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Éthiopie-Érythrée / Conflit frontalier / Repères
Frontière érythréo-éthiopienne : Le jeu dangereux des deux voisins qui « ne veulent pas la guerre » La guerre entre l'Érythrée et l'Éthiopie a fait plus de 100.000 morts. Après l'Accord d'Alger, la paix devenait une perspective crédible. Le refus par l'Éthiopie d'une partie de la décision de la Commission de la frontière modifie la donne. Les facteurs politiques internes sont déterminants ; la communauté internationale peut-elle imposer la paix ?
[L'hebdomadaire Jeune Afrique / L'Intelligent a publié une version abrégée de cet article dans son numéro daté du 18-24 janvier 2004.] 20 janvier 2004. La spirale infernale qui a entraîné lEthiopie et lErythrée dans une « guerre totale » en 1998 pourrait-elle se reformer ? Lentrechoquement paroxystique de patriotismes nationaux ou régionaux, le déchaînement de conflits passionnels et ancestraux entre voisins du Tigré et de lErythrée, les rancurs accumulées entre alliés dhier, voire laffrontement de personnes se conjuguèrent alors pour provoquer une guerre totale. Six ans plus tard, les mêmes causes pourraient-elles engendrer les mêmes effets ? Le 6 mai, un Erythréen est tué au cours dun incident aussi mineur que confus, à quelques kilomètres du bourg de Badme. A la limite des hauts plateaux abyssins et des basses terres érythréennes, il est située dans une zone revendiquée tant par les Erythréens que par les Ethiopiens, mais que ces derniers administrent. Le 12 mai, une colonne mécanisée érythréenne vient occuper le bourg. Pour Asmara, ce nest quune « escarmouche », lun de ces multiples conflits frontaliers réglés jusque-là par une diplomatie discrète. Mais dès le lendemain, Addis-Abeba affirme sa détermination à « répondre fermement à la provocation érythréenne », très vite qualifiée d« agression » puis d« invasion ». Les meilleurs des observateurs nont rien vu venir. Toutes les médiations échouent, y compris celles des Américains, bien que le Premier ministre Meles Zenawi (Ethiopie) et le président Issayas Afeworki (Erythrée) soient des acteurs clés de cette « renaissance africaine » quils soutiennent. Pour la possession dun bourg et de ses alentours, dont Meles Zenawi lui-même dira quil est « abandonné de Dieu », peuplés tout au plus de 5.000 habitants récemment installés, lescalade conduira les deux pays à une guerre dont ils reconnaîtront eux-même quelle fut « absurde ». Logiquement 60 millions dhabitants en Ethiopie, 3,5 millions en Erythrée larmée éthiopienne occupe plus dun quart de lErythrée dès les premiers jours de sa grande contre-offensive, le 12 mai 2000. Cest au tour dAsmara de crier à l« invasion ». Un accord de paix global dit « Accord dAlger » est conclu le 12 décembre, co-signé notamment par les Etats-Unis, lUnion européenne, lONU et lOUA. LErythrée sauve la face. LEthiopie joue la carte diplomatique parce quelle fait lhypothèse que son tracé de la frontière sera internationalement entériné, dautant que lErythrée est généralement tenue pour responsable davoir voulu le modifier de force. La guerre a fait plus de 100.000 morts. Elle a coûté à lEthiopie au bas mot trois milliards de dollars, léquivalent de la moitié de son PIB annuel. Le fardeau est proportionnellement encore plus lourd pour lErythrée. Ces deux pays sont parmi les plus pauvres de la planète.
LAccord décide la création dune Commission internationale neutre chargée de la « délimitation » du millier de kilomètres de frontière (sur le papier) puis de sa « démarcation » (« labornage ») sur le terrain. Les hostilités doivent définitivement cesser, les armées belligérantes se retirer dune Zone de sécurité temporaire de 25 kilomètres de large, censée se situer de part et dautre de la ligne le 6 mai 1998, et dont on suppose alors quelle englobe les territoires contestés. La Mission des Nations Unies en Ethiopie et Erythrée (MINUEE) concourt à la sécurisation de la Zone. Elle ninclut pas Badme. Cette opération de paix passe dabord pour un modèle du genre. La frontière reste calme. La Commission travaille, bien que plus lentement que prévu. Ses « décisions » préliminaires, le 13 avril 2002, suscitent des cris de victoires à Addis-Abeba comme à Asmara, chacun interprétant à son avantage leur future traduction au sol. Mais ses « observations » finales et précises, le 21 mars 2003, attribuent, entre autres, le bourg de Badme à lErythrée, à 800 mètres près. Le mandat de la Commission stipule quelle se fonde sur « les traités coloniaux pertinents et les dispositions du droit international applicables en la matière ». Ces « dispositions » incluent la situation de facto sur le terrain. Il semble que la Commission a estimé quelles nentreraient en ligne de compte que pour combler le flou des traités. Mais Addis-Abeba présuppose que la réalité du terrain pèsera au moins autant que la lettre des textes. Sil dit accepter les décisions sur la délimitation de la frontière, il rejette les ultimes arbitrages sur la ligne de démarcation au sol : la seconde aurait dû être fixée en « interprétant » et en « ajustant » la première en fonction des « arrangements pratiques » sur le terrain, établis au fil du temps, selon Meles Zenawi (1). Or lEthiopie administre Badme depuis sa création, au début du siècle passé.
Les décisions contestées de la Commission sont donc « illégales et injustes », et par conséquent « nulles et non avenues », rabâchent les dirigeants éthiopiens. De toute façon, elles torpillent lAccord dAlger puisquelle sont autant de « bombes à retardement » dont lapplication aboutirait « uniquement à faire monter la tension et priver la région dune paix durable ». La Commission étant devenue « partie du problème et non plus de sa solution », Meles Zenawi demande au Conseil de sécurité, le 19 septembre, la création dun « mécanisme alternatif pour démarquer les parties contestées de la frontière » (2). Bref : lEthiopie rejette des points essentiels de larbitrage définitif et exige un nouvel arbitre. Mais peut-elle faire autrement ? Il est hautement probable que nimporte quel régime éthiopien qui accepterait les décisions de la Commission serait renversé. Asmara, bien entendu, nie cette probabilité qui nest à ses yeux quun pur prétexte auquel Addis-Abeba recourt pour tenter de justifier sa position. Mais la quasi-unanimité des Ethiopiens que ce conflit interpelle, de quelque bord ou région quils soient, tiennent lErythrée pour lagresseur et les territoires contestés pour éthiopiens. Ils savent que la victoire militaire fut éclatante. A leurs yeux, rendre le bourg symbole de Badme, ou tout autre territoire « récupéré », serait faire fi des dizaines de milliers de morts tombés pour les reprendre, donner une prime à lagression, se soumettre à un déni de justice, et, pire que tout, commettre une forfaiture nationale. Or la « question des nationalités » (3), cest-à-dire la recherche de relations équilibrées au sein de ce qui fut un empire constitué de force, reste cruciale. Elle fut fatale à lempereur Haïlé Sélassié puis au « Négus rouge », Mengistu Haïlé Mariam. Elle menace Meles Zenawi bien plus que la personnalisation du pouvoir, la montée de la corruption ou laccentuation de linsécurité alimentaire, à plus forte raison depuis quil est pris sous le feu croisé de deux adversaires alliés de circonstance : les nationalismes éthiopien et « grand tigréen ». Lopposition nationaliste « éthiopienne » a toujours considéré le régime actuel comme un usurpateur ayant en vue la primauté du Tigré plutôt que les intérêts de lEthiopie. Elle noublie pas que le long combat du Front populaire de libération du Tigré (FPLT), dont Meles Zenawi est plus que jamais le numéro un, visait à ressusciter la puissance passée de cette région par son indépendance, puis, cet objectif se révélant inatteignable, par le rétablissement de son emprise sur toute lEthiopie, quelle avait autrefois exercée. Le Front a réussi : dans une Ethiopie fédérale dont les « nations, nationalités et peuples » sont supposés égaux, il verrouille le pouvoir réel, alors que moins de 7% de la population est tigréenne. Lopposition dénonce ensuite létroitesse des liens qui existeraient entre le FPLT et le Front populaire de libération de lErythrée (FPLE), mais aussi leur déséquilibre. Le second a porté le premier sur les fonts baptismaux. Ils ont combattu ensemble jusquà la victoire contre leur ennemi commun : le pouvoir jacobin dAddis-Abeba. Mais le FPLE aurait regardé le FPLT de haut, Issayas Afeworki serait passé pour le mentor de Meles Zenawi. Enfin, Tigréens et Erythréens des plateaux ont toujours été très proches depuis la nuit des temps.
Toutes ces raisons feraient que Meles Zenawi aurait dabord capitulé devant le FPLE en bradant les intérêts éthiopiens lors de laccession de lErythrée à lindépendance. Cette opposition « nationale » laccuse ensuite davoir stoppé loffensive de mai 2000 avant de briser définitivement la puissance militaire érythréenne et de prendre le port dAssab, redonnant ainsi à lEthiopie un accès à la mer, voir de faire tomber le régime dAsmara. Elle lui reproche enfin davoir signé lAccord dAlger, quand les arbitrages à venir étaient incertains. Or cest cette opposition, dont la frange la plus chauvine, nostalgique de lempire, va jusquà rejeter lindépendance de lErythrée, que le Premier ministre doit chercher à rallier pour compenser lérosion de son assise tigréenne. Le contentieux historique entre voisins tigréens et érythréens des hauts plateaux, si proches à tant dégard, est si lourd quil surdétermine le choc entre nationalismes éthiopiens et érythréens, la querelle de préséance familiale entre frères aîné et cadet (Issayas Afeworki et Meles Zenawi), le règlement de compte entre les anciens « frères darmes » (FPLE et FPLT). Quils soient dirigeants, militants ou simples gens, limmense majorité des Tigréens imputent à leurs homologues érythréens une profonde condescendance à leur encontre. Les querelles de famille et de voisinage déchaînent les passions les plus extrêmes : la proximité des Tigréens et des Erythréens, loin datténuer le conflit, la au contraire exacerbé. Mais, selon les premiers, la guerre offrait une occasion en or de mettre définitivement fin à ce quils percevaient comme la tutelle des seconds, et détablir ainsi leur hégémonie sur la région entière à partir dun « grand Tigré ». Pour ne pas lavoir saisie, Meles Zenawi est vigoureusement contesté en mars 2001. Il réussit à purger le Front de ses opposants, laile la plus radicale sur le plan idéologique et la plus extrême dans son chauvinisme tigréen. Mais il est discrédité aux yeux de nombre de dirigeants, de militants et de simples Tigréens. Lorsque ladministratrice de la zone de Badme, célèbre vétéran de la lutte armée tigréenne, affirme que « même si le gouvernement accepte la décision de la Commission, moi-même et la société ne laccepteront pas », lorsque ladministrateur du bourg prédit que « les gens se battront contre cette décision », ce ne sont pas des rodomontades. Meles Zenawi le sait. Il na guère dautres choix que de camper obstinément sur son refus, dessayer déviter tout dérapage, bref de gagner du temps. Il demande donc labornage de la frontière là où son tracé ne fait pas problème. Il réitère sa position « absolue, irrévocable et inébranlable » que lEthiopie « ne tirera pas une seule balle » dans cette affaire. Mais il menace : « le seul moyen de prendre possession de Badme est den faire partir larmée et ladministration éthiopiennes » (4). LErythrée porterait alors responsabilité exclusive dune nouvelle guerre. Il le proclame à qui veut lentendre : lunique porte de sortie serait donc de remettre dune façon ou dune autre les arbitrages contestés sur la table de négociation.
Forte de son bon droit, lErythrée sy oppose catégoriquement. Elle brandit urbi et orbi le paragraphe de lAccord stipulant que « les décisions de la Commission seront définitives et contraignantes ». Dénonçant « loffensive générale éthiopienne sur les principes fondamentaux du droit international » (5), elle exige la démarcation complète de la frontière préalablement à toute éventuelle négociation de son tracé. Le 21 novembre Asmara rappelle son ambassadeur auprès de lUnion Africaine parce quelle sest « démise de ses responsabilités ». LONU et sommée de sanctionner lEthiopie en vertu du chapitre sept de sa Charte. Mais ces appels éperdus à faire respecter le droit international restent sans conséquences tangibles. Si le blocage est vital pour le régime éthiopien, Asmara na pas les moyens, diplomatique et encore moins militaire, de le faire sauter. Et le veut-il vraiment ? La guerre a exacerbé les tensions nées dune personnalisation accrue du pouvoir depuis lindépendance de lErythrée (1991). La crise qui éclate en mai 2001 est la pire de lhistoire du Front, dont la collégialité de la direction passait pour exemplaire. Issayas Afeworki, lunique auteur des décisions majeures depuis des années, est sommé de répondre : la nature et lampleur du conflit pouvaient-ils être anticipés ? Un accord entre les belligérants était-il ensuite possible ? Livresse des succès acquis envers et contre tous a-t-elle conduit à sous-estimer la riposte éthiopienne ? En bref, pourquoi ce désastre militaire, diplomatique, économique, psychologique, qui a traumatisé le pays et le laisse exsangue ? Le Président riposte en faisant arrêter les contestataires, dont lun des trois fondateurs du Front, fermer les médias indépendants, repousser sine die toute consultation électorale, notamment sur ladoption dune constitution démocratique, intensifier la militarisation de toute la vie du pays, avec pour principale justification la permanence de la menace de guerre. Cest elle aussi qui fait monter la fièvre nationaliste dautant plus haut que nombre dErythréens redoutent que lintégrité de leur pays, voire son existence si chèrement acquise, seraient en péril. En cas de règlement, lautocratie dIssayas Afeworki perdrait donc son principal argument et son plus puissant levier. Linévitable démobilisation libèrerait des centaines de milliers de jeunes « pacifistes » et démocrates, susceptibles de renforcer lopposition. La poursuite de létat de ni guerre ni paix sert donc le Président érythréen. En même temps, elle est un pis-aller aux yeux de la communauté internationale, à commencer par les parrains de lAccord dAlger, parce quils nont ni lintention ni les moyens de forcer la main de lEthiopie.
Certes, le droit international ne peut être impunément bafoué. Le 3 octobre, le Conseil de sécurité rejette très sèchement les réclamations éthiopiennes. Il « regrette profondément » quAddis-Abeba naccepte pas lintégralité de larbitrage rendu et rappelle que « seule lapplication complète de lAccord dAlger conduira à une paix durable ». Ses membres réitèrent cette position le 7 janvier. Toutes les grandes capitales prennent peu ou prou position en ce sens. Certes, les Parlements britanniques ou canadiens, la Chambre des représentants américaine brandissent la menace de réduire leur assistance si les deux protagonistes en réalité lEthiopie ne venaient pas à résipiscence. Certes, cette aide leur est proprement vitale. En 2003, les Etats-Unis ont fourni une assistance de près dun milliard de dollars et un Ethiopien sur cinq a été nourri grâce à laide alimentaire. Parce que la dernière récolte a pulvérisé tous les records, on prévoit quils ne seront « que » un sur neuf en 2004. Les besoins de lErythrée sont encore plus criants : plus du tiers de la population devra être assisté en 2004, contre plus de la moitié en 2003. Mais la dépendance extérieure des deux pays, tout aussi forte en 1998, na pas empêché le déclenchement de la guerre. Lopinion laisserait-elle des milliers dEthiopiens et dErythréens mourir de faim pour sanctionner leurs dirigeants ? La mise en garde de la Chambre des représentants exclut ainsi demblée lassistance alimentaire, médicale ou anti-sida, soit la quasi-totalité de laide. Mais la « communauté internationale » ne saligne pas pour autant sur la position érythréenne. Toujours le 7 janvier, les membres du Conseil ont dune part invité les deux parties à « satteler à la démarcation à un rythme accéléré » et, dautre part, appuyé lintention du Secrétaire général doffrir ses bons offices pour aider les deux parties à surmonter leurs divergences, tout en soulignant que cette offre ne sapparenterait pas au fameux « mécanisme alternatif ». Il faut donc ramener les injonctions et menaces en direction dAddis-Abeba à ce quelles sont : des « paroles parlées », comme disent les Africains. Leurs auteurs sont convaincus que larbitrage rendu est politiquement et stratégiquement inapplicable, pour les mêmes raisons quinvoque Addis-Abeba : les imposer à lEthiopie pourrait mettre le feu aux poudres et plonger toute la région dans le chaos. Dans la coulisse, les efforts de médiation ont donc repris. Même si ce fut un échec, les ex-belligérants se sont retrouvés fin novembre autour de la Commission, à La Haye. Kofi Annan a désigné un nouvel envoyé spécial, Lloyd Axworthy, ancien ministre canadien des Affaires étrangères. Asmara a aussitôt récusé sa mission. Le chancelier Shröder vient dans la région pour tenter de débloquer la situation. Surtout, fin octobre, lAssistant Secrétaire dEtat aux affaires africaines, Donald Y. Yamamoto, a effectué une première navette entre Addis-Abeba et Asmara. La seconde vient de se terminer. A lissue de la première, les Ethiopiens se sont félicités que les Américains sefforcent de « jouer les facilitateurs » et quils « semblent avoir la même vision sur la façon de résoudre le problème », cest-à-dire par « le dialogue entre les deux pays en présence de facilitateurs » (6). Ils sont confiants quils amèneront Washington sur leur position parce quils estiment présenter un intérêt infiniment supérieur à lErythrée dans la lutte « anti-terroriste », la priorité extérieure des Etats-Unis. Asmara fut lune des premières capitales avec Addis-Abeba , et lune des seules en Afrique, à rejoindre publiquement la coalition anti-Saddam. LErythrée fait aussi assaut de propositions pour être encore plus engagée dans la croisade anti-terroriste, jusquà offrir des facilités aux troupes américaines, notamment dans les îles Dahlak et au port dAssab. Mais Addis-Abeba est en position de force extrême sur le terrain de la realpolitik, notamment aux yeux du Pentagone. LEthiopie est déjà profondément engagée dans la lutte contre lirrédentisme somalien et sa composante islamiste. Surtout, que le chaos survienne dans un pays dix fois plus étendue et quinze fois plus peuplée que lErythrée et toute la Corne de lAfrique pourrait devenir une nouvelle Somalie, juste en face de la Péninsule arabique. Puisque ni Meles Zenawi ni Issayas Aferworki ne veulent la guerre, puisque imposer lexécution de larbitrage paraît irréaliste, puisque le droit pâlit devant les rapports de force, lheure des médiateurs a probablement sonné. Mais les positions sont si éloignées et si tranchées quil leur faudra du temps pour espérer réussir. Or plus il passera, plus augmentera la probabilité dun incident fortuit ou provoqué par les va-t-en-guerre de lun ou lautre pays, qui les entraînerait tous les deux dans même spirale incontrôlable quen 1998, avec des conséquences totalement imprévisibles. Ni trop vite, ni trop lentement : la gestion du temps sera cruciale. RL
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