La région du Darfour entre guerre et drame humain
Une guerre oppose les rebelles du Mouvement de libération du Soudan (SLM/A) alliés au Mouvement justice et égalité (JEM), dune part, et les forces gouvernementales et une milice connue sous le nom de Janjawid, dautre part. Elle a provoqué la destruction de nombreux villages et celle de puits. Au Darfour, les civils sont souvent directement pris pour cibles.
20 mars 2004. Alors que les négociations entre les autorités de Khartoum et le SPLM/A de John Garang nont pas encore donné lieu à un accord de paix, le Soudan vit un drame humain. Un responsable dUSAID, Robert Winter, déclarait récemment que cétait « la plus sérieuse crise humanitaire du continent africain ».
Dans cette région ouest du Soudan, Médecins sans frontières (MSF) estime, pour sa part, que ce sont près de 700.000 personnes qui ont dû fuir les combats et tenter déchapper aux exactions en tous genres. Plus de 110.000 autres ont franchi la frontière soudano-tchadienne. De nombreux réfugiés ont été blessés par des armes de guerre et par lexplosion de bombes.
La guerre qui oppose les rebelles du Mouvement de libération du Soudan (SLM/A) alliés au Mouvement justice et égalité (JEM), dune part, et les forces gouvernementales et une milice connue sous le nom de Janjawid, dautre part, a provoqué la destruction de nombreux villages et celle de puits. Les civils sont souvent directement pris pour cibles, selon des observateurs, et les leaders du SLM/A et du JEM affirment que les milices Janjawid interviennent violemment dans des villages où leurs propres troupes ne sont pas présentes.
Le gouvernement soudanais a beau déclarer que tant les rebelles que les milices Janjawid sont des « criminels et des hors-la-loi », la réponse quil a apporté à cette crise, refusant toute négociation et même laccès aux déplacés pour les organisations humanitaires, est surprenante.
Côté tchadien, si les populations locales acueillent avec bienveillance les réfugiés, qui appartiennent majoritairement à leur ethnie, les effets de ces déplacements massifs sont très inquiétants. La nourriture commence à manquer, les ressources en eau et en bois de chauffage samenuisent ; on commence dailleurs à assister à des déboisements massifs des collines entourant les camps de réfugiés. Il en est de même pour les pâturages qui doivent supporter des cheptels bien trop importants. Le Tchad craint que le bétail, non vacciné au Darfour, ne soit porteur de maladies qui entraîneraient des épidémies dans ses propres cheptels. CD