4 mars 2003. Il faut faire une différence entre une guerre locale comme celle entre l'Iran et l'Irak (1980-1988), où Sadam a été un pion des États-Unis) et celles menées par les forces impérialistes, comme en 1990, ou celle qui se prépare.
Dans ces deux situations, le territoire djiboutien a été utilisé sans que le résultat, sur le plan économique ou, comme on le dit couramment, du développement économique, soit à la hauteur de l'espérance de la population djiboutienne. En 1990, on peut soutenir que le pays a apporté son aide à la coalition internationale, dirigée par les États-Unis, parce qu'un pays a été occupé par un autre. Mais au lieu de participer militairement comme le Sénégal, les autorités de l'époque les mêmes qu'aujourd'hui se sont comportées comme une p
, qui va avec le plus offrant.
Le contexte de la nouvelle guerre de Bush est différent. Et s'ils étaient un peu conscients de la politique du pétrolier Bush, des dirigeants responsables ne pourraient appuyer une supposée lutte contre le terrorisme international ou contre la possession d'armes de destruction massive. Bush n'est pas ces dirigeants visionnaires, qui ont toujours des failles dans leurs analyses parce que ce sont des être humains, et le monde et la vie économique ne sont jamais conformes à leurs projets idéalistes. IOG devrait bien réfléchir à ce concept de guerre préventive que d'autres membres du capitalisme mondial comme la France, le Canada et l'Allemagne rejettent vigoureusement. C'est hypothétique de parler de relations bilatérales ou de relations cordiales avec des dirigeants qui détruisent leur société et les autres par cupidité, par l'envie de gagner rapidement, par la domination.
Tentons un bilan pour la République de Djibouti depuis la guerre de 1991 en Irak. L'aide promise par les alliés de l'époque n'a en rien amélioré la vie de la population locale. Au contraire, le pays a connu une guerre civile en 1991. Ni la France ni les États-Unis ne sont précipités pour l'aider à sortir pacifiquement de cette sale guerre. Toutefois n'oublions pas l'implication française, mais seulement par intérêt colonialiste. Mais on ne peut rejeter la responsabilité de toutes nos difficultés sur les autres. C'est une solution facile. Les maux de cette société et de ce pays sont bien connus ; ils se réduisent à deux mots : arrogance et corruption des dirigeants politiques.
En acceptant d'accueillir des marines sur le sol djiboutien, les dirigeants (et à commencer IOG) acceptent l'idée que nous sommes des terroristes potentiels, que les réseaux terroristes, Al-Qaïda ou autres, existent à Djibouti. Mais ce qui est préoccupant c'est l'absence de réflexion des dirigeants djiboutiens sur des conflits de ce type. Accueillir des militaires de l'organisation militaire occidentale n'est pas une bonne manière de participer à une lutte internationale qui ne nous concerne pas. Au contraire, nous nous mettons dans une situation difficile dans les relations avec notre monde proche : le monde arabo-musulman. Bien sûr, Djibouti n'est pas le seul pays qui joue de l'hypocrisie avec les États-Unis, mais ce serait mieux si le petit pays tenait une position conforme à ses intérêts économiques et politiques. Et comme nous ne pouvons pas défendre des intérêts aux États-Unis, nous devons réduire nos forces à une région, à des pays que nous connaissons et non pas à un Diable. Après cette guerre, les États-Unis et ses alliés ignoreront nos problèmes. Le seul pays occidental qui pourrait encore nous assister -n'ayons pas peur du mot, parce que coopération est un euphémisme qui n'a pas de sens- est la France. Aux États-Unis, il n'y a pas une politique, il y a la préparation des guerres de conquête pour s'approprier les richesses des autres peuples. Quand est-ce que IOG et ses amis vont penser un peu pour que le peuple et le pays aient une dignité. Les dollars d'une période ne constituent pas une solution définitive à nos problèmes. AB
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