13 décembre 2002. Difficile de rester insensible au reportage, diffusé récemment par canal plus, concernant la mort du juge Borrel à Djibouti. Le travail de Bernard Nicolas et de Jean Claude Fontant est remarquable. Au vu de cette enquête, il ne fait aucun doute que de grandes plages dombre persistent, rendant ainsi la thèse officielle du suicide peu crédible. Dailleurs, les images montrant lembarras du président djiboutien interrogé à ce propos lors dune conférence de presse donnée dernièrement à Paris, tend à confirmer que toute la lumière na pas été faite sur cette triste affaire. Ismaël Omar Guelleh qui est clairement mis en cause, a redoublé de malchance lors de son dernier séjour à Paris. Venu pour obtenir une nouvelle aide financière française il nest reparti quavec la légion dhonneur. Un grand honneur certes, mais qui ne remplacera pas les euros recherchés. Sachant quauparavant, la France avait refusé de donner une suite favorable à la demande djiboutienne de faire annuler le reportage en question, il ne fait aucun doute que les relations entre la France et son ancien territoire, souffrent dun réel refroidissement.
Le moment ne pouvait pas plus mal tomber pour les intérêts français. En effet, sous couvert de lutte anti-terroriste, les États-Unis ont lancé, depuis plusieurs mois déjà, une vaste offensive de séduction envers lAfrique en général, et la corne de lAfrique en particulier. Il sagit pour Washington, dans un premier temps de trouver de nouveaux pays fournisseurs de pétrole pour se substituer, à termes, à lArabie Saoudite, et parallèlement doccuper de nouvelles places stratégiques telles que la corne de lAfrique, afin de pouvoir plus aisément lancer ses opérations anti-terroristes ou autres "frappes préventives". Cette semaine dailleurs, Djibouti a reçu la visite du secrétaire dÉtat américain à la défense, quelques jours seulement après celle du sous secrétaire dÉtat américain chargé de lAfrique. A cette occasion Donald Rumsfeld a qualifié la République de Djibouti de « meilleur endroit pour surveiller cette zone maritime ». Et il a ajouté que les forces américaines, stationnées depuis peu dans ce pays à la position stratégique enviée, resteraient certainement plusieurs années. Il ne fait aucun doute quà défaut deuros le président djiboutien devrait facilement obtenir laide escomptée en billets verts
Maintenant faisons nous lavocat du diable et refusons de croire aux coïncidences : Et si ce soudain regain dintérêt des médias pour laffaire du juge Borrel était tout simplement orchestré par des agents dinfluence américains ? Bien sûr, Il nest pas question de mettre en doute la bonne foi des journalistes ayant réalisé cet excellent reportage, mais restons conscients. Il ne fait aucun doute que le moment ne pouvait être mieux choisi pour favoriser les intérêts de Washington dans cette région. De la à penser que des agents dinfluence américains aient guidé, dans lombre, les médias
Il ne reste quun pas que je vous laisserai seul franchir
II
Voir aussi la contribution de Ahmed Ibrahim