plus souvent condamnés à des peines de prison très symboliques. Les manifestantes, dont beaucoup de victimes, réclament non seulement une réelle application des lois existantes, mais aussi un durcissement de la loi, refusant, par exemple, la libération sous caution des coupables.

Et pendant ce temps-là… l’ancienne présidente de la Chambre de la Fédération demandait l’asile politique aux États-Unis. Dieu reconnaîtra les siennes. – CD


© Les Nouvelles d'Addis (LNA) 2001. -- http://www.lesnouvelles.org -- Les Nouvelles d'Addis,
le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique.
Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté.