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Éthiopie-Érythrée / Frontière / Arbitrage international
Le piège de Badme, ou comment transformer un arbitrage international en bombe à retardement Plus de trois ans après la fin d'un conflit qui commença à Badmé, la tension remonte, même si ce n'est qu'en paroles. L'Éthiopie dénonce une décision injuste et l'Érythrée accuse son voisin de vouloir une autre guerre. Comment en est-on arrivé là ? Quelles conséquences pour les politiques intérieures des deux pays ? [Les nouvelles d'Addis, "Repères", 10/10/2003]
10 octobre 2003. L'Éthiopie et l'Érythrée avaient accepté une procédure d'arbitrage pour régler la question de la démarcation de leur frontière commune. Le jugement a été rendu en avril 2002. Sur l'ensemble de la frontière les arbitres avaient réussi à prononcer un jugemente qui dans l'ensemble était un peu plus satisfaisant pour l'Éthiopie que pour l'Érythrée tout en rejetant des revendications éthiopiennes exagérées à l'ouest de Badmé. Mais le cas de ce village symbole que les Éthiopiens ont reconquis après de durs combats, était resté incertain et la Commission d'arbitrage n'a dissipé le flou qu'en avril 2003, laissant croire pendant un an que rien n'était joué même si Asmara affirmait que Badmé était attribué à l'Érythrée. Depuis plusieurs mois l'Éthiopie qui administre toujours Badmé, a manifesté sa mauvaise humeur en faisant traîner le démarrage des opérations de démarcation frontalière qui a été repoussé deux fois et devait commencer ce mois-ci. C'est que l'affaire est délicate pour Mélès Zénawi, le premier ministre éthiopien qui doit hausser le ton en raison des critiques virulentes que lui adressent les opposants et certains dirigeants du Tigray (région qui administre Badmé), membres de son propre parti, qui affirment vouloir empêcher les travaux de bornage. L'Éthiopie affirme qu'elle veut résoudre le problème par la diplomatie et elle a demandé que le jugment soit revu en ce qui concerne Badmé, car elle estime que sur ce point la Commission n'a pas respecté les principes définis dans l'accord d'Alger en ne tenant pas compte de la situation sur le terrain et des implications humaines de sa décision. A l'ONU, le Conseil de sécurité a rejeté la demande d'Addis-Abeba. De son côté la Commission d'arbitrage a fait savoir qu'elle pouvait retravailler la question si elle obtenait un mandat des deux parties, mais l'Érythrée ne veut pas en entendre parler. Ni Mélès, ni Issayas ne peuvent envisager un nouveau conflit. Ils n'en ont plus les moyens. Mais on risque d'aller vers un blocage de longue durée sur la frontière alors que la mission des 4.000 soldats de l'ONU n'a été prolongée que de 6 mois. |
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