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USA-Iraq / Menace terroriste / Monde arabe

Au nom de « la rue arabe », la guerre américaine en Iraq suscite des relents de guerre froide à Moscou

Il n'est pas anodin d'entendre La voix de la Russie réinterpréter la "grosse musique" du Radio Moscou de la pire époque. S'agit-il d'une reprise circonstantielle ? Ça dépendra de la durée et de l'ampleur de la guerre privée de monsieur W. Bush.



Isabel Intelligence
à l'écoute de
VOIX DE LA RUSSIE


La voix de la Russie, 7/04/2003. – L'attention du Maghreb, comme celle du monde entier, est fixée sur la guerre en Iraq. À mesure que la coalition anti-irakienne, avec à sa tête les États-Unis, accusent des succès pratiquement sur tous les fronts, les protestations contre cette agression font tâche d'huile dans le monde.

Pour le Maghreb, ce problème est particulièrement sensible, écrit Alexis Gregoriev, parce que l'Iraq fait partie du monde arabe et musulman. Aussi est-il normal que la Libye, la Tunisie, l'Algérie, le Maroc et la Mauritanie se prononcent fermement pour l'arrêt immédiat de la guerre en Iraq et au règlement de la crise par des moyens diplomatiques avec le maintien de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de ce pays devenu l'épicentre de la plus terrible agression du début du XXIème siècle. Les leaders maghrébins se rendent également compte que, tôt ou tard, les États-Unis finiront par atteindre leur but en Iraq dont le plus important, qui a été ouvertement proclamé par Washington, est de faire tomber Saddam Hussein et le remplacer par un nouveau gouvernement démocratique. Cela dit, selon certains leaders maghrébins, les États-Unis pourraient ne pas s'arrêter là et poursuivre leur expansion militaire, notamment contre la Syrie voisine.

Le leader libyen Moammar Kadhafi est peut être la prochaine cible des Etats-Unis, après leur victoire en Iraq. Dans une interview au magazine Al-Watan al-Arabi, l'ancien chef de la CIA, James Woolsey, a évoqué l'intention de Washington de provoquer un changement de pouvoir en Libye. Selon lui, le scénario utilisé en Iraq pourrait être reconduit dans d'autres pays de la région comme la Syrie, le Soudan ou la Libye. Les dirigeants de ces pays devraient en tout cas s'en inquiéter, a déclaré Woolsey. Il existe un fait troublant. On trouve dernièrement dans les médias américains et britanniques, toujours plus d'articles sur la présence en Libye d'armes de destruction massive ce qui, selon eux, représenterait une menace, par exemple pour Israël. Cette campagne anti-libyenne menée sur fond de guerre en Iraq, est le désir de plus en plus affirmé des corporations pétrolières et autres des États-Unis de revenir dans ce pays, un des plus riches du monde, pour les réserves de pétrole. Beaucoup d'analystes, y compris maghrébins, estiment que la Libye et non pas le régime de Hussein ont incité les États-Unis à déclencher une guerre en Iraq.

On pense, au Maghreb et ailleurs, que lorsqu'ils auront mis la main sur le pétrole irakien, après le renversement du président Hussein, les États-Unis tenteront de faire éclater l'Opep et d'imposer à tous les pays producteurs de pétrole une même stratégie visant à faire chuter les prix du brut sur les marchés mondiaux. Sur les marchés maghrébins, pour deux au moins, l'Algérie et la Libye, cette stratégie sera une véritable catastrophe. Elle ruinera leur plan de développement économique basé justement sur la production et l'exportation du pétrole. Elle touchera aussi bien à un moindre degré le Maroc et la Tunisie qui comptent sur les revenus de leurs industries pétrolières.

Pour le moment ce ne sont que des pronostics, mais ils peuvent devenir réalité après la fin de la guerre en Iraq. En attendant la société maghrébine condamne presque unanimement l'agression contre l'Iraq. La rue, c'est-à-dire les simples gens du Maghreb, se montre très inquiète, ce qui se traduit par des manifestations massives aussi bien dans les capitales que dans les villes de province. Les associations et les organisations islamiques soutiennent ouvertement les appels au Djihad, c'est-à-dire à la guerre sainte des musulmans contre les États-Unis et leurs alliés de la coalition anti-irakienne. Sur le fond, de ces comportements et rancœurs anti-américains, les pouvoirs officiels des pays du Maghreb se montrent plus réservés, même s'ils se contentent de lancer des appels à l'arrêt des hostilités et des promesses d'aide humanitaire aux civils irakiens. En quoi on peut les comprendre. La montée de l'intégrisme islamique, y compris de la menace du terrorisme provoquée par l'agression des États-Unis en Iraq, met gravement en péril leur stabilité. Sur ce plan ils ne peuvent compter que sur leurs propres forces, puisque le courant de la solidarité arabe n'est plus aujourd'hui que de la rhétorique. – VR


FORMULATION DE L'ARTICLE. – Ce texte est un relevé d'écoute de la radio ; la formulation est donc celle du média cité. Les titres, par contre, sont de notre rédaction.


(*) Ctte rubrique s'appuie sur l'écoute des radios. La transcription de certains mots (reportés entre guillements, suivis d'un astérisque entre parenthèses) peut s'avérer fautive.
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