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Analyse politique

Repères
Une brève analyse des faits par un journaliste des "Nouvelles d'Addis".
Pour suivre l'évolution et les enjeux des politiques régionales.

Khartoum.

Conflit du sud-Soudan : petits pas vers des négociations.

Le plan Danforth comprend quatre séries de mesures destinées à établir un climat propice à un règlement de paix. ["les Nouvelles d'Addis", Repères, 20 mars 2002]


ROBERT WIREN

Conflit du sud-Soudan, mars 2002. – L’ambassadeur du Soudan en France, Abdel Basset el-Sanoussi a tenu une conférence de presse jeudi 14 mars 2002, sur le thème « l’avenir des initiatives de paix au Soudan ». Par cette action de communication, le gouvernement soudanais tenait à faire savoir qu’il est toujours désireux d’aboutir à une solution négociée avec les rebelles du sud (SPLA, Armée populaire de libération du Sud Soudan) et qu’il a accepté toutes les propositions de l’envoyé spécial américain, le Sénateur John Danforth.

La volonté de paix de Khartoum a pu être mise en doute lorsque des hélicoptères militaires ont mitraillé des civils en février dans l’ouest de la province du Haut-Nil. Il y a eu plusieurs dizaines de victimes tuées ou blessées et parmi elles figuraient des employés d’Organisations non-gouvernementales. Ces actions ont provoqué un raidissement des États-Unis qui ont suspendu les discussions avec le gouvernement soudanais en attendant des explications. Ce dernier a exprimé ses regrets affirmant qu’il s’était agi d’une erreur survenue dans le contexte d’une recrudescence des activités militaires des rebelles sudistes.

Le plan Danforth comprend quatre séries de mesures destinées à établir un climat propice à un règlement de paix. Une première étape a été le cessez-le-feu en janvier dans la région des monts Nuba et l’accord sur la création de zones protégées pour permettre l’assistance humanitaire aux populations et sur la fin des enlèvements de femmes et d’enfants. Ces accords engagent les deux parties. Restait le quatrième point, la protection des civils dans les zones de combat.

Le 10 mars, le gouvernement soudanais a signé cet accord que le mouvement armé du sud n’avait pas encore approuvé. Le régime de Khartoum avait espéré venir à bout de la rébellion lorsque celle-ci s’est divisée en 1991 et qu’un accord de paix était intervenu en 1996 avec Riek Machar et son mouvement (SPDF). Mais ce dernier a rompu l’accord il y a deux ans en accusant les forces gouvernementales d’attaquer ses troupes. Et au début de l’année les deux dirigeants sudistes, John Garang et Riek Machar, ont réunifié leurs mouvements et intensifié leurs actions en direction des zones où des compagnies étrangères exploitent des gisements pétroliers, source d’importantes recettes pour le gouvernement. Pour ce dernier les négociations sérieuses ne pourront commencer qu’après un cessez-le-feu global, préalable rejeté par les sudistes. – RW


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