Les nouvelles d'Addis   Magazine – Grandeporte – Négoce
le site internet 'Les nouvelles d'Addis'
Recherches dans le site
Mot(s) exact(s)
Résultats par page
I
Dernières nouvelles
I
Lecture thématique
I
Choix de la rédaction
I
Pages zone : toutes les pages zone
A
n
a
l
y
s e p o l i t i q u e
Comprendre la crise somali sur www.lesnouvelles.org
Pour comprendre
la crise somali

APRÈS L'ÉLECTION DE
ABDILLAHI YOUSSOUF AHMED
À LA PRÉSIDENCE DE LA SOMALIE
LE POINT DE VUE DE
YOUSSOUF KARIEH

Nouvelle étape ou pas de plus dans l’engrenage de la crise somalienne ? – (1/2) La biographie du président Abdillahi Youssouf et les protagonistes de l'élection

Nouvelle étape ou pas de plus dans l’engrenage de la crise somalienne ? – (2/2) Positions des pays de l'Igad et de la communauté internationale


LES CLANS SOMALIS
UNE CONTRIBUTION DE
YOUSSOUF KARIEH

Esquisse d’une sociologie des clans somalis – (1/3) Les termes, la situation, la structure

Esquisse d’une sociologie des clans somalis – (2/3) Conditions de l'ethnicité

Esquisse d’une sociologie des clans somalis – (3/3) Les relations matrimoniales dans les enjeux spatiaux et politiques

RETOUR SUR
LA CONFÉRENCE D'ARTA
YOUSSOUF KARIEH

Arta : « Succès apparent » de la conférence de réconciliation somalienne et éventualités d'un échec annoncé

Somali(e)(s) / Repères

Esquisse d’une sociologie des clans somalis
(3/3) Les relations matrimoniales dans les enjeux spatiaux et politiques

Dans cette troisième et dernière partie, Youssouf Karieh précise comment les différenciations s’opèrent à travers un point fondamental : les comportements par rapport aux relations matrimoniales, qui induisent en filigrane des enjeux spatiaux et politiques. En dernière analyse, il s’agira d’appréhender une des causalités de la crise actuelle de la Somalie et de comprendre le pourquoi de sa genèse.



YOUSSOUF KARIEH

Mars 2004

La Communauté internationale n’arrive pas à trouver, par ses efforts répétitifs et sans fin, une réponse aux malheurs du peuple dit Somalien. Pourtant celle-ci se trouve devant une énigme, à savoir un peuple où apparemment tout réunit. S’il est vrai, comme beaucoup l’attestent, que les Somali affichent une multitude de facteurs tendant à les homogénéiser, tant sur le plan linguistique, religieux, ethnique qu’au niveau de la structure sociale clanique et cela afin de les élever au rang de l’Etat-Nation, il est loisible cependant de constater, à l’aune des événements de la Somalie, combien cette grille de lecture cadre mal avec la réalité.

Au delà de ces agrégats auxquels il faut certes reconnaître une certaine pertinence, les peuples Somali disséminés dans plusieurs pays de la corne de l’Afrique, présentent pour les observateurs avertis des dissemblances et des différenciations de taille qui, au bout de compte, les rendent réfractaires à toute idée de les voir régis sous une même institution. Ce à quoi est obstinément attachée la Communauté internationale.

Dans deux précédentes occasions, l’auteur de ces lignes a présenté deux articles dans lesquels tout en mettant l’accent sur l’organisation sociale clanique que les Somali partagent en commun, a mis aussi en évidence les points de rupture tant au niveau anthropologique qu’en matière de localisation des clans eux-mêmes. Et ceci, dans une analyse du contexte historique et évolutif étalé sur plusieurs siècles, contexte dans lequel l’apparition de l’Etat ne constitue qu’un faible maillon eu égard à l’histoire.

Aujourd’hui, il sera question de voir comment ces différenciations s’opèrent à travers un point fondamental : les comportements par rapport aux relations matrimoniales qui induisent en filigrane des enjeux spatiaux et politiques.
En dernière analyse, il s’agira d’appréhender une des causalités de la crise actuelle de la Somalie et de comprendre le pourquoi de sa genèse.


6. Les rapports matrimoniaux

La société somalienne est une société de type patrilinéaire, cependant les liens et les relations d’alliance noués autour de la femme sont d’une amplitude plus ou moins grande selon les catégories de clans et sous-clans des Somali.

6.1 Clans du centre et clans tampons – Dans ces deux catégories de clans – voir typologie dans les articles précédents – constituant la majorité des Somali, prévaut un mariage exogamique c’est-à-dire un mariage où les époux appartiennent à des clans ou sous-clans différents.
A l’instar de la 3ème et 4ème catégorie des clans – clans périphériques et clans Sab – qui pratiquent un mariage de type endogamique, l’ensemble des relations sociales de ceux-ci demeurent régulées par et autour de la femme.

6.1.1 La femme comme facteur d'échange et d'alliance – Chez ces clans, le mariage est considéré comme un processus par lequel ces derniers adoptent des contrats d’union et d’alliance. Le mariage n’est pas réduit comme un acte faisant la fusion entre deux individus mais bel et bien entre deux groupements humains. Il est assimilé comme le précise le grand anthropologue Claude Lévy-Strauss à un contrat entre « des groupes qui sont dits ou se disent preneurs ou donneurs des femmes, la règle étant qu’un groupe quelconque ne peut recevoir des femmes que de ses donneurs, en donner lui-même qu’à ses preneurs » .

Ces rapports d’échange à travers la femme s’opèrent aussi bien en amont qu’en aval de l’union de mariage.

6.1.2 La période pré-mariage – Dès le jeune âge, les adolescents de deux sexes appartenant aux deux clans “receveurs” et “donneurs” adoptent envers les uns et les autres des attitudes et des comportements réciproques. Les garçons témoignent envers celles-ci protection et bienveillance alors que ces dernières se comportent comme des potentielles partenaires à l’égard des garçons. Cette attitude de réciprocité, de complicité et de télescopage qui jalonne tout au long de leur croissance s’appelle le GEYAAN, processus pendant lequel toutes formes de maltraitance, d’impolitesse, de viol, de manque de galanterie, etc. demeurent des faits à bannir dans les relations entre filles et garçons. Ce qui veut dire qu’en principe aucune personne ne peut violenter sa future épouse dans la mesure où la fille est perçue comme compagne.

6.1.3 La période de mariage – Dans un contexte caractérisé depuis la nuit de temps par l’absence d’une autorité supra-clanique, en l’occurrence étatique, seules les relations établies autour de la femme permettent la circulation des biens et des personnes. Dans la mesure où le mariage induit des alliances de type croisé, le flux des biens et des personnes d’un périmètre de clan à l’autre se fait par ce biais. Société de transhumance et de mobilité par excellence, ces clans seraient contraints à l’immobilisme spatial et l’entropie progressive si les liens de mariage inter-clanique ne permettaient pas cette liberté de circulation.

Par le mariage “ préférentiel ” entraînant l’implication des réseaux d’échange d’une grande amplitude tant du point de vue spatial que relationnel, les clans ou sous-clans tissent entre eux un réseau d’alliance de type assez dense même dans les moments les plus difficiles :

Cas de rupture de mariage
Quoique l’Islam – auquel les Somali sont profondément attachés – permette le divorce, cependant ceci reste un phénomène rare et se produit à des moments particuliers. D’une part, la dot étant élevée (un nombre de chamelles et d’ovins) le divorce reste dissuasif. D’autre part, l’annonce d’un divorce aura des conséquences négatives sur les relations inter-claniques dont personne ne voudrait prendre le risque.

Cas du décès de l’époux
Lors du décès de l’époux, la veuve n’est ni répudiée ni laissée sans conjoint mais elle est assujetie au contraire à contracter mariage avec le frère ou à défaut avec le plus proche membre de défunt. Ce phénomène s’appelle le DOUMAAL c’est-à-dire la substitution de quelqu’un au mari décédé.

Cas du décès de l’épouse
Des rapports symétriquement opposés s’établissent lors du décès de la femme : le veuf a le droit de rechercher systématiquement chez les membres du clan de la défunte une femme de substitution : c’est le HIGSIISAN , mécanisme par lequel le choix se fait sur la sœur célibataire de la défunte ou à défaut la plus proche cousine.

Dans les deux cas, ces phénomènes de substitution ont l’avantage de pérenniser, d’une part, les relations inter-claniques déjà établies et, de l’autre, de préserver le tissu familial en assurant à la progéniture des remplaçants de père ou de mère tout en épargnant au nouveau mari le paiement d’une nouvelle dot et à la veuve d’en recevoir une.

6.2 Rôles de la femme en période de sécheresse et de conflits – Le processus de l’entraide et de la coopération intervient pendant les calamités naturelles et est assuré par la femme pendant ces moment difficiles : c’est le processus de DHIBAAD par lequel celle-ci entreprend une quête d’entraide auprès de son clan d’origine.
Le prestige et le sens de l’honneur auxquels sont attachés les pasteurs nomades imposent d’offrir à la femme demandeuse ce dont elle a besoin.

Dans les situations de conflits, c’est aussi à la femme qu’échoit la mission de premier contact de messager entre les belligérants. Evidemment, la trêve et la cessation des hostilités relèvent du domaine des hommes, mais le rôle initié par les femmes précède celles-ci et demeure la condition préliminaire à la trêve.

Autour de la femme s’établissent également les mécanismes de régulation du conflit et la consolidation de la paix : chacun des belligérants offre à l’autre un nombre des jeunes filles à “marier”. C’est le phénomène de GODOBREEB dont l’esprit consiste à “compenser les pertes humaines à une nouvelle aptitude à procréer des nouvelles progénitures”. Tout accord de paix est considéré non-conclu, voire fragile et susceptible d’incarner une dimension belliqueuse, s’il n’est pas finalisé par la cérémonie de GODOBREEB.

Bien qu’ils soient de la même typologie de deux principaux groupes de clans – clans côtiers et du centre –, deux types de tribus ou sous-clans font exception : les Issas et les habitants de Moudoug.
Alors que depuis la fin de l’occupation de la péninsule par les Oromos (fin du XVIIIème siècle), le processus d’appropriation de l’espace – du moins dans sa dimension expansionniste par les fédérations des tribus des clans côtiers et du centre – s’étant arrêté, les Issas et les habitants du Moudoug demeurent toujours dans une stratégie de conquête constante des territoires ne relevant pas de leur “périmètre originel”.
Ils prennent pour cible d’une part le fleuve d’Aouache – Ethiopie – et de l’autre la région inter-fluviale de Jubba et Schebelli, la Somalie. Dans leur quête spatiale, ces derniers confirment à contrario la règle : ils assaillent en permanence des populations non-somali ou récemment somalisées, Afars pour les premiers, Rahanweyn pour les seconds.


7. Un environnement difficile

Cette délocalisation permanente de certains sous-clans vers d’autres cieux s’opère en dehors de ce que certains appellent “les périmètres originels des Somalis”. Il s’agit du clan Issa et des sous-clans Habar-guidir pour les Hawiye, d’une part , les Majeerteen et les Marehaan des Daarood de l’autre.
Deux proverbes somalis décrivant les comportements de ces derniers donnent une image de cet environnement hostile :

1. Labaatan jir Mudug jooga, illaahay umma xilqarin. Ce qui veut dire littéralement :
A l’adolescent de Moudoug, Le Tout Puissant n’épargne aucune malédiction.

2. Ciise kub daalah ma laha ee kal baqa ayuu leeyahay. Ce qui veut dire :
Les Issas peuvent avoir peur mais ne peuvent trouver des limites à leur déplacement.

7.1 Moudoug – Comme le décrit précisément Jean Doresse dans son livre “l’histoire sommaire de la Corne de l’Afrique” Gauthier, Paris, la région de Moudoug « située entre Nougal et le Mijourtine, au sud de Cap de Hafoun, est constituée d’un ensemble de sable mouvant et des dunes anciennes (…) devant lesquelles se sont à leur tour formées d’autres dunes plus récentes ». Cette région aux rivages que baigne le littoral de l’océan Indien fait partie d’une large zone rocheuse, sans être très haute, avec pour accident principal la péninsule de Hafoun qui dispose d’un bon nombre de bourgades, presque toutes médiocres en tant que ports.

Quant aux températures, l’on est dans l’une des régions du globe où, tout au long de l’année, l’ensemble des climats se traduit par un régime très chaud à pluies très faibles (moins de 200 mm).

Il faut s’enfoncer vers l’intérieur en s’élevant sur les plateaux éthiopiens pour trouver des différences entre les saisons et un climat plus agréable.

7.2 Région des Issas – Les Issas non plus ne sont pas mieux lotis : localisés du Gouban à la dépression Dankalie, avec des dunes de sable de Zeila jusqu’à Dire-Dawa, cette région se caractérise par un relief volcanique et accidenté, doublé de faibles précipitations et d’un sol aride.
Les Issas, clan du Dir du Nord, alliant la filiation du sang, avec une marge importante d’adhésion, sont eux aussi dans une quête spatiale permanente, notamment vers les riches vallées de l’Aouache, aires de transhumance de l’ethnie afar.

Les conflits séculiers opposant les Afars aux Issas sont des affrontements répétitifs de nature sans issue : ils ne connaissent ni répit ni trêve et transcendent souvent les frontières de l’Ethiopie et Djibouti. Les Issas, tout en bénéficiant des bons égards pour leur “cause” des autres Somali, pèsent peu dans la crise somalienne du fait de leur localisation trop éloignée des zones de turbulence.


8. Implication politique de la délocation

En pays Somali ce mouvement de délocalisation de la région de Moudoug vers les zones inter-fluviales a des conséquences politiques dont la dimension pourrait être interprétée comme une des causalités de la crise actuelle. De la colonisation jusqu’à nos jours, ce mouvement a influé de façon marquée – et continue à le faire – sur la morphologie politique de la Somalie.

Tout d’abord, à la suite d’un mouvement de résistance des Biomals, clan du Dir du Sud rendant quasi impossible la pénétration des Italiens dans la région de Benadir, ces derniers se sont emparé des régions Mijourtine et Moudoug. Avec le concours des habitants de ces régions et notamment du Moudoug, les Italiens s’installent à Banadir à partir du Nord par ce biais. En premier lieu, ce sont les Majeerteen – sous-clan des Daarood – puis les Habarguidir – sous-clan des Hawiye qui, tout en prêtant main forte aux Italiens s’installeront pour longtemps à Mogadiscio et alentour. La complicité qu’ils témoignent à l’égard de l’administration coloniale leur permettra de jouir d’un statut de privilégiés et d’appoint dans un périmètre qui n’est point le leur.

Ensuite le processus de décolonisation aidant, et confrontés dans leur position dominante, ce sont les habitants de Moudoug qui s’accaparent des rênes du jeune Etat naissant en 1960.
Presque tous les présidents et les personnalités influentes des différents régimes en sont issus.
Pendant ce temps, le mouvement de conquête spatiale ne s’arrête pas. Bien au contraire, il s’intensifie et prend des proportions importantes, notamment en direction du sud et vers Juba de façon successive et à tour de rôle, les sous-clans de Moudoug délocalisent leurs membres vers les zones de Kismayo et alentour par le biais de leur position dominante dans l’appareil de l’Etat.
Précédés d’abord par les Majeerteens puis par les Mareehaans, tous des clans de Darood, les Hawiye sont aujourd’hui les derniers à s’investir dans “la Mésopotamie somalienne”.

Il ne s’agit pas ici de mouvements de transhumance habituels de nomades qui se déplacent avec leur cheptel à la recherche des points d’eau et de pâturage. Mais cet enjeu spatial concerne de véritables migrations de masse à la fois des citadins, des villageois accompagnés par d’anciens nomades “désireux” de se convertir en agriculteurs.

Face aux rouleaux compresseurs dont ils sont l’objet de la part des “envahisseurs” de Moudoug, les originaires des zones inter-fluviales – clans périphériques dont beaucoup récemment somalisés – se trouvent délocalisés voire souvent asservis : ils deviennent de simples métayers dans les plantations (transformées en haciendas) tenues par les immigrés.

Aujourd’hui les populations autochtones s’organisent sur une base armée et revendiquent de plus en plus la fin de l’occupation de leurs territoires. Leur résistance se heurte évidemment au refus des immigrés de Moudoug, eux aussi armés et attachés à ce qu’ils estiment avoir investi depuis des lustres, montrant par là une aptitude à ne pas se laisser déposséder.

L’enjeu spatial portant sur ces régions constitue sans doute le nœud de la crise actuelle de la Somalie.


9. Conclusion

Au delà des vicissitudes et du contexte chaotique cristallisé par la crise somalienne depuis plus d’une décennie et dont l’issue reste introuvable pour l’instant, une certitude se dégage de la corne de l’Afrique habituée depuis toujours aux déchirements et aux conflits inter-ethniques : la place des clans Somali dans cette partie du globe, n’apparaît guère fondamentalement différente de celle qu’ils occupaient avant la colonisation.
Les clans Somali viennent de renouveler, comme ils l’ont toujours fait d’ailleurs, une expérience atypique : celle de pouvoir vivre à l’aube du XXIème siècle sans Etat central tout en étant reliés au monde moderne avec lequel ils entretiennent des relations de même nature que celles que les sociétés bien instituées établissent. Le bref passage de ces derniers dans l’expérience unitaire étatique semble laisser des séquelles irrémédiables : celle de ne plus s’adonner à un processus similaire à celui qu’ils ont connu, du moins dans l’avenir immédiat.
Et dans la foulée les “aspirations” à l’unification des Somali sous la même bannière paraît être reléguée aux calendes grecques.
L’expérience de la crise somalienne a au moins le mérite d’avoir prouvé une chose : il ne suffit pas de réunir un certain nombre d’agrégats constitutifs d’homogénéité pour la formation de l’Etat-Nation. Des peuples de confession, de langue et de cultures différentes restent associés de façon harmonieuse au sein des structures unitaires. A contrario des Somali – citoyens à part entière des autres pays de la Corne ( Ethiopie, Djibouti et Kenya ) – et dont le destin est lié à des groupements humains différents, s’accommodent tant bien que mal dans leur moule étatique.

Tout marche comme si ces nationaux depuis la disparition de l’Etat somalien sont mieux intégrés et mieux acceptés qu’auparavant. A supposer que l’existence même d’un Etat somalien constitue, dans cette partie du monde, un désordre que l’on est censé attribuer à l’irrédentisme pan-somali comme facteur déclencheur.

La structure du clan, si elle s’applique à l’ensemble des Somali, n’est pourtant pas transposable et interchangeable partout. Le contenu propre de chaque clan et son vécu restent réductibles à des phénomènes comme l’histoire et l’environnement dans lequel il est confiné. A ce niveau les Somali n’ont pas la même trajectoire historique, le même vécu et par conséquent les mêmes aspirations. Hier comme aujourd’hui, la volonté de vivre ensemble fait défaut chez les clans Somali. Vouloir les confiner, comme voudraient les “unitaristes”, dans le même moule c’est sans doute aller un peu trop vite en besogne.

Là où cette structure est assez rigide, la situation semble meilleure. C’est ce qui se passe dans la partie orientale de la péninsule où des nouvelles réalités avec des administrations embryonnaires – le Somaliland et de façon moindre le Puntland – voient le jour. Par contre, là où les structures claniques présentent des formes plus relâchées et où les liens de sang et de généalogie ne semblent pas si tenus, une situation chaotique prévaut : les seigneurs de guerre, par le biais desquels se greffent les ingérences extérieures, trouvent des terrains de prédilection pour imposer la loi du talion.

La Communauté internationale aura à accompagner le processus initié par les clans Somali à partir des intérêts de proximité et par grappes successives, selon leur convenance qui ne coïncide forcément pas avec celui de l’Etat unitaire. Car dans la tradition récente, ce dernier apparaît chez les Somali comme une entité parasitaire, incapable de transcender les clivages lignagers et qui, sans avoir la légitimité que le droit coutumier confère aux clans, ne contribue pas au bien public. Son seul but est le détournement à son profit exclusif des ressources nationales. Moins la dimension de sa structure est grande, mieux ça vaut pour les Somali. – YK

I
Sommaire
I
Liens
I
Recherche
I
Liste de diffusion
I
Boutique
I
Espace partenaires
I
S'abonner aux Nouvelles d'Addis
I
Qui nous sommes
I
Nous écrire
I

© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2006.http://www.lesnouvelles.org, version 3.4
Les nouvelles d'Addis, le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique
Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté
Reproduction de contenus interdite sauf autorisation écrite