Conflit du sud-Soudan, mars 2002. Lambassadeur du Soudan en France, Abdel Basset el-Sanoussi a tenu une conférence de presse jeudi 14 mars 2002, sur le thème « lavenir des initiatives de paix au Soudan ». Par cette action de communication, le gouvernement soudanais tenait à faire savoir quil est toujours désireux daboutir à une solution négociée avec les rebelles du sud (SPLA, Armée populaire de libération du Sud Soudan) et quil a accepté toutes les propositions de lenvoyé spécial américain, le Sénateur John Danforth.
La volonté de paix de Khartoum a pu être mise en doute lorsque des hélicoptères militaires ont mitraillé des civils en février dans louest de la province du Haut-Nil. Il y a eu plusieurs dizaines de victimes tuées ou blessées et parmi elles figuraient des employés dOrganisations non-gouvernementales. Ces actions ont provoqué un raidissement des États-Unis qui ont suspendu les discussions avec le gouvernement soudanais en attendant des explications. Ce dernier a exprimé ses regrets affirmant quil sétait agi dune erreur survenue dans le contexte dune recrudescence des activités militaires des rebelles sudistes.
Le plan Danforth comprend quatre séries de mesures destinées à établir un climat propice à un règlement de paix. Une première étape a été le cessez-le-feu en janvier dans la région des monts Nuba et laccord sur la création de zones protégées pour permettre lassistance humanitaire aux populations et sur la fin des enlèvements de femmes et denfants. Ces accords engagent les deux parties. Restait le quatrième point, la protection des civils dans les zones de combat.
Le 10 mars, le gouvernement soudanais a signé cet accord que le mouvement armé du sud navait pas encore approuvé. Le régime de Khartoum avait espéré venir à bout de la rébellion lorsque celle-ci sest divisée en 1991 et quun accord de paix était intervenu en 1996 avec Riek Machar et son mouvement (SPDF). Mais ce dernier a rompu laccord il y a deux ans en accusant les forces gouvernementales dattaquer ses troupes. Et au début de lannée les deux dirigeants sudistes, John Garang et Riek Machar, ont réunifié leurs mouvements et intensifié leurs actions en direction des zones où des compagnies étrangères exploitent des gisements pétroliers, source dimportantes recettes pour le gouvernement. Pour ce dernier les négociations sérieuses ne pourront commencer quaprès un cessez-le-feu global, préalable rejeté par les sudistes. RW