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Somaliland / Politiques / Institutions
L'élection hésitante du président Dahir Rayale Kahin met-elle en péril le consensus somalilandais ? Dans cette élection présidentielle balbutiante (80 voix d'écart), les électeurs du Somaliland n'ont pas voulu départager clairement deux "offres" politiques très différentes. Si elle se tendait, la situation actuelle pourrait remettre en cause le fragile équilibre politique qui prévalait ces dernières années. Il serait en effet illusoire de croire que les querelles claniques ont disparu de ce petit pays ; par ailleurs, Djibouti et certains pays arabes ne voient pas d'un bon il son indépendance. Membre de la rédaction des Nouvelles d'Addis, Robert Wiren, qui a rencontré Dahir Rayale Kahin, président en transition, en décembre 2002, revient sur les leçons de cette élection "pour quelques voix de plus".
24 avril 2003. Au Somaliland la première élection présidentielle au suffrage universel, qui s'était déroulée dans le calme le 14 avril , ouvrira peut-être une période plus agitée avec le refus du principal parti d'opposition de reconnaître les résultatsdu scrutin. Un membre de la Commission électorale, Ahmad Adan Ali Godir, a déclaré que les élections ont été libres et loyales : « Tous les partis avaient des représentants dans les bureaux de comptage pour signer chaque résultat, de sorte qu'il n'y ait pas de fraude. » Des observateurs étrangers étaient présents et, d'après l'équipe sud-africaine, le processus électoral a été pacifique, ordonné et transparent. Depuis 1991, après avoir repris de facto son indépendance à l'issue de la guerre civile qui s'est achevée par le départ du dictateur Siad Barré, le Somaliland s'est attaché à reconstruire un État de façon pragmatique, tout d'abord par un consensus issu de négociations traditionnelles interclaniques, puis par la mise en place d'institutions politiques représentatives. Jusqu'à présent la stabilité du pays a été obtenue par un accord non écrit sur le partage du pouvoir. Les dirigeants ont été nommés dans un premier temps par les chefs traditionnels. Le poste de président était attribué à un membre du clan Issaq, clan le plus influent, tandis que le vice-président et le président du Parlement devaient être issus de clans non-Issaq. À la mort du président Egal, en juin 2002, le vice-président Rayale a accédé à la présidence comme la Constitution le prévoyait. Après les présidences Tur et Egal, c'est le premier non-Issaq à la tête du pays. Les querelles claniques n'ont pas disparu depuis l'adoption de la Charte nationale en 1993, symbole de la pacification du Somaliland. Mais, après 1995, elles ont perdu leur caractère violent. Si elle se tendait, la situation actuelle pourrait remettre en cause le fragile équilibre politique qui a prévalu ces dernières années, car les électeurs n'ont pas départagé clairement les deux principaux candidats qui incarnent des exigences politiques différentes. Certains pensent que le Somaliland a besoin d'un dirigeant fort, charismatique et volontariste. On les trouve plutôt chez les partisans de Silanyo. D'autres, qui soutiennent Rayale, ne veulent plus d'hommes forts aux tendances autocratiques comme Egal, Barré ou Aïdid (chef de guerre du sud). Ils voient dans Silanyo un dirigeant du passé, ancien ministre de Siad Barre, devenu opposant dans les années 80 à la tête du Somali National Movement (SNM), mouvement armé dominé par les Issaq. Selon ses adversaires, il céderait facilement au culte de la personnalité. Pourtant ces dernières années il avait su rester en retrait de la scène politique ; Dahir Rayale est plus jeune et s'il n'a pas exercé de fonctions politiques de premier plan avant d'être coopté par Egal, il aurait un passé de responsable des services de sécurité sous la dictature de Barré. Comme membre d'un sous-clan Gadabursi, il rassure les clans non-Issaq mais reçoit également le soutien de certains Issaq. Mais le point de clivage le plus net entre les deux camps concerne l'attitude envers Djibouti. Les partisans de Silanyo pensent que le président Rayale a normalisé trop tôt les relations avec ce pays. Pour eux, sa complaisance à l'égard du président Guelleh n'est pas payée en retour, car ce dernier continue son travail de sape contre l'indépendance du Somaliland, au profit de ses intérêts propres et en accord avec certains pays arabes qui veulent restaurer une Somalie unitaire. RW 22 avril 2003. Le Somaliland suspend les autorisations de manifestations politiques pendant dix jours. L'interdiction sapplique à la manifestation prévue par le principal parti dopposition, dirigé par Ahmed Mohamed Silanyo, arrivé en seconde position à l'élection présidentielle du 14 avril. Dahir Rayale Kahin, le président, justifie cette interdiction en déclarant que toute manifestation de violence pourrait remettre en cause la reconnaissance de lindépendance du pays. La Cour constitutionnelle somalilandaise a été saisie par lopposition ; elle doit rendre sa décision concernant les résultats officiels dans les prochains jours. |
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Élection présidentielle sous surveillance internationale pour un pays qui n'existe pas (Deutsche Welle, 14 avril 2003) Dahir Rayale Kahin, Président of Somaliland (English version) Politique régionale Tous les articles sur les politiques régionales Éthiopie, corne de l'Afrique, mer Rouge Les analyses stratégiques Éthiopie, corne de l'Afrique, mer Rouge |
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