Les nouvelles d'Addis   Magazine – Grandeporte – Négoce
Abonnement en ligne aux Nouvelles d'Addis
I
Dernières nouvelles
I
Lecture thématique
I
Choix de la rédaction
I
Rechercher dans le site
Mot(s) exact(s)
Résultats par page
A
n
a
l
y
s e p o l i t i q u e
Nouvelle frontière Érythrée-Éthiopie

Éthiopie-Érythrée :
La nouvelle frontière, après la décision de la commission internationale de La Haye

Lire le dossier
Les nouvelles d'Addis

Éthiopie-Érythrée / Nouvelle frontière / Repères

Mélès Zénawi lance une initiative de paix : l’Éthiopie accepte le jugement de La Haye

L’Éthiopie accepte, « en principe », la décision de la Commission frontalière pour l’Éthiopie et l’Érythrée. Elle accepte aussi de payer ce qu’elle doit à la Commission et de nommer des officiers de liaison pour le travail de démarcation sur le terrain.

Évoquant l’injustice de la décision frontalière devant la Chambre des représentants, le Premier ministre a néanmoins déclaré que « cette affaire n’est pas plus importante que la paix ».

Asmara rejette l’offre éthiopienne alors que les réactions internationales sont favorables.

A Addis-Abeba l’opposition s’inquiète.



ROBERT WIREN


28 novembre 2004 / LNA.

L’Éthiopie accepte, en principe, la décision de la Commission frontalière pour l’Éthiopie et l’Érythrée. Elle accepte aussi de payer ce qu’elle doit à la Commission et de nommer des officiers de liaison pour le travail de démarcation sur le terrain.

Depuis que les arbitres de La Haye avaient arrêté définitivement leur décision en attribuant Badmé et l’Irob à l’Érythrée, l’Éthiopie contestait ces deux points en affirmant que la Commission avait elle-même prévu de revoir certaines coordonnées après vérifications sur le terrain, vérifications qui n’ont pas eu lieu. De ce fait, l’Éthiopie bloquait le processus de démarcation de la frontière.

Dans un rapport présenté le 25 novembre 2004 devant la Chambre des représentants à Addis-Abeba, le Premier ministre éthiopien, Mélès Zénawi, a réaffirmé que le jugement était injuste sur les deux points contestés mais que tout en exprimant cette opposition, son gouvernement est conscient de considérations d’une valeur supérieure et qu’il est donc nécessaire d’appliquer la décision sur la démarcation frontalière.

Évoquant l’injustice de la décision frontalière, il a déclaré que cette affaire n’est pas plus importante que la paix. Toutefois, Mélés Zénawi a semblé restreindre la portée de l’acceptation de l’arbitrage en affirmant que concessions et dialogue seraient nécessaires avant de pouvoir démarquer physiquement la frontière.

Le Premier ministre considère que la poursuite du blocage ne permet pas d’intensifier la lutte contre la pauvreté et que la position éthiopienne n’avait pas obtenu un assentiment international suffisant car on a pu croire que l’Ethiopie méprisait une décision d’arbitrage internationale.

L’initiative éthiopienne destinée à résoudre la dispute entre l’Éthiopie et l’Érythrée comprend cinq points :

1 – Résolution de la dispute uniquement par des moyens pacifiques.
2 – Éliminer les causes profondes du conflit par le dialogue avec l’objectif de normaliser les relations entre les deux pays.
3 – L’Éthiopie accepte, en principe, la décision de la Commission frontalière.
4 – L’Éthiopie est d’accord pour payer son dû à la Commission et de nommer des officiers de liaison de terrain.
5 – Éntamer un dialogue sans délai dans le but d’appliquer la décision de la Commission frontalière de manière cohérente avec la promotion d’une paix durable et de liens fraternels entre les deux peuples.

Ce plan de paix en cinq points a été approuvé par la Chambre des représentants de la République démocratique fédérale d’Éthiopie, par 428 voix contre 10 refus et 3 abstentions. 106 députés, absents, n’ont pas pris part au vote. – RW

              


Asmara rejette l’offre éthiopienne alors que les réactions internationales sont favorables.

Pour l’Érythrée le plan éthiopien est un stratagème pour gagner du temps

1er décembre 2004 / LNA

Le jour même où les députés éthiopiens adoptaient le plan en cinq points présenté par Mélès Zénawi, le ministère de l’Information érythréen diffusait un communiqué rejetant cette initiative, la qualifiant de « nouvel exemple des tentatives futiles du régime éthiopien destinées seulement à faire connaître des activités de relations publiques et à gagner plus de temps ». De son côté, Yemane Guebre Mesqel, directeur de la présidence, a déclaré entre-autre : « Les accords sont clairs… Il n’y a pas de restrictions. Si l’acceptation est sérieuse, alors la démarcation qui aurait déjà dû être réalisée, doit être mise en œuvre. »

Pour l’Érythrée, le respect des accords d’Alger implique le retrait de l’Éthiopie des territoires érythréens, en accord avec la décision définitive et irrévocable de la Commission frontalière.

Dans un commentaire publié sur le site du parti au pouvoir en Érythrée, “Shaebia”, on fait remarquer que les mots « en principe » utilisés par Mélès Zénawi signifient « hypothétiquement, sur le papier ou en théorie ». Pour l’auteur de l’article, cela signifie que l’Éthiopie n’est pas prête à accepter la décision « en pratique ».

            

L’Union africaine et l’Union européenne satisfaites de la décision éthiopienne.

Les premières réactions après l’initiative du Premier ministre éthiopien ont été plutôt positives. A l’ONU, qui entretient une opération de maintien de la paix aux frontières des deux anciens belligérants, on a prudemment annoncé que le plan éthiopien était à l’étude.

L’Union africaine a indiqué qu’elle accueillait favorablement cette initiative. Le président en exercice de l’Union, Alpha Omar Konare, a déclaré : « L’acceptation de la décision par l’Éthiopie montre au monde comment l’Afrique doit résoudre ses conflits, par les négociations et le dialogue ». Mais le Premier ministre éthiopien a fait savoir qu’il avait été informé que les envoyés spéciaux des présidents algérien, nigérian et sud-africain qui étaient récemment à Asmara pour des entretiens sur le processus de paix, n’avaient pu rencontrer le président érythréen.

L’Union européenne a également accueilli avec satisfaction la décision d’Addis-Abeba d’accepter en principe l’arbitrage frontalier. Dans une déclaration rendue publique par un porte-parole, Javier Solana, représentant de l’Union pour les affaires extérieures, s’est dit particulièrement encouragé par l’acceptation éthiopienne de commencer la démarcation de la frontière et par la désignation d’officiers de liaison pour faciliter le travail sur le terrain.

L’Union européenne encourage le gouvernement de l’Érythrée à répondre positivement à l’offre de dialogue éthiopienne dans le but de normaliser les relations entre les deux pays. Plusieurs pays comme la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont également exprimé leur accord avec la démarche du gouvernement éthiopien.

L’ambassadeur de France à Addis-Abeba, Stéphane Gompertz, a déclaré que les cinq points proposés reflètent le désir de l’Éthiopie de lutter contre la pauvreté et il a promis l’assistance française pour la mise en œuvre des accords de paix.

            

A Addis-Abeba l’opposition s’inquiète.

Devant l’éventualité d’un abandon possible de Badmé et de l’Irob, certains Éthiopiens rappellent le sacrifice des jeunes soldats pour la reconquête de ces territoires. Pour Beyene Petros, vice-président d’une coalition de 14 partis (UEDF) qui a voté contre le plan, accepter l’arbitrage frontalier pourrait mener à une autre guerre. « La proposition est trop ambigüe pour nous, a-t-il dit, nous ne sommes pas certains du sens que donne le gouvernement au mot “concessions”. ».

Un député du même parti, le major Admassou Melkaw, a estimé que le Premier ministre avait avancé le plan de paix trop rapidement. « C’est une question nationale importante, a-t-il déclaré, les Éthiopiens doivent pouvoir exprimer leur opinion avant son adoption. ». De son côté, un parlementaire indépendant, Bedrou Adem, a affirmé que la guerre avait sacrifié une génération et que ce plan aurait dû être examiné de manière plus approfondie.

C’est au Tigray que le refus de céder Badmé est certainement le plus fort. A Zalambessa, une ville frontière de cette région qui a été entièrement détruite par l’armée érythréenne, une journaliste de l’agence Reuters a rencontré les habitants. L’un d’eux lui a déclaré qu’il ne peut accepter une telle cession : « Badmé a toujours fait partie de l’Éthiopie… Nous avons perdu trop de sang à Badmé pour le donner aussi facilement. » – RW

I
Sommaire
I
Liens
I
Recherche
I
Liste de diffusion
I
Boutique
I
Espace partenaires
I
S'abonner aux Nouvelles d'Addis
I
Qui nous sommes
I
Nous écrire
I

© Les nouvelles d'Addis (LNA) 1997-2005.http://www.lesnouvelles.org, version 3.4
Les nouvelles d'Addis, le seul journal d'informations générales exclusivement dédié à l'Éthiopie et à la corne de l'Afrique
Bimestriel. Publié en français. Politique, économie, culture, société, communauté
Reproduction de contenus interdite sauf autorisation écrite