Les nouvelles d'Addis   Magazine – Grandeporte – Négoce
Abonnement en ligne aux Nouvelles d'Addis
I
Dernières nouvelles
I
Lecture thématique
I
Choix de la rédaction
I
Rechercher dans le site
Mot(s) exact(s)
Résultats par page
A
n
a
l
y
s e p o l i t i q u e
Corne de l’Afrique / Liberté de la presse

Journée mondiale 2003 de la liberté de la presse : la corne de l’Afrique toujours sur la sellette

Les pays de la corne de l’Afrique figurent parmi les plus mauvais élèves en matière de liberté d’expression. Si les partis politiques et la presse n’ont pas tous les droits et surtout pas plus de droits que le commun des mortels, leurs condamnations éventuelles devraient être proportionnelles à la gravité des actes. Les mots peuvent blesser, ils tuent rarement.



COLETTE DELSOL
directrice de publication
Les nouvelles d’Addis


3 mai 2003 [Journée mondiale de la liberté de la presse]. – Tous les pays de la corne de l’Afrique figurent parmi les plus mauvais élèves en matière de liberté d’expression. Régulièrement épinglés par les organisations en charge de la protection des journalistes ou par les organisations de défense des droits de l’Homme, Djibouti, l’Érythrée et l’Éthiopie – ne parlons pas de la Somalie où la plupart des droits les plus fondamentaux ne sont pas respectés – ne semblent guère progresser dans ce domaine.

Encore récemment, des journalistes et directeurs de presse en Éthiopie ont fait l’objet de condamnations. Ainsi, Melese Gessit, ancien directeur de Gemoraw vient d’être condamné à une amende de 11.000 birr (environ 1.300 $US), pour des articles publiés en 1986 et 1987 (années éthiopiennes).
Son confrère, Befekadu Moreda, directeur de l’hebdomadaire Tomar, a été traduit devant le tribunal, le 8 avril 2003, sous l’accusation de diffamation. Son procès a été reporté au 30 mai. Befekadu Moreda a été libéré en versant une caution de 2.000 birr (environ 250 $US).
Le montant des amendes et des cautions met en péril la pérennité de certains supports de la presse privée éthiopienne et implique l’incarcération d’éditeurs qui ne peuvent rassembler le montant des cautions.
Le durcissement de la loi sur la presse, tel qu’il paraît se dessiner dans la nouvelle loi qui devrait être présentée au Parlement prochainement, ne rassure ni les éditeurs, ni les journalistes de la presse privée éthiopienne.

Principal point noir aujourd'hui, l’Érythrée. Arrestations en nombre, suspension de titres de presse, détention arbitraire de journalistes et d’éditeurs, le pays a catalysé (et continue de le faire) les protestations des organisations de défense de la liberté de la presse. Certaines allant jusqu’à préconiser la suspension des aides à l’Érythrée pour obtenir la libération des journalistes emprisonnés. On doit toutefois savoir raison garder. S’il n’est pas admissible d’emprisonner qui que ce soit (journaliste ou non) sans jugement, il est peu probable qu’on puisse obtenir leur libération en affamant tout un peuple.

Djibouti (membre de l’Organisation internationale de la francophonie, il faudra s’en souvenir) est aussi sous les feux de l'actualité. On semblait découvrir les délices du multipartisme intégral et, concomitamment, ceux de la liberté d’expression, pourtant, le dernier événement en date concerne l’arrestation le 20 avril 2003 de Daher Ahmed Farah (dit “DAF”), leader politique et journaliste.
Président du Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement (MRD, l’une des composantes de la coalition d’opposition qui mena une campagne exemplaire lors des élections législatives de janvier 2003), “DAF” dirige également le journal le Renouveau, organe de presse du MRD, journal d'opinion.
C’est à ce titre qu’il a été officiellement écroué, après une plainte en diffamation, déposée par le général Zakaria Cheik Ibrahim, numéro deux de l’armée djiboutienne. Le Renouveau l’avait interpellé (n° 475, 17 avril 2003) sur sa façon de gérer la troupe Harbi, groupe d’artistes de l’armée, et plus largement mis en cause le caractère apolitique et neutre de l’armée djiboutienne.
Outre le fait que “DAF” est toujours détenu (sa demande de remise en liberté provisoire ayant été refusée), son domicile, le domicile de sa mère, le siège de son journal et celui de son parti ont fait l’objet de plusieurs saisies successives (matériel informatique et bureautique, archives du journal le Renouveau), opérées par des membres des forces de la Police spéciale (SDS).
Sans vouloir minimiser l’objet de la plainte initiale, on ne peut que constater que les mesures judiciaires, policières et pénitentiaires prises à l’encontre du directeur du Renouveau paraissent un peu disproportionnées. L’opposition djiboutienne estime qu’on veut faire taire “DAF”, son parti et son journal.

La communauté internationale préconise une meilleure gouvernance des pays récipiendaires de son aide au développement ; elle serait bien inspirée d’y regarder de plus près. À moins que les enjeux politico-économico-stratégiques ne brouillent sa juste vision des faits. Comment exiger une véritable démocratie dans ces pays, si dès qu’une voix discordante de celle des pouvoirs en place finit en prison, dans le meilleur des cas…
Si les partis politiques et la presse n’ont pas tous les droits et surtout pas plus de droits que le commun des mortels, leurs condamnations éventuelles se devraient d’être proportionnelles à la gravité de leurs actes. Les mots peuvent blesser, ils tuent rarement. – CD

Lire aussi sur www.lesnouvelles.org

Journée mondiale 2003 de la liberté de la presse, sélection d'articles d'actualité sur la corne de l'Afrique


Liberté de la presse. Répertoire corne de l'Afrique/mer Rouge 2002


Sur le site de Reporters sans frontières

DJIBOUTI, rapport RSF 2003


ÉRYTHRÉE, rapport RSF 2003


ÉTHIOPIE, rapport RSF 2003


KENYA, rapport RSF 2003


SOMALIE, rapport RSF 2003


SOUDAN, rapport RSF 2003


YÉMEN, rapport RSF 2003


Défense de la presse en Afrique

RAP 21, le Réseau africain pour la presse du 21ème siècle


I
Sommaire
I
Liens
I
Recherche
I
Liste de diffusion
I
Boutique
I
Espace partenaires
I
S'abonner aux Nouvelles d'Addis
I
Qui nous sommes
I
Nous écrire
I

© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2005.http://www.lesnouvelles.org, version 3.4
Les nouvelles d'Addis, le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique
Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté
Reproduction de contenus interdite sauf autorisation écrite