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Analyse politique

Repères
Une brève analyse des faits par un journaliste des "Nouvelles d'Addis".
Pour suivre l'évolution et les enjeux des politiques régionales.

Un conflit interne mine le pays depuis 1983.

Soudan : l'accord du 20 juillet, une étape vers la paix ?

L'accord signé est une étape : il reconnaît que la charia n'est pas applicable au sud, et que cette partie du Soudan a vocation à s'autodéterminer. ["Les nouvelles d'Addis", Repères, 25 juillet 2002]


ROBERT WIREN

Khartoum, juillet 2002. – L'accord signé le 20 juillet près de Nairobi entre les représentants du gouvernement soudanais et ceux de la rebellion sudiste (SPLM) est présenté comme un premier pas vers la paix dans un conflit interne qui mine le Soudan depuis 1983. Le contexte géopolitique semble en effet favorable : les forces militaires en présence s'épuisent dans des combats qui n'amènent aucune percée décisive et surtout un acteur extérieur de poids s'est impliqué et fait pression sur les responsables des deux camps. Les États-Unis ont changé d'attitude envers le Soudan depuis les événements du 11 septembre 2001. De pestiféré, le régime de Khartoum est soudain devenu plus fréquentable lorsqu'il a proposé sa coopération dans la lutte contre Al-Qaïda. L'intérêt des États-Unis est de voir la Soudan devenir une zone de stabilité avec un gouvernement qui ne soit plus tenté d'offrir un asile à des groupes intégriste islamiques. En outre le sort des populations noires chrétiennes et animistes du sud soudanais est devenu un sujet de politique intérieure américaine. La droite religieuse protestante et la communauté noire dénoncent régulièrement la politique d'arabisation et de conversions forcées à l'islam qui a provoqué la guerre civile. Et, pour motiver un peu plus l'intérêt des États-Unis pour le Soudan, l'existence de réserves pétrolières importantes ont mis en appétit les lobbies de l'or noir, ceux-là même qui ont financé la campagne électorale du présient Bush.

De leur côté les rebelles du sud dont une partie avait accepté en 1996 un accord avec le gouvernement soudanais, se sont réunifiés au début de l'année car les dirigeants de Khartoum n'avaient cherché qu'à diviser la rebellion pour mieux en venir à bout. C'est pourquoi la trêve qui s'est instaurée il y a quelques mois dans la région des monts Noubas n'est pas considérée par les rebelles comme une preuve de sincérité. Instruits par l'expérience des accords passés et violés peu après, les responsables sudistes peuvent soupçonner les autorités de Khartoum de se ménager une zone de paix chez les Noubas pour y exploiter le pétrole et financer de nouvelles offensives. En effet, dans le Haut-Nil des actions militaires soudanaises ont encore eu lieu en avril et mai derniers.

L'accord signé la semaine dernière est une étape : il reconnaît que la charia n'est pas applicable au sud et que cette partie du Soudan a vocation à s'autodéterminer. Mais ces points avaient déjà été admis auparavant par le gouvernement soudanais actuel et ce sont les prochaines négociations prévues à la mi-août qui seront déterminantes car il s'agira d'établir un calendrier, de préciser le cadre institutionnel pour la période transitoire de 6 ans et de définir les options (autonomie, fédéralismeou constitution pour le sud) qui seront proposées aux populations au cours d'un référendum sous supervision internationale. Comme un certain nombre de champs pétrolifères sont dans le sud, la question du partage des richesses ne sera pas simple à résoudre.

Le récent accord ne prévoit pas de cessez-le-feu ce qui donne la mesure de la méfiance des dririgeants sudistes qui veulent un accord complet sur l'avenir du pays avant d'abandonner la carte militaire. De son côté le gouvernement soudanais continue à utiliser l'arme alimentaire en exigeant de contrôler l'activité des agences des Nations Unies dans le sud du pays et en leur interdisant l'accès à certaines zones. Quant à l'opposition nordiste (parti Oumma, parti unioniste démocratique), elle regrette que les efforts américains visent surtout à obtenir la coopération du gouvernement soudanais dans la lutte anti-terroriste sans exiger une démocratisation du régime. – RW


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© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2005.http://www.lesnouvelles.orgLes nouvelles d'Addis,
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