Mombasa, novembre 2002. Après le double attentat anti-israélien au Kenya, nous sommes en droit de nous poser des questions sur la réelle efficacité des services de renseignement. En effet, après que lAustralie ait révélé, la première, que ses services de renseignement avaient été informés du risque dattentat au Kenya, lAllemagne confirma avoir également été avertie. Les États-Unis navaient plus dautre choix que dadmettre effectivement détenir des informations qui faisait état dune telle menace. Après de tels aveux, difficile de croire que Washington nait pas prévenu Tel-Aviv. Effectivement un officiel israélien finit par avouer que le Mossad détenait les mêmes informations mais quelles étaient « trop générales et peu crédibles ».
Que la "fuite" vienne de Camberra nest pas forcément surprenant. Alors que jusquau terrible attentat de Bali, lAustralie suivait la lutte contre le terrorisme internationale en « spectateur pas vraiment concerné », ses services de renseignement ont dû très rapidement redéfinir leurs objectifs. Rien détonnant donc quils aient été plus sensibles aux indices indiquant des menaces dattentats au Kenya. Ils ont profité de loccasion pour faire remarquer au monde quils faisaient désormais partie intégrante du jeu en révélant détenir linformation.
Que les Allemands aient été prévenus paraît également normal puisquils disposent maintenant dun détachement de laéronavale au Kenya, et précisément à Mombasa. Ceci admis, il ne faisait plus aucun doute que les États-Unis disposaient également de linformation en question. Compte-tenu de létroite collaboration entre services de renseignement américain et israélien, il paraissait évident que Tel-Aviv détenait, elle aussi, ce précieux élément.
Pourquoi avoir voulu dissimuler ce fait ?
Sagissait-il de masquer un dysfonctionnement ?
Il est vrai que dans ces conditions, il est surprenant que des mesures supplémentaires de sécurité naient pas été prises. Surtout à la veille de lanniversaire de la résolution de lONU sur le partage de la Palestine. Il aurait suffit de renforcer la garde au niveau de la barrière qui donne accès à lentrée de lhôtel, en ajoutant par exemple un véhicule lourd ou bien des sacs de sable. Les mesures étant ainsi renforcées le 4x4 des terroristes naurait pas pu atteindre la réception de lhôtel et le bilan aurait sûrement été moins lourd
En réfléchissant aux différentes possibilités on en est, au risque de paraître naïf, à souhaiter quil sagisse bien dun dysfonctionnement et non pas dun acte bassement politique. Car si, rien quun instant, on se pose la classique question : A qui profite le crime ? On est obligé de répondre : Ariel Sharon. Ce dernier qui a annoncé « quIsraël nhésiterait pas à étendre ses représailles au monde entier », peut maintenant, encore plus aisément, justifier sa volonté de poursuivre le « terrorisme arabe » où quil se trouve
Encore une fois espérons que cette hypothèse soit fausse. Dailleurs noublions pas que la récente interview du patron du contre-espionnage français,(DST), dans Libération, signale également des menaces dattentats en France à lapproche des fêtes de fin dannée. Mais, ne voulant pas créer de psychose, il précise que les menaces ne sont pas assez précises et quil est inutile de sinquiéter.
De quoi nous donner envie de passer les fêtes de fin dannée dans le Larzac
II
Le grand public pouvait savoir, ou du moins se douter
Avoir été informé de la menace terroriste, avant le double attentat de Mombasa, nétait pas lapanage des services de renseignement. Linformation était accessible au grand public. Preuve en est ces extraits choisis des émissions de la Voix de lAmérique :
Le 4 novembre la VOA annonçait : « Le département détat croit savoir que des groupes extrémistes préparent de nouvelles actions terroristes. Parmi les cibles éventuelles figurent notamment des lieux de culte, des hôtels ainsi que des centres américains. »
Dix jours plus tard, la VOA toujours faisait état de nouvelles menaces : « Les communications entre des terroristes présumés sintensifient, indiquant que de nouvelles attaques pourraient être imminentes, selon les services de renseignement américains. »
Le Washington Post ajoutait, après la diffusion par Al-Djazira, dun nouvel enregistrement audio attribué à Oussama ben-Laden : « Les services de renseignements américains ont prévenu que M. Ben-Laden a souvent émis des messages avant les attaques de groupes terroristes. »
Si de telles informations étaient diffusées au grand public, il ne fait aucun doute que les services de renseignement étatiques avaient des informations beaucoup plus précises
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