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Analyse politique
Repères

Une brève analyse stratégique, par un journaliste des « Nouvelles d'Addis », ou captée sur les radios internationales.

Pour suivre l'évolution et les enjeux des politiques régionales.

Mombasa. Attentats anti-israéliens

Grave dysfonctionnement des services de renseignement ou décision stratégico-politique ?

Face à cette panne flagrante, il faut espérer qu’il ne s’agisse pas d’une basse manipulation politique. ["Les nouvelles d'Addis", Repères, 7 novembre 2002]


ISABEL INTELLIGENCE

Mombasa, novembre 2002. – Après le double attentat anti-israélien au Kenya, nous sommes en droit de nous poser des questions sur la réelle efficacité des services de renseignement. En effet, après que l’Australie ait révélé, la première, que ses services de renseignement avaient été informés du risque d’attentat au Kenya, l’Allemagne confirma avoir également été avertie. Les États-Unis n’avaient plus d’autre choix que d’admettre effectivement détenir des informations qui faisait état d’une telle menace. Après de tels aveux, difficile de croire que Washington n’ait pas prévenu Tel-Aviv. Effectivement un officiel israélien finit par avouer que le Mossad détenait les mêmes informations mais qu’elles étaient « trop générales et peu crédibles ».

Que la "fuite" vienne de Camberra n’est pas forcément surprenant. Alors que jusqu’au terrible attentat de Bali, l’Australie suivait la lutte contre le terrorisme internationale en « spectateur pas vraiment concerné », ses services de renseignement ont dû très rapidement redéfinir leurs objectifs. Rien d’étonnant donc qu’ils aient été plus sensibles aux indices indiquant des menaces d’attentats au Kenya. Ils ont profité de l’occasion pour faire remarquer au monde qu’ils faisaient désormais partie intégrante “du jeu” en révélant détenir l’information.

Que les Allemands aient été prévenus paraît également normal puisqu’ils disposent maintenant d’un détachement de l’aéronavale au Kenya, et précisément à Mombasa. Ceci admis, il ne faisait plus aucun doute que les États-Unis disposaient également de l’information en question. Compte-tenu de l’étroite collaboration entre services de renseignement américain et israélien, il paraissait évident que Tel-Aviv détenait, elle aussi, ce précieux élément.

Pourquoi avoir voulu dissimuler ce fait ?
S’agissait-il de masquer un dysfonctionnement ?

Il est vrai que dans ces conditions, il est surprenant que des mesures supplémentaires de sécurité n’aient pas été prises. Surtout à la veille de l’anniversaire de la résolution de l’ONU sur le partage de la Palestine. Il aurait suffit de renforcer la garde au niveau de la barrière qui donne accès à l’entrée de l’hôtel, en ajoutant par exemple un véhicule lourd ou bien des sacs de sable. Les mesures étant ainsi renforcées le 4x4 des terroristes n’aurait pas pu atteindre la réception de l’hôtel et le bilan aurait sûrement été moins lourd…

En réfléchissant aux différentes possibilités on en est, au risque de paraître naïf, à souhaiter qu’il s’agisse bien d’un dysfonctionnement et non pas d’un acte bassement politique. Car si, rien qu’un instant, on se pose la classique question : A qui profite le crime ? – On est obligé de répondre : Ariel Sharon. Ce dernier qui a annoncé « qu’Israël n’hésiterait pas à étendre ses représailles au monde entier », peut maintenant, encore plus aisément, justifier sa volonté de poursuivre le « terrorisme arabe » où qu’il se trouve…

Encore une fois espérons que cette hypothèse soit fausse. D’ailleurs n’oublions pas que la récente interview du patron du contre-espionnage français,(DST), dans Libération, signale également des menaces d’attentats en France à l’approche des fêtes de fin d’année. Mais, ne voulant pas créer de psychose, il précise que les menaces ne sont pas assez précises et qu’il est inutile de s’inquiéter.
De quoi nous donner envie de passer les fêtes de fin d’année dans le Larzac… – II 
 
 


Le grand public pouvait savoir, ou du moins se douter…

Avoir été informé de la menace terroriste, avant le double attentat de Mombasa, n’était pas l’apanage des services de renseignement. L’information était accessible au grand public. Preuve en est ces extraits choisis des émissions de la Voix de l’Amérique :

Le 4 novembre la VOA annonçait : « Le département d’état croit savoir que des groupes extrémistes préparent de nouvelles actions terroristes. Parmi les cibles éventuelles figurent notamment des lieux de culte, des hôtels ainsi que des centres américains. »

Dix jours plus tard, la VOA toujours faisait état de nouvelles menaces : « Les communications entre des terroristes présumés s’intensifient, indiquant que de nouvelles attaques pourraient être imminentes, selon les services de renseignement américains. »

Le Washington Post ajoutait, après la diffusion par Al-Djazira, d’un nouvel enregistrement audio attribué à Oussama ben-Laden : « Les services de renseignements américains ont prévenu que M. Ben-Laden a souvent émis des messages avant les attaques de groupes terroristes. »

Si de telles informations étaient diffusées au grand public, il ne fait aucun doute que les services de renseignement étatiques avaient des informations beaucoup plus précises… – II

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