Résolution du conflit érythréo-éthiopien, février 2002. La commission qui devait statuer sur la délimitation-démarcation de la frontière éthio-érythréenne avant la fin du mois de février, décide de saccorder un délai dun mois supplémentaire avant de se prononcer. Officiellement, ce sont des « raisons techniques » qui expliquent ce retard. La Commission de La Haye a été mise en place après laccord dAlger (décembre 2000). Elle est chargée, après avoir entendu les représentants dÉrythrée et dÉthiopie et consulté les experts, de rendre une décision définitive sur leur frontière commune.
Plusieurs partis dopposition éthiopiens ont organisé des manifestations à Addis-Abeba, réclamant un accès à la mer pour lÉthiopie. Cet accès à la mer supposerait une remise en cause importante de la souveraineté érythréenne, puisque la légitimité de lÉrythrée sur les ports est incontestable depuis son indépendance. Les zones contestées, sur lesquelles la Commission de La Haye doit se prononcer, ne concernent aucunement les régions côtières.
En attendant que la Commission rende sa décision, une mission du Conseil de sécurité des Nations-Unies, conduite par lAmbassadeur de Norvège, Ole Peter Kolby, entame un séjour de plusieurs jours dans les deux capitales, Addis-Abeba et Asmara, pour préparer les gouvernements à lapplication de la décision. Le Premier ministre éthiopien, Mélès Zénawi se déclare optimiste et espère que le résultat sera « clair, juste et ouvert ». Du côté de la mission des Nations-Unies, on estime que la démarcation est un pas important dans létablissement dune paix durable entre les deux pays.
La décision « définitive » de délimitation devra être suivie par la démarcation sur le terrain. Cette opération risque de susciter quelques mécontentements auprès dÉrythréens et dÉthiopiens qui pourraient bien se retrouver de fait citoyens du pays voisin. CD